Trop de fer ou pas assez ?

Dosez votre ferritine pour en savoir plus !
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Contrairement à une idée reçue, le seul dosage du fer dans le sang n’est pas toujours suffisant à diagnostiquer un excès ou une carence chronique en fer. Le dosage de la ferritine, sa protéine de stockage, permet d’en savoir davantage sur l’état de nos réserves en fer.

U ne pâleur prononcée ? Un essoufflement permanent ? Une fatigue ? Le cœur qui bat un peu plus rapidement qu’à l’habitude ? Le diagnostic clinique d’une anémie, à savoir une baisse du taux d’hémoglobine, n’est pas très compliqué à faire pour le médecin, a fortiori lorsqu’il s’agit d’une femme sujette aux règles abondantes ou trop fréquentes. Mais s’agit-il d’une anémie par manque de fer ? Là aussi, une simple prise de sang avec le dosage du fer sanguin, ou fer sérique, suffit à en amener la preuve lorsque le fer est inférieur à 4 µmoles/litre de sang. Pour autant, s’agit-il d’un déficit en fer ponctuel qu’une simple modification alimentaire (consommation d’aliments riches en fer) suffit à rétablir, ou d’un effondrement durable des réserves en fer de l’organisme qui peut nécessiter une complémentation pendant plusieurs semaines ? C’est là qu’intervient le dosage de la ferritine, la protéine de stockage du fer dans l’organisme.

Fer sérique

En effet, le fer sérique résulte d’un équilibre entre l’apport alimentaire (1 à 2 mg chaque jour), la réserve de l’organisme (stock de fer) et la dégradation quotidienne des globules rouges, ou hémolyse, qui relâche du fer dans le sang. Rappelons que la durée de vie d’un globule rouge n’est que de 120 jours. Seul le dosage du fer sérique montre le taux de fer circulant dans le sang à un instant T, sans préjuger de l’état des stocks, ni même de l’existence d’une hémolyse plus importante qu’à l’habitude et qui peut venir « masquer » un stock ferrique pauvre. Précision importante, avant d’être capté par les organes de stockage ou par la moelle osseuse pour la fabrication des futurs globules rouges, le fer est transporté dans le sang grâce à une protéine-taxi, la transferrine, qu’il est possible de doser également.

Protéine de stockage

Outre le fer sérique et la transferrine, c’est la ferritine qui permet de mieux évaluer l’état du stock en fer. Il y a donc trois façons d’évaluer le fer et son devenir dans l’organisme : fer circulant (dosage du fer sérique), fer stocké (dosage de la ferritine) et capacités de transport (dosage de la transferrine). On retrouve de la ferritine essentiellement dans le foie (lieu principal de fabrication), mais aussi dans la moelle osseuse, le cœur, les reins et la rate. Il existe une relation directe entre le dosage de ferritine dans le sang, ou ferritinémie, et l’état du stock de fer dans l’organisme. Moins il y a de ferritine, moins il y a de stock de fer et vice-versa.

La ferritinémie normale est comprise entre :

60 à 300 µmoles/l chez l’homme
30 à 150 µmoles/l chez la femme.

Augmentation

On parle d’hyperferritinémie au-delà de 400 µmoles/l.

Elle est constatée dans plusieurs situations :

• En cas d’inflammation, où l’hyperferritinémie ne correspond pas à un excès de stockage mais à l’augmentation de la ferritine sous l’effet du processus inflammatoire.
• En présence d’un cancer (foie, poumon, rein, pancréas…).
• Et surtout en cas d’hémochromatose, qui correspond à une surcharge en fer si importante qu’elle nécessite des saignées. Le dosage de la ferritine permet d’ailleurs de suivre l’évolution de l’hémochromatose et l’efficacité des saignées.

Diminution

L’hypoferritinémie, autrement dit une ferritine inférieure à 15 µmoles/l, correspond à un effondrement de la réserve ferrique.

On la constate en cas :

• De grossesse
• D’apports alimentaires en fer insuffisants
• De pertes gynécologiques abondantes (règles, port de stérilet, fibrome…)
• D’une pratique sportive intensive
• De dons du sang répétés
• De maladies sanguines (paludisme, hémoglobine défectueuse…).

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