L'urographie intra-veineuse pour visualiser l'arbre urinaire

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Un calcul responsable d’une colique néphrétique persistante ? Une infection urinaire récidivante ? Du sang dans les urines ? Ces situations amènent parfois le médecin à prescrire une urographie intra-veineuse.

L‘urographie intra-veineuse, ou UIV, est un examen radiographique qui consiste à injecter un produit de contraste iodé par voie intra-veineuse, autrement dit dans une veine, le plus souvent au pli du coude. L’opacification ainsi obtenue est facilement visible lors d’une simple radiographie des reins et des voies excrétrices. En effet, le produit de contraste iodé va être filtré par les reins puis éliminé dans les urines. Comme ce produit absorbe fortement les rayons X, il « blanchit » – c’est l’opacification – les cavités rénales qu’il rencontre (calice, bassinet) ainsi que les uretères, ces fins canaux issus des reins et connectés à la vessie pour y déverser l’urine. De ce fait, la vessie est également visualisée. D’où l’avantage de pouvoir identifier des anomalies (malformations rénales ou des voies excrétrices), la présence d’un calcul rénal qui distend les voies urinaires situées au-dessus du niveau de blocage ou encore des anomalies de sécrétion des urines.

L’installation

L’UIV est effectuée par un radiologue dans un cabinet de radiologie, en ville ou à l’hôpital. L’hospitalisation n’est pas nécessaire. Bien souvent, le radiologue préfère que la personne soit à jeun (pas de boisson non plus) de façon stricte depuis au moins 8 à 12 heures. Dans le même esprit, il est déconseillé de consommer des aliments fermentés, des féculents ou de l’alcool la veille de l’examen. L’examen se déroule allongé sur une table d’examen dans la salle de radiologie. Un fin cathéter (petit tube en plastique souple) est placé dans une veine du pli du coude. Le produit de contraste iodé est injecté lentement dans la veine. Une sensation de chaleur, une sensation bizarre dans la bouche voire des nausées sont possibles (d’où l’intérêt d’être à jeun). Le radiologue laisse le cathéter en place pendant tout le temps de l’examen afin de pratiquer de nouvelles injections si nécessaire.

Plusieurs clichés

L’UIV, qui est indolore, dure environ une heure et demie, le temps de pratiquer plusieurs clichés radiographiques à intervalles réguliers (plusieurs séries lors du remplissage rénal, ainsi que lors de la miction pour l’examen de l’urètre et enfin lorsque la vessie est vide) afin de suivre la progression et l’élimination du produit de contraste à travers les cavités urinaires. Il est toutefois possible de quitter la table d’examen entre deux séries de clichés (le cathéter toujours en place). À la fin de l’UIV, on retire le cathéter et le patient peut reprendre toutes ses activités habituelles. Sauf exception (maladie cardiaque ou rénale particulière), il est recommandé de beaucoup boire après l’examen afin d’éliminer le reste du produit de contraste.

Résultats

Les résultats sont connus généralement le jour même ou le lendemain. Attention, dans certaines situations, des clichés différés pratiqués 24 heures, voire 48 heures après l’injection, peuvent être nécessaires. Le radiologue vous préviendra. Rappelons que l’UIV est remboursée intégralement par la Sécurité Sociale et les mutuelles.

Contre-indications

Seule contre-indication formelle, l’allergie grave et connue à l’iode. On déconseille également l’UIV chez la femme enceinte lors du premier mois de grossesse (risque pour l’embryon). En cas d’insuffisance rénale chronique, le patient devra boire beaucoup avant et après l’examen pour être bien hydraté. Dans certains cas, l’UIV peut s’accompagner d’une petite réaction allergique ou plus exactement d’une intolérance comportant des nausées, des vomissements et une petite baisse de la tension artérielle. Ces effets sont transitoires et généralement bénins. Lorsque l’UIV est indispensable, un traitement antiallergique dans les jours précédant l’examen et une surveillance dans les jours qui suivent peuvent être nécessaires en cas de prédisposition allergique (existence d’un asthme, d’un eczéma…). En dehors de l’allergie, l’UIV n’a pas d’effet secondaire.

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