Neuf raisons d'annoncer la fin des antidépresseurs

Dans la vie, il y a des hauts et des bas – tout comme à la météo.  Les bas de la météo s’appellent dépressions.  Chez nous, avant, on parlait de « broyer du noir » ou « d’avoir le cafard ».  Mais, depuis Prozac, on présente la dépression comme une maladie. Et souvent, quand un examen médical ne donne rien, le diagnostic de « dépression » bouche le trou –  et augmente encore celui de la Sécurité Sociale.  La France est le pays qui a la plus forte consommation de psychotropes. Irving Kirsch lance un pavé dans la mare avec un livre grand public qui est en train de changer les paradigmes de la profession dans le monde anglophone. Mosaïque-Santé vient de le remettre à la disposition du public français.*

1. Beaucoup de médicaments sont efficaces contre la dépression – somnifères, anxiolytiques, calmants. Le premier antidépresseur fut – sérieux ! – le carburant des fusées allemandes de la deuxième guerre. Et ça marchait ! Tous les antidépresseurs obtiennent, à peu de choses près, le même pourcentage de réussite contre la dépression, PARCE QUE CE N’EST PAS LEUR MOLÉCULE CHIMIQUE QUI AGIT,  MAIS PRINCIPALEMENT L’EFFET PLACEBO qui est le même pour tous : 82 %. C’est Irving Kirsch qui nous le prouve.

2. Placebo en latin veut dire « je plairai », comme nocebo veut dire « je nuirai ». C’est donc l’attitude de la personne envers elle-même qui déclenche des effets. Le peu d’apport de la molécule chimique, un simple remède traditionnel peut l’obtenir aussi, par exemple le millepertuis – qui a déjà déclassé les antidépresseurs en Allemagne.
À quand la fin du tout chimique en France ?

3. On nous raconte que la dépression est due à un déséquilibre biochimique qui se corrige par Prozac et compagnie. Autant prétendre que le mal de dents est dû à un déséquilibre biochimique qui se rétablit par l’aspirine.

4. LA DÉPRESSION EST LARGEMENT PROVOQUÉE PAR UN EFFET NOCEBO dû à une situation désespérante. C’est la raison pour laquelle l’effet placebo y est si puissant.
ET LES EFFETS SECONDAIRES DES ANTIDÉPRESSEURS AUGMENTENT ENCORE CET EFFET PLACEBO. Pendant cinquante ans, on s’est laissé enivrer par le marketing des pilules du bonheur. Il est temps d’en sortir : des solutions alternatives existent.

5. Quand on compare l’effet des antidépresseurs à celui d’une psychothérapie bien menée, les deux ont le même résultat au bout de trois mois. Quand on arrête les traitements, les patients « Prozac » replongent dans la dépression, pas les autres.

6. De bonnes relations sociales sont une psychothérapie sans thérapeute. J’ai demandé à un pharmacien du sud tunisien si les gens lui achetaient du Prozac. IL NE LE CONNAISSAIT PAS : dans une société avec un tissu social intact, il n’y a pas de dépression. Les gens y règlent leurs conflits au lieu de prendre des cachets pour les cacher.

7. Quand on compare l’effet des antidépresseurs à celui d’une activité physique, les deux ont le même résultat au bout de trois mois. Quand on arrête les traitements, les patients « Prozac » replongent dans la dépression, pas les autres.
À cet égard, lors d’une séance chez le psychiatre, on devrait remplacer le divan classique – où l’on fait mijoter ses misères – par un vélo d’appartement : au bout de 30 minutes de pédalage, le cerveau est nourri par le glucose des corps cétoniques, le niveau de sérotonine augmente et les endorphines arrivent : la consultation sera un succès, même sans psychiatre ou Prozac …**

8. Comparons encore les effets secondaires des antidépresseurs à ceux du sport : dysfonctionnement sexuel  pour Prozac, augmentation de la libido pour le sport.
Avouez que le choix n’est pas très difficile : faites du sport et laissez donc le Prozac aux pharmaciens. Ils risquent d’en avoir besoin…

9. Si vous voulez aider un proche, ne le découragez surtout pas de prendre ses produits : ILS FONCTIONNENT TANT QU’IL Y CROIT. Mais trouvez un prétexte judicieux pour le diriger vers une psychothérapie ou une activité physique ludique et conviviale.
Proposez-lui un livre encourageant***. Coachez-le pendant trois mois. IL FAUT QUE CE SOIT LUI qui décide d’arrêter les antidépresseurs. Et soyez rassuré : avec votre aide, il le fera très rapidement !
La dépression, il faut la prendre au sérieux. Pas comme maladie, mais comme problème humain.  Réglez-le de façon humaine.

* Dépression : le mensonge des antidépresseurs... et les vraies pistes de guérison, Irving Kirsch,  Mosaïque-Santé 2013. Professeur de Psychologie des universités du Connecticut (États-Unis) et Hull (Angleterre), Directeur du groupe de recherche sur l’effet placebo de la Harvard Medical School,  Irving Kirsch constate que la différence entre les antidépresseurs et un produit placebo est « cliniquement insignifiant » - mis à part des cas extrêmement rares de dépression très sévère. Ce livre est une bombe. Or, la première édition française de 2010 fut un pétard mouillé : Music and Entertainment Books l’a caché entre Michael Jackson et Desperate Housewives, pour finalement le faire disparaître avec la faillite générale de cette maison d’éditions. Si on voulait préserver le juteux marché français des antidépresseurs, on ne s’y serait pas pris autrement.

** Guérir le stress, l’anxiété et la dépression sans médicaments ni psychanalyse, David Servan-Schreiber, Éditions Robert Laffont, Paris 2003. Healing without Freud or Prozac, 2011, Rodale. Disponible aussi sur kindle.

*** Marre de la vie ? Lucia Canovi, Les Phares éditions 2013. Disponible aussi sur kindle.
Kirsch parle de la « thérapie par le livre ». Prenez celui-ci, en commençant par le chapitre « La dépression n’est pas une maladie ».

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