Écoutez vos genoux quand ils vous parlent !

L’examen du genou ne se limite pas à plier ou à tendre la jambe
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Pour bien examiner un genou, il faut le regarder, le palper, l’écouter et le manipuler. À lui seul, l’examen clinique permet bien souvent de poser un diagnostic.

Le genou est une articulation complexe. Savamment haubané, il comporte des ménisques, des ligaments situés dans la profondeur de l’articulation (les fameux ligaments croisés antérieur et postérieur, si souvent blessés chez les footballeurs), des ligaments latéraux externe et interne tendus verticalement de chaque côté du genou, un muscle extenseur ou quadriceps (gros muscle antérieur de la cuisse), des muscles rotateur interne (patte d’oie) et rotateur externe (biceps fémoral).

Qui fait quoi ?

Les ligaments latéraux interne et externe stabilisent les genoux sur les côtés, évitant à la jambe de basculer à l’intérieur ou à l’extérieur pour donner alors de face un aspect de jambes en X ou en <>. En d’autres termes, les ligaments latéraux sont aux genoux ce que sont les renforts métalliques articulés latéraux à la genouillère renforcée. L’entorse de genou banale étire le ligament interne lorsque la jambe « tourne » vers l’extérieur, ou étire le ligament externe lorsque la jambe « tourne » vers l’intérieur.

Les ligaments croisés antérieurs et postérieurs jouent un rôle de pivot et évitent que la jambe pivote sous le fémur en rotation vers l’intérieur ou vers l’extérieur, ou qu’elle se tende trop vers l’avant ou l’arrière.

⇒​​​​​​​ Les ménisques interne et externe jouent le rôle de patin intra-articulaire destiné à protéger les surfaces cartilagineuses du tibia et du fémur et à permettre un meilleur glissement.

Un bon interrogatoire avant toute chose

Si l’examen clinique permet d’examiner chacun des composants du genou, d’orienter vers un diagnostic et de prescrire les examens complémentaires adéquats, l’interrogatoire à la recherche des circonstances de survenue de la douleur est essentiel.

À titre d’exemple :

⇒ Une entorse du genou (le genou a « tourné ») survenant en courant ou en descendant les escaliers oriente plutôt vers une lésion de l’un des deux ligaments latéraux.

⇒ Un traumatisme en football, à la suite d’un tacle appuyé, fait plutôt craindre une lésion des ligaments croisés.

⇒ Une douleur sourde survenant progressivement sur la face interne ou externe du genou, dans un contexte d’activité sportive ou non, doit orienter vers un problème méniscal.

⇒ Une chute violente sur le genou peut correspondre à une fracture de la rotule, une lésion cartilagineuse ou une fracture du plateau tibial.

⇒ Un shoot violent « dans le vide » peut rompre un ligament croisé.

Douleurs intenses

Il est souvent difficile d’examiner un genou dans les heures qui suivent un traumatisme violent du fait des douleurs intenses ou de l’œdème. Il est donc fréquent que l’examen du genou soit remis à plus tard. Du repos (cannes anglaises pour marcher et interdiction de poser le pied à terre), une attelle, des glaçons et des antalgiques permettent de mettre le genou au repos et d’attendre des jours meilleurs. En général, 2 à 3 jours sont suffisants.

Genou gonflé ?

Un genou gonflé peut correspondre à un traumatisme direct (chute sur le genou, choc) ou indirect (entorse) ou à une maladie rhumatismale. En cas de traumatisme, il traduit l’existence d’un saignement dans l’articulation (lésion méniscale, rupture d’un ligament croisé, lésion cartilagineuse…). Lorsque le gonflement s’observe dans le cadre d’une douleur rhumatismale, il correspond plutôt à un épanchement clair, non sanguin donc. Pour rechercher un épanchement très discret, le médecin peut être amené à poser ses mains en couronne autour de la rotule afin de collecter l’épanchement liquidien sous la rotule. En tapotant sur la rotule, celle-ci paraît « élastique », signant la présence d’un liquide sous la rotule et donc un épanchement.

Recherchez un point douloureux sur les côtés…

En cas de traumatisme ou de douleur chronique, il faut toujours palper le genou à la recherche d’un point douloureux signant l’atteinte de l’élément palpé. Ainsi, une bande douloureuse verticale sur la face interne du genou (on parle de « compartiment ») peut correspondre à une lésion du ligament latéral interne et de même pour le ligament latéral externe en cas de douleur sur le compartiment externe. Du fait de leur situation profonde, les ligaments croisés ne sont pas palpables.

… ou sur la rotule

Reste la rotule, dont la douleur peut correspondre à une fracture en cas de chute sur le genou. Le praticien peut aussi la faire rouler sur les côtés. Une douleur peut signaler l’existence d’une lésion du cartilage situé à la face interne de la rotule et qui fait face au fémur.

Des craquements ?

Votre genou reste « coincé » ou « craque » lorsque vous le mobilisez ? C’est peut-être une lésion du ménisque. A fortiori si la palpation appuyée à l’aide d’un doigt retrouve un point douloureux très net dans « l’interligne articulaire », cette zone séparant le fémur du tibia sur le versant interne du genou (ménisque interne lésé) ou séparant le fémur du péroné sur le versant externe (ménisque externe lésé).

Genou instable

Mettre en évidence une instabilité est très difficile à faire soi-même, au contraire des précédents examens. Un genou instable signe une atteinte ligamentaire, qu’il s’agisse des ligaments latéraux ou croisés. C’est un temps d’examen très important, car il va permettre d’identifier avec précision le ligament responsable. De nombreuses techniques d’examen sont possibles. Elles consistent toutes à manipuler le genou en force pour mettre en évidence un bâillement sur les côtés (lésion des ligaments latéraux) ou un mouvement de « tiroir » vers l’avant ou l’arrière (lésion des ligaments croisés).

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