Médecine mitochondriale, médecine d’avenir ?

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Dans le domaine du vivant, l’énergie est véritablement le « nerf de la guerre ». C’est pourquoi il est crucial de préserver la santé de nos mitochondries.

Ces petites usines énergétiques fournissent l’essentiel de l’énergie nécessaire au fonctionnement de nos cellules. Elles peuvent connaître des anomalies de fonctionnement dès l’enfance ou beaucoup plus tard dans l’existence. La baisse de leur rendement énergétique affecte d’abord les tissus et organes gourmands en énergie comme les muscles, le cœur ou le cerveau, et de façon plus générale, expose l’organisme à un vieillissement accéléré. Compte tenu du rôle central joué par les mitochondries, il ne fait aucun doute que la médecine mitochondriale a de beaux jours devant elle.

ET TOUT COMMENCA AVEC LA CELLULE…
La cellule est l’unité structurale élémentaire de la matière vivante. Tout ce qui vit se compose donc de cellules – à l’exception notable des virus !
Notre organisme est constitué de cellules dotées d’un noyau, dont l’apparition sur Terre remonte à environ 1,8 milliard d’années. Ces cellules ont pour particularité d’abriter de nombreux éléments ressemblant à de petits sacs cylindriques : les mitochondries.

RECHERCHE CELLULE TOUT CONFORT
Le fait que les mitochondries disposent de leur propre patrimoine génétique et se reproduisent de façon autonome atteste clairement de leur origine exogène. On sait aujourd’hui que les mitochondries proviennent de bactéries absorbées par la cellule primitive et vivant en symbiose avec elle. Par symbiose, il faut entendre association réciproquement bénéfique de deux êtres vivants. En l’occurrence, il s’agit d’endosymbiose parce que l’un des deux (la future mitochondrie) est contenu dans l’autre (la cellule primitive).
Il n’est donc pas exagéré de dire que nous sommes des êtres biologiquement hybrides, chacune de nos cellules abritant deux génomes différents !

L’OXYGÈNE DANS LA CORBEILLE DE MARIAGE
L’enrichissement progressif de l’atmosphère en oxygène fut l’élément déclencheur de l’alliance entre cellules à noyau et mitochondries il y a environ 1,5 milliard d’années. Ces cellules offraient gîte et couvert aux mitochondries et en retour, ces dernières amenaient leur capacité à utiliser l’oxygène pour produire de l’énergie. Une spécificité déterminante, sachant que la « respiration cellulaire », basée sur l’utilisation de l’oxygène, assure une production énergétique nettement plus efficace par rapport à la fermentation « anaérobie » (donc, sans oxygène) employée jusque-là par les organismes microscopiques. D’où un avantage sélectif significatif qui permet de mieux comprendre pourquoi la nature et le temps ont favorisé le développement d’organismes de plus en plus complexes capables d’utiliser l’oxygène.

TOUCHE PAS À MON ADN !
Cependant, toute médaille a son revers. À l’image de la fumée produite par une bûche brûlant dans une cheminée, les mitochondries produisent des « déchets » en brûlant l’oxygène : les radicaux libres de l’oxygène. Ces molécules agressives sont normalement neutralisées par un système de défense interne performant. Sauf qu’à mesure que l’on vieillit, ce système de défense peine de plus en plus à endiguer la prolifération des radicaux libres. Il en résulte un stress oxydatif dont la mitochondrie est la cible première. Les radicaux libres détériorent petit à petit ses composants, en particulier son ADN, très fragile (1). D’où une baisse de son rendement énergétique qui n’est pas sans conséquence sur la santé.

LES MALADIES LIÉES À UN DYSFONCTIONNEMENT MITOCHONDRIAL
Le temps est désormais venu pour la médecine mitochondriale de sortir de son ornière génétique et de couvrir non seulement le champ des maladies génétiques mitochondriales, mais aussi celui, beaucoup plus vaste, des maladies liées à un dysfonctionnement mitochondrial :
=> Troubles du spectre autistique, troubles bipolaires, dépression majeure, schizophrénie, migraine ;
=> Maladie de Parkinson, maladie d’Alzheimer, sclérose en plaques ;
=> Cancers, diabète de type 2, syndrome métabolique, foie gras d’origine non alcoolique, insuffisance cardiaque ;
=> Syndrome de fatigue chronique, fibromyalgie, sarcopénie, apnée du sommeil…
Au final, cela représente un large éventail d’affections qui touchent nettement plus de monde que les seules maladies génétiques mitochondriales.

LES CAUSES DU DISFONCTIONNEMENT MITOCHONDRIAL
En premier lieu, le stress oxydatif déjà évoqué plus haut, mais aussi :
=> Un stress psychologique prolongé
=> Des inflammations chroniques
=> Des infections (le virus de l’herpès est un « tueur » de l’ADN mitochondrial)
=> L’exposition aux « poisons » de la mitochondrie : métaux (dont mercure et nanoparticules d’argent), pesticides (dont le glyphosate contenu dans le célèbre Roundup de Monsanto), médicaments psychotropes (dont Prozac et Xanax), anticonvulsivants (Depakote) et anticholestérol (statines). Idem avec certains antibiotiques (dont tétracycline).
=> La malbouffe (notamment consommation trop importante de fructose via sodas, biscuits et autres sucreries).

OÙ EN EST LA RECHERCHE PHARMACEUTIQUE ?
Le monde de la recherche s’intéresse de plus en plus à la médecine mitochondriale. Des molécules de synthèse ciblant la mitochondrie ont déjà été élaborées dans des laboratoires, mais reste une difficulté de taille à résoudre, celle de la « livraison » de la molécule au bon endroit, c’est-à-dire dans la mitochondrie. Manifestement, beaucoup d’obstacles restent encore à franchir. À en croire certains chercheurs, la solution viendra peut-être des nanotechnologies. Pour l’heure, les médecins n’ont donc d’autre choix que de s’appuyer largement sur la nutrithérapie pour soigner les maladies mitochondriales.

(1) On considère que le génome mitochondrial est totalement dégradé au bout de 125 ans d’existence. Ce qui indique donc la limite théorique absolue de la longévité humaine.

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