Neuf raisons de bouder la bagnole

Lors de ma première visite chez les cousins de l’Est après la chute du mur de Berlin, j’ai été frappé par la convivialité, pour moi totalement inhabituelle, qui régnait dans les transports en commun.

Tout le monde connaissait tout le monde, et les discussions, à travers le wagon, produisaient un niveau sonore impressionnant. Un peu plus tard, un neveu de l’Est, en stage de mise à niveau dans une entreprise de l’Ouest, faisait l’observation contraire : les ouvriers arrivaient le matin en voiture à l’entreprise pour chercher le matériel avant de partir vers les chantiers – et personne ne disait « Bonjour » à personne –, ce qui était tout simplement impensable pour lui.

Aujourd’hui, tout est rentré dans l’ordre. Celui où la voiture est reine.
La voiture est le symbole du statut social, du progrès, de la modernité, de nos capacités technologiques et industrielles. La production mondiale est passée de 10 millions en 1950 à 140 millions en 2010 alors que la population n’a même pas triplé dans le même temps. Il est peut-être utile de jeter un regard critique sur cette évolution fulgurante... et sur quelques-uns de ses effets secondaires calamiteux. Vous aurez tout votre temps pour y réfléchir la prochaine fois que vous serez bloqué(e) dans un bouchon aux heures de pointe...

1. Nous travaillons toute l’année pour assurer notre beau niveau de vie.

Or, selon l’Automobile Club, la voiture nous coûte entre 5 000 et 9 000 euros chaque année… Combien de mois de salaires ? Sans doute 3 environ…

2. On a équipé 1 000 voitures d’un compteur de contacts pendant une année.

En moyenne, on sait donc qu’elles roulent pendant 500 heures pour parcourir 12 500 km, soit 25 km/h. Si on y ajoute les trois mois de travail, soit environ 500 heures, dont le revenu est consacré à payer les frais de voiture, LA VITESSE MOYENNE D’UNE VOITURE TOMBE À 12,5 KM À L’HEURE. Autant rouler en vélo !

3. Justement, le vélo.

À Munich – où les Verts font partie de la gestion municipale depuis belle lurette –, les piétons flânent le long des vitrines du centre ville comme partout dans le monde. Juste à coté, une piste cyclable est séparée du trafic des voitures par une haie, haute et épaisse. Bruit et pollution sont donc réservés aux seuls automobilistes.
Chez nous, il y a bien les Vélibs – gérés par un oligarque de la pub –, mais on est loin des pratiques cyclistes allemandes (ou mieux, hollandaises !). Le pays du Tour de France n’aime-t-il pas la bicyclette… ?

4. Chaque jour, on gagne peut-être 30 minutes pour aller au travail en voiture, et 30 minutes au retour.

Si on y fait 60 km, toujours selon l’Automobile Club, pour une 308 diesel, ce trajet nous coûte 30 € = 2 heures de travail. Il y a donc de fortes chances que la voiture nous fasse perdre du temps, jour après jour.

5. La sédentarité totale et permanente d’aujourd’hui est la première cause des maladies de civilisation – auxquelles on attribue 80 % de la mortalité actuelle.

Elle n’est possible que par l’utilisation totale et permanente de la voiture. Avant la chute du mur de Berlin, il y avait trois fois plus de maladies cardio-vasculaires en Allemagne fédérale qu’en Allemagne de l’Est. Mais c’est certainement aussi rentré dans l’ordre, maintenant…

6. La voiture est également un facteur aggravant du réchauffement climatique.

Et la pollution atmosphérique tue, chaque année, un demi-million de personnes pour la seule Europe. En plus, la surface occupée par les routes enlève autant de végétation verte – qui serait le meilleur moyen de nettoyer l’air pollué.

7. Les accidents de la route tuent plus de 3000 personnes par an en France et font environ 70 000 blessés graves.

Sacrifiés sur l’autel du veau d’or des temps modernes : la voiture.

8. Pour baisser le risque d’accidents en ville, on a installé des dos d’ânes un peu partout.

La conduite dans ces conditions est donc une dispute permanente entre l’accélérateur de la voiture et les ralentisseurs de la route. Drôle de progrès…

9. Si l’humanité entière était équipée en voitures comme nous, la planète exploserait.

La motorisation des « pays émergents » est un objectif prioritaire de l’industrie de l’automobile. Encore une voie sans issue. Et on y fonce, pied au plancher. APRÈS NOUS, LE DÉLUGE.

Les alternatives ? La marche à pied, le vélo, le scooter électrique, les transports en commun, le « taxi brousse », le covoiturage, se déplacer le moins possible...
Penser globalement, agir, vivre et manger localement – comme toutes ces populations qui nous prouvent (encore) qu’il est possible de vivre sans voiture.  Et elles sont beaucoup plus nombreuses que nous.

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