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Le syndrome de Parsonage-Turner

jeu, 01/12/2016 - 12:33 -- Dr. Daniel Gloaguen
Ou quand l’épaule souffre sans raison évidente
Rubrique : 

Tendinite, périarthrite d’épaule, nécrose ou tumeur du col de l’humérus, voire fracture ou luxation après une chute… Les raisons de souffrir d’une épaule ou de perdre sa musculature ne manquent pas au quotidien. Mais quand rien ne semble expliquer les douleurs et la fonte des muscles, pourquoi ne pas envisager l’existence d’un syndrome de Parsonage-Turner ?

Le syndrome de Parsonage-Turner (SPT) est rarement évoqué de prime abord devant une douleur de l’épaule associée à une paralysie. Pour qu’il le soit, encore faut-il connaître ce syndrome rare méconnu par la plupart des praticiens.

RARE ? PAS SI SÛR
Le SPT est peut-être plus fréquent qu’on ne le croit, car confondu avec d’autres pathologies aux symptômes similaires. Pour autant, la fréquence exacte de cette pathologie n’est pas vraiment connue, avec moins d’un millier de cas mondiaux publiés depuis sa description. Quoi qu’il en soit, cette pathologie neurologique, décrite en 1948 puis en 1957 par les deux neurologues britanniques (étude sur des soldats britanniques) qui lui ont donné son nom, mérite d’être connue et prise en charge précocement afin de laisser toutes ses chances à l’articulation.

DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL
Certaines pathologies peuvent être confondues à tort avec un SPT. Les examens complémentaires permettent alors d’y voir plus clair :
> Névralgie cervico-brachiale d’origine discale
> Tumeur osseuse
> Tendinite de l’épaule
> Lésion du plexus brachial (extension brutale du bras, traumatisme de l’épaule ou du cou…)
> Hérédopathies tomaculaires du plexus brachial (épaississement localisé des gaines de myéline des nerfs).

L’HOMME SURTOUT
Pour une raison encore indéterminée, le SPT touche surtout les hommes (trois hommes pour une femme) entre 20 et 40 ans et concerne l’une ou plus rarement les deux épaules, simultanément ou successivement. L’atteinte siège le plus souvent à droite, même chez les gauchers. Les récidives sont exceptionnelles.

FACTEUR DÉCLENCHANT
Dans la majorité des cas, le SPT est précédé, deux ou trois semaines auparavant, par un phénomène déclenchant. La plupart des spécialistes estiment que le mécanisme est allergique ou immuno-allergique. Enfin, on décrit des formes familiales survenant chez l’adulte jeune (20 à 30 ans). Une prédisposition génétique est donc également possible.

DES DOULEURS…
Le SPT se manifeste d’abord par des douleurs inexpliquées semblables à un broiement ou à une brûlure. Soudaines et intenses, elles affectent l’épaule, le bras, l’avant-bras et irradient parfois dans le cou. La mobilisation de l’articulation et les efforts de toux les accentuent.
Les douleurs cèdent en une quinzaine de jours. Secondairement vont apparaître une paralysie (difficulté à bouger l’épaule ou le bras) puis une amyotrophie sévère, autrement dit une fonte musculaire des muscles de l’épaule et parfois du bras, qui s’accompagne de troubles de la sensibilité superficielle.

MUSCLES CONCERNÉS
> Sus-épineux
> Sous-épineux
> Grand dentelé
> Deltoïde
> Biceps
> Trapèze
> Triceps.

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