Un hôpital ophtalmologique Ayurvédique en Inde

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"Aller se faire soigner les yeux en Inde, quelle drôle d'idée ?" Et pourtant, une fois atteintes les limites actuelles de notre médecine occidentale, ne fallait-il pas tenter d'explorer une autre piste, une autre manière d'appréhender la maladie ?

Jean Nerva

Atteint d'un très rare cas de lymphome intraoculaire, j’ai passé plus d’un an dans divers hôpitaux ophtalmologiques à suivre une pléthore de thérapies allopathiques plus ou moins efficaces. Je suis finalement sorti de ce long périple chaotique, j’ai guéri de cette maladie, mais, malheureusement, mes rétines restent sérieusement endommagées. Ne pouvant me résoudre au diagnostic d’irréversibilité de cette situation, j’ai décidé de tenter par deux fois l'expérience de partir suivre un traitement ayurvédique de trois semaines au Sreedhareeyam Ayurvedic Hospital de Kotthatukulam, dans le Kerala.

C’est quoi ?
Sreedhareeyam n’est pas un centre de traitement pour touristes en mal d’exotisme et de pseudo thérapies alternatives, mais bel et bien un vrai hôpital. Cet établissement, tenu de mains de maître par la famille Namboothiri, s’est spécialisé dans les traitements de 76 affections des yeux, dûment répertoriées.
De la très grave rétinite pigmentaire à la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), en passant par les glaucomes, cataractes, toutes les lésions dues aux attaques virales ou bactériennes de la rétine et bien sûr les lésions accidentelles ; à Shreedhareeyam, on fait tout pour tenter de vous redonner de la vision.

Comment ça se passe ?
Pour la médecine ayurvédique, les individus sont déterminés par leur Dosha dominant. Ceux-ci sont au nombre de trois, Kapha (la terre et l’eau), Vata (l’air et l’ether) et Pitta (le feu et l’eau). L’état de santé est atteint lorsque ces trois humeurs sont équilibrées. Ce facteur propre à chaque individu est primordial dans le choix exact de la thérapie à mettre en oeuvre.
> La plupart des protocoles thérapeutiques de base se déroulent sur deux à trois semaines, mais peuvent parfois être plus longs.
> À Sreedhareeyam, les journées commencent très tôt avec la première potion à 5 h 45, puis sont rythmées par trois ou quatre traitements quotidiens qui évoluent et sont modifiés selon vos réactions.
> Si les protocoles thérapeutiques sont bien sûr différents et déterminés en fonction de la pathologie ophtalmologique propre à chacun, on retrouve quelques-uns des grands traitements fondamentaux de la médecine ayurvédique.
Netradharam : dix minutes de lavement des yeux avec une huile médicinale délicatement récupérée dans une coupelle.
Pichu : on appose un petit cratère en pâte végétale sur le haut du crâne du patient dans lequel on verse une huile médicinale.
Sirovasthi : le patient est équipé d’une coiffe cylindrique digne d’un pharaon égyptien qui permet de verser sur le haut de son crâne et laisser agir 30 minutes, une relativement grosse quantité d’huile médicinale.
Shirodhara : traitement emblématique de l’Ayurveda, il consiste en 45 minutes de massage du crâne sous un flot ininterrompu d’huile (Ghee) coulant d’une coupe située au-dessus de la tête. Très agréable !
Tharpanam : ce traitement est sans nul doute le point d’orgue de chaque thérapie ophtalmologique. Une "sister" réalise de ses mains expertes une petite piscine dans une espèce de pâte à modeler autour de vos yeux. Elle y verse ensuite une huile médicinale chaude et le patient a la dure tâche d’ouvrir et fermer les yeux baignant dans ce liquide pendant 15 ou 30 minutes. À la fin de cette séance de milliers de clins d’oeil à un interlocuteur imaginaire, on pose délicatement sur les yeux fermés du patient des fleurs de Nambiarvattam bénies au temple que l’on recouvre ensuite d’un bandage pour protéger de la lumière pendant une ou trois heures.

Et alors, ça marche ?
Concernant l’efficacité de ces traitements, vous pourrez trouver sur Internet  différents blogs avec de nombreux témoignages dont certains sont assez édifiants au niveau des résultats obtenus. J’ai personnellement constaté une amélioration significative de ma vue après mon premier traitement, et j’ai rencontré sur place beaucoup de personnes qui ont aussi bénéficié d’une évolution positive de leur pathologie. L’une d’elles, atteinte de DMLA précoce, a vu sa vision considérablement s’améliorer après le premier traitement et deux personnes atteintes de rétinite pigmentaire ont pu constater un arrêt ou un ralentissement de leur perte progressive de vision.
De plus, à Sreedhareeyam, l’ensemble du corps médical joue toujours la carte de la transparence en vous informant en permanence sur la pertinence de leur action. Lorsqu’ils estiment ne plus rien pouvoir faire pour améliorer votre situation, ils n’hésitent pas à vous le dire.
Sreedhaeeyram, un autre regard sur les problèmes de vision, un lieu singulier qui mérite qu’on aille y jeter... un coup d’œil !

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