Un tancarville pour mon petit linge

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Parce qu’une fois n’est pas coutume et que j’aime bien quand y’a pas que moi qui bosse, j’ai assisté à un atelier pour apprendre à fabriquer un étendoir à linge. Donc, pour cette jolie rentrée du soleil, je vous propose un petit “atelier bois” rien que pour vous !

Oui, parce que dans mon coin, je ne suis pas la seule à proposer des “ateliers de l’autonomie” intéressants et que, plus ça va aller, plus ce genre d’ateliers va se multiplier.

Pour celui-ci, c’est Christophe Médard, transformateur d’arbres et créateur d’Idées de Bois qui s’y colle. Astucieux, imaginatif et ingénieux, Christophe vous transforme les arbres en 2 temps 3 mouvements ! Évidemment, il est charpentier de formation, fustier confirmé (fuste : maison de bois en rondins de bois brut) et menuisier par envie, alors ça aide un peu à avoir du talent !

Cet amoureux du bois, à l’écoute de vos idées les plus insolites, vous fera découvrir son art avec bonheur !

Vocabulaire du pro

Comme ça ce sera fait et on saura de quoi on cause !

L’aubier ou aubour, est la partie de l’arbre juste sous l’écorce, généralement tendre et blanchâtre. C’est la partie correspondant aux zones d’accroissement les plus récemment formées.

Le duramen (du latin durare, durer) est la partie interne du bois, correspondant aux zones d’accroissement les plus anciennement formées, qui ne comportent plus de cellules vivantes. Appelé également « bois de cœur » ou « bois parfait », il s’agit d’un bois dur, compact, dense, sec et imputrescible souvent plus sombre que l’aubier.

Le tenon est la partie mâle d’une pièce de construction destinée à être enfoncée dans la partie femelle d’une autre pièce et qui tient les deux par emboîtement.

Une mortaise est un trou pratiqué ou aménagé dans une partie d’un assemblage pour recevoir un élément saillant d’une autre pièce de cet assemblage, le tenon.

La plane (ou couteau à deux manches) est un outil pour le travail du bois qui est utilisé depuis les Gaulois. Elle est composée d’une lame semblable à celle d’un couteau, munie de deux poignées, à chaque extrémité de la lame. Elle permet le dégrossissage et le creusage de formes courbes, galbées et même droites. On s’en sert essentiellement pour enlever l’écorce d’un morceau de bois que l’on veut travailler. On manie la plane en la tirant vers soi.

La mèche plate est une mèche à bois plate qui perce et creuse un trou de gros diamètre.

Matériel

- une scie
- un mètre
- une plane
- une mèche à bois plate de 25 mm de diamètre
- une visseuse/perçeuse
- un foret de diamètre 6 mm
- un maillet
- papier de verre grain 80
- un étau, si possible (c’est drôlement pratique ces p’tites choses !)
- des biscotos
- et une corde à linge de 20 m.
La plane, vous la trouverez en brocante et vide-grenier à 3 francs 6 sous… La mèche plate, vous la trouverez en magasin de bricolage, comptez autour de 5 €, elle pourra vous servir pour de prochaines réalisations en bois !

Choix des bois

Châtaignier, noisetier, robinier (acacia)… du bois qui peut rester dehors sans craindre l’humidité.
On choisira des branches de bois mort, séché sur place en forêt. Pour reconnaître le bois opérationnel, on prendra celui qui a grisé un peu, dont l’écorce est tombée et dont l’aubier commence à être mangé par les insectes.
On va choisir son bois selon le diamètre souhaité, la longueur et la rectitude des branches.

Réalisation

Pour un tancarville d’1 m 20 de long, de 70 cm de large et de 70-80 cm de hauteur.

Cadre

Il faut trouver :
- 2 branches d’1 m 20 de long, diamètre 35-40 mm (A)
- 2 branches de 80 cm de long, diamètre 50 mm (B)


⇒ Prendre les 2 branches A et enlever toute l’écorce avec la plane.


⇒ Toujours avec la plane, faire un tenon à chaque extrémité de manière régulière tout autour, pour obtenir un diamètre de 25 mm.
Conseil : laisser un peu plus d’épaisseur afin de pouvoir retailler à la dimension exacte de la mortaise. Mieux vaut avoir à retailler que de devoir recommencer parce que le tenon est trop lâche dans la mortaise.
⇒ Faire la même chose à chaque branche A.

⇒ Prendre les 2 branches B et, avec la mèche plate de 25 mm, pratiquer un trou (une mortaise) à environ 10 cm de chaque extrémité.
Pour faire les 2 mortaises à peu près dans le même axe, bloquer la section de bois dans un étau et percer les 2 mortaises l’une après l’autre, ce n’est pas grave si l’axe des 2 mortaises est dévié de quelques millimètres. Le fait qu’elles ne soient pas exactement pile poil dans le même axe va nous permettre de bloquer les tenons et ainsi de faire tenir le tout plus solidement.

⇒ Vérifier que le diamètre du tenon est bien le bon, si ce n’est pas le cas, le retailler jusqu’à satisfaction.
⇒ Tourner d’un quart de tour et toujours avec la mèche plate, refaire une mortaise à peu près à 20 cm de chaque extrémité (pour les pieds).
⇒ Si on le souhaite, pour un fini plus joli, on peut poncer avec du papier de verre grain 80. Mais en brut, c’est assez joli aussi... On peut quand même poncer légèrement pour éviter les échardes.

Montage du cadre

⇒ Poser le cadre et emmancher les tenons des branches A dans les mortaises des branches B.
⇒ Poser le cadre debout et taper avec un maillet pour bien bloquer les tenons dans les mortaises.
⇒ Mettre le cadre bien à plat et, sur les branches A, tous les 7 cm, percer des trous de diamètre 6 mm.

⇒ Prendre la corde à linge, faire un nœud simple et la passer dans les trous, refaire un nœud simple au dernier trou.

⇒ On peut même jouer de la musique, si on a un peu de rythme.

Pieds

Il faut trouver :
- 4 branches de 75 cm minimum de long, diamètre 35-40 mm

⇒ Prendre les branches-pieds et faire un tenon avec la plane à une extrémité de chaque branche.

⇒ Vérifier au fur et à mesure que le tenon est bien du bon diamètre.

⇒ Poser le cadre à plat et emmancher les pieds dans leur mortaise.
⇒ Taper avec un maillet pour bien bloquer le tout.

⇒ Vérifier la solidité du tout et le retourner sur ses pieds, c’est terminé ! (photo15).

Généralités

► Si on a beaucoup de place pour étendre son linge, on peut faire un tancarville presqu’aussi large que le pont du même nom, il faut juste que les pieds soient assez hauts pour que le linge ne touche pas le sol.
► On peut aussi le transformer en séchoir à suspendre si on enlève les pieds, il suffit de mettre 2 crochets au plafond et, avec de la cordelette, le tour est joué. Et on peut même se faire un système coulissant pour éviter de devoir monter sur un escabeau.
► Et si on en fabrique un plus petit, on peut le suspendre dans la cuisine pour y faire sécher nos pâtes fraîches... L’est pas belle, la vie ?
► Après, ça peut servir aussi à plein de choses, si on y réfléchit 3 secondes. Vous me ferez part de vos idées, je suis sûre qu’il y en aura de géniales !

Si vous avez des questions, contactez-moi sur le site de l’association : lateliereconaturel.net
Et allez jeter un œil aux réalisations de Christophe Médard sur son site, c’est super beau : ideesdebois.fr
Que votre rentrée vous soit douce et propice aux projets en tous genres.

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