Et tout commença en 1922…

Dossier spécial
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En 1922, Elmer McCollum observe que l’huile de foie de morue conserve ses vertus antirachitiques même après totale destruction de la vitamine A. Il en déduit qu’il existe donc un deuxième facteur liposoluble qu’il baptise « vitamine D ».

Cela fait donc près d’un siècle que l’on a découvert l’existence de la vitamine D. Après une période aussi longue, on s’attendrait à ce que l’on sache déjà tout à propos de cette vitamine. Or, c’est encore loin d’être le cas. Pour preuve, la progression exponentielle du nombre de publications scientifiques consacrées à la vitamine D.

Au début, pourtant, tout semblait limpide : grâce à la vitamine D, les enfants pouvaient enfin être protégés du rachitisme. Estampillée « vitamine du squelette », la vitamine D méritait bien son petit nom scientifique : calciférol, « qui porte le calcium », en référence à son rôle déterminant dans le métabolisme phosphocalcique.

Les décennies passèrent et, au début des années 60, sur la base des connaissances scientifiques de l’époque, attribuant à la vitamine D une action limitée à la seule sphère osseuse, un comité d’experts considéra, de manière arbitraire, que les adultes, dont la croissance est terminée, n’avaient finalement besoin que de la moitié des apports conseillés aux bébés. Les autorités sanitaires intégrèrent cette donnée au moment d’évaluer les Apports Journaliers Recommandés (AJR).

Encore aujourd’hui, les autorités sanitaires françaises perpétuent cette approche des choses – que l’on sait maintenant infondée –, avec des AJR d’un autre temps. Certes, le nourrisson s’en tire bien, avec des AJR de 800 à 1000 UI entre 0 et 12 mois. Par contre, l’adulte peut se contenter de 200 UI par jour, soit non pas 2, mais 4 à 5 fois moins que le nourrisson – alors qu’un adulte pèse en moyenne 8 à 9 fois plus qu’un nourrisson de 6 mois ! Et entre le stade de nourrisson et d’adulte, me direz-vous ? Eh bien, les AJR tombent à 400 UI entre 1 et 3 ans et, de manière incompréhensible, à 200 UI à partir de 4 ans, alors qu’à cet âge, l’enfant est encore très très loin d’en avoir terminé avec sa croissance. Bref, ces AJR sont à la fois dépassés et incohérents.

Cela est d’autant plus désolant que le regard que l’on portait sur la vitamine D a complètement changé dès la fin des années 60 – oui, des années 60 ! – grâce aux avancées de la biologie moléculaire. Deux découvertes de taille furent faites à cette époque :
La vitamine D subit dans l’organisme une série de transformations qui, au final, font d’elle une puissante hormone stéroïde.
Il existe des récepteurs à la vitamine D un peu partout dans l’organisme, signe indubitable que cette vitamine-hormone exerce de nombreux effets extra-osseux.

LA VITAMINE D : VITAMINE OU HORMONE ?

Si la vitamine D est assurément la vitamine du squelette, on sait aujourd’hui qu’elle est bien plus qu’un nutriment assurant la conservation d’une bonne santé osseuse. En réalité, une fois transformée et activée dans l’organisme, la vitamine D devient une hormone dont la présence est indispensable pour réguler un grand nombre de fonctions physiologiques. Sous sa forme active, la vitamine D porte le nom de calcitriol. Celle que nous obtenons par le biais de la consommation de poissons gras ou à travers la prise de compléments alimentaires de vitamine D issue du foie de poissons ou de lanoline de laine de mouton, n’est pas du calcitriol mais du cholecalciférol. Pour aboutir au calcitriol, il faut d’abord que le cholecalciférol soit transformé en calcidiol au niveau hépatique, puis que ce calcidiol soit transformé à son tour en calcitriol au niveau rénal ou cellulaire.

L’idée à retenir, au-delà de ces dénominations scientifiques, c’est que le processus de conversion de la vitamine D en hormone se déroule à l’intérieur de l’organisme, au gré des besoins de ce dernier. Il serait donc tout à fait inexact de parler d’hormone à propos de la vitamine D d’origine alimentaire ou complémentaire. Que cela rassure donc tous ceux qui se montrent suspicieux dès qu’ils entendent le mot « hormone » !

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