Connaissez-vous votre VGM ?

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Suspicion d’une carence en vitamines B, d’une consommation excessive d’alcool ou encore d’une anémie par manque de fer… l’étude du volume globulaire moyen s’avère incontournable pour l’orientation diagnostique dans de nombreuses situations.

Le chiffre du volume globulaire moyen, ou VGM, on le trouve tout simplement dans l’analyse de sang traditionnelle, que l’on appelle également « Numération Formule Sanguine » (NFS) ou « hémogramme ». Et plus exactement dans la catégorie « lignée érythrocytaire », généralement en 4e position, juste après l’hématocrite. Il n’est pas utile d’être à jeun pour l’analyse du VGM.

Volume de chaque globule rouge

En pratique, le VGM correspond au volume moyen des globules rouges, c’est-à-dire à leur taille. Schématiquement, le VGM normal (« normocytaire ») se situe entre 85 et 95 μm3 ou 85 et 95 femtolitres (fl). Mais rassurez-vous, le technicien de laboratoire ne mesure pas le volume des globules rouges un par un, mais confie ce fastidieux travail à un automate. Le calcul peut se faire également en multipliant l’hématocrite par 10 et en divisant le tout par le nombre de globules rouges par millimètre cube (mm3). Attention, les laboratoires peuvent avoir des normes différentes selon le matériel utilisé, allant de 80 à 97, chez l’homme ou la femme adulte. Tout dépend également de l’âge. À titre d’information, le VGM est de 110 à 128 à la naissance, pour atteindre 98 à 112 à un mois et 74 à 88 entre 3 et 6 ans. Vous l’aurez compris, il est recommandé d’effectuer l’analyse de sang dans le même laboratoire pour interpréter à sa juste valeur une modification du VGM entre deux prises de sang.

Trop bas…

Un VGM abaissé correspond le plus souvent à une anémie dite « microcytaire », du fait de la petitesse observée des globules rouges. Rappelons que l’anémie correspond non pas à une baisse du nombre des globules rouges mais à une baisse du taux d’hémoglobine, le pigment rouge qui apporte l’oxygène à l’organisme. Lorsque le VGM est bas, le médecin va s’orienter vers un déficit en fer lié à un appauvrissement des apports alimentaires (on parle de carence martiale). Il s’agit alors d’une anémie microcytaire dite « hyposidérémique ». Une anémie microcytaire peut correspondre également à une inflammation (dans ce cas-là, la vitesse de sédimentation, ou VS, est élevée), à une intoxication par le monoxyde de carbone (CO) ou par le plomb (saturnisme) et à la thalassémie, une pathologie héréditaire caractérisée par un défaut de synthèse de l’hémoglobine normale.

… ou trop élevé

Un VGM élevé est riche en informations. On parle de « macrocytose ». Paradoxalement, un VGM peut accompagner également une anémie, dite « macrocytaire », du fait de la taille importante des globules rouges. Plusieurs circonstances peuvent concourir à cette anémie macrocytaire, comme le déficit en vitamines B12 ou B9 (acide folique), une perte de sang importante (les globules rouges sortent immatures de la moelle osseuse pour combler le déficit), une hypothyroïdie, une insuffisance pancréatique ou encore une consommation excessive d’alcool. C’est d’ailleurs sur la constatation d’un VGM élevé associé à un taux élevé de gamma GT qu’un alcoolisme chronique peut être évoqué. Dans ce dernier cas, le VGM met du temps à redescendre après le sevrage en alcool. Enfin, signalons l’habituelle augmentation du VGM après un séjour prolongé en altitude par l’effet de privation en oxygène, après l’ablation de l’estomac (la vitamine B12 ne peut plus être absorbée), dans certaines parasitoses et lors de traitements médicamenteux (anticonvulsivants dans l’épilepsie, anticancéreux…).

Dans tous les cas de figure, le VGM ne suffit pas à poser un diagnostic avec certitude. En revanche, associé à d’autres perturbations du bilan sanguin, il concourt fortement à l’orientation diagnostique.

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