La clé de la réussite au jardin : les équilibres naturels !

lun, 08/02/2016 - 12:48 -- Angela David
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Agissez dès février pour organiser, préparer et doper votre jardin !

On le sait, pour produire des légumes sains, supprimer l’utilisation des pesticides ne suffit pas ! La solution est plus globale : elle va de l’organisation du potager à l’entretien, en passant par la préparation du sol ou les choix de plantes ; tout doit être pensé pour installer ou conserver les équilibres naturels du lieu. Voici quelques pistes pour bien démarrer l’année ; toutes s’articulent autour de la prévention.

Organiser le jardin, c’est observer, repérer, prévoir et choisir

Observez et repérez les caractéristiques du lieu

Quitte à les faire évoluer.
=> Ainsi, rabattre un arbre ou une haie de plusieurs dizaines de centimètres réduit l’ombre portée et le maintien de l’humidité : votre camélia fleurira en abondance ; la vigne et les légumes seront moins sujets à l’oïdium !
=> Installez aromatiques et petits fruits à l’abri de la pollution, éloignez-les de la route, protégez-les avec une barrière végétale de grimpantes.
=> Respectez les besoins de chaque espèce et valorisez tous les espaces du jardin.

Prévoyez vos besoins

Et tenez compte de vos disponibilités pour l’entretien, la récolte et la préparation ou conservation.
=> Carottes, radis, salades, tomates sont faciles à cultiver et produisent beaucoup. Pommes de terre, endives et betteraves sont exigeantes en temps ; les poireaux le sont en eau, alors qu’ils sont peu chers.
=> La diversité est parfois un piège, attention au gaspillage avec les quantités parfois difficiles à prévoir… Quelques repères : une planche de 5 m² donne 15 kg de carottes, 3 kg de pois ou de haricots grains (écossés), 10 kg d’oignons et autant de poireaux... Une ligne de 4 m de tomates suffit pour la saison à 3-4 personnes.

Choisissez votre stratégie d’achat des fournitures

Il est possible de limiter les achats (engrais, plants, préparations pour protéger les plantes) sous réserve d’avoir de la place et du temps.
=> Faire ses plants requiert un endroit adapté (chaud, lumineux), assez vaste parfois !
=> Faire ses graines est facile : récoltez-les à maturité sur des plants sains et stockez au sec et à l’ombre ; attention à ne pas utiliser de plants hybrides F1.
=> Êtes-vous prêts à fabriquer les purins et décoctions nécessaires à la protection des plantes ? Cela veut dire cueillette des plantes, éventuellement séchage, préparation, un peu de stockage dans des conditions spécifiques.
=> En revanche, fabriquer son compost est une évidence ! C’est la solution pour gérer les déchets organiques sur place, pour amender et fertiliser le jardin, pour assurer le maintien de la faune du sol, pour réchauffer une couche dans un châssis…

Choisissez votre stratégie de culture pour protéger les plantes et la fertilité de votre sol

=> Au potager, la rotation des cultures est une nécessité. Sur trois ans et un même emplacement, il est conseillé de faire se succéder les plantes peu exigeantes (haricot, pois ou autre légumineuse, oignon, carotte), puis les exigeantes (artichaut, aubergine, betterave, concombre, courgette) et enfin, en 3e année, les légumes dont les besoins sont moyens (ail, chou, navet, poireau, radis, salade).
=> Allez-vous cultiver en lignes ou en carrés dédiés à chaque espèce ? Ou plutôt, ce que je vous conseille, disperser et mélanger les différentes espèces afin de réduire les risques sanitaires. Le mélange d’espèces est également valable pour le verger et tout le jardin d’agrément. Partout, mobilisez les plantes compagnes, elles se rendent service mutuellement : l’ail voisinera efficacement avec les tomates, le basilic ou encore les rosiers pour limiter les problèmes fongiques, les haricots fourniront au maïs l’azote dont il a besoin... Associer les plantes à croissance lente (exemple : les haricots) et à croissance rapide (exemples : les radis, les choux), c’est une façon d’assurer la couverture du sol pour le protéger contre la battance (caractère d’un sol tendant à se désagréger et à former une croûte en surface sous l’action de la pluie) et limiter le désherbage.

Choisissez vos plantes

Bien sûr, les plantes introduites au jardin doivent être saines et, si possible, bio.
=> Pour être vraiment dans une logique de sobriété, vous retiendrez avant tout des espèces adaptées au climat, les plantes indigènes ou acclimatées : inutile de planter un hêtre dans le midi !
=> Visez la diversité plutôt que la rareté et le spectaculaire (quoiqu’un massif de delphiniums, de campanules et de cosmos soit peu exigeant et tellement spectaculaire !). Installez une « bonne base » de vivaces, certaines se naturalisent facilement (artémise, lupin, delphinium…), complétez avec des annuelles qui se re-sèment seules.
=> Mélangez fleurs, légumes et aromatiques ; effet esthétique garanti et prévention sanitaire assurée.
=> Les plantes mellifères sont à disséminer partout : achillée, aneth, artémise, aster, bleuet, centaurée, giroflée, lavande, nepeta, ortie, primevère, sauge, thym, pour n’en citer que quelques-unes. Ajoutons les fleurs des arbres : acacia, aubépine, buddleia, lilas, mahonia, pommier, poirier, tilleul, troène…

Préparer le jardin, c’est travailler, fertiliser, protéger le sol et les cultures

Travaillez le sol en fonction de ses caractéristiques pour qu’il exprime son potentiel

Type de sol Caractéristiques Interventions
Sol sableux Se réchauffe vite, draine bien, se dessèche vite.
Sensible à l’érosion par la pluie et à l’apparition d’une couche de battance.
Plantations et semis précoces, arrosages importants.
Apports de matière organique réguliers – couverture systématique en hiver (engrais vert, compost, paillage).
Travail du sol : aération avec dents – griffages.
Sol limoneux Structure fine et fragile (érosion hivernale et estivale) – sensible aux tassements – risque de mauvais drainage – asphyxie. Couverture du sol (paillage, engrais vert) – éviter le piétinement (utiliser des planches entre les massifs ou carrés).
Travail du sol : aération avec dents – griffages.
Drainage du sol – enrichissement régulier en matière organique riche en lignine.
Sol argileux Sol lourd, vite engorgé par les pluies, compact au séchage – riche et profond – se réchauffe lentement – reste frais en été. Piocher en profondeur, aérer à la griffe régulièrement – culture d’engrais vert et  incorporation de compost dans la couche de surface – semis et plantation plus tardifs – arrosages réduits / à un sol limoneux.
Terre franche ou de jardin Composé équilibré d’argile, de limons, d’humus et de sables. Bonne terre de jardin – à aérer par griffages – prévoir apports de compost et paillage.

Préparez le sol

Le plus souvent, on supprime le labour ou le bêchage pour limiter la perturbation de la microfaune de la couche superficielle. Ainsi, la décomposition des matières organiques se fait mieux, les éléments nutritifs directement assimilables restent proches des racines et leur utilisation est facilitée par les microbes présents.
=> Décompactez et aérez la terre car les racines ont besoin d’air et d’eau pour leur croissance.
=> Utilisez pioches et outils à griffes ou à dents, éventuellement en passages croisés ; pour la pelouse, ce sera le scarificateur.

Amendez le sol

Les amendements organiques (engrais verts, compost, fumier) ou les amendements minéraux (chaux, Patenkali® et autres poudres de roche) ont un effet sur la structure du sol et le pH.
=> En jardinage biologique, on compte sur l’effet bénéfique des matières organiques enfouies régulièrement, avec éventuellement un complément de chaux.

Fertilisez le sol

Les engrais apportés ne sont pas totalement disponibles pour les plantes, une partie est bloquée dans le sol.
=> Sachez que l’utilisation de compost, d’engrais verts, de fumier, de purin ou décoctions de plantes rend plus disponibles et assimilables les éléments nutritifs apportés car la microfaune du sol sert d’intermédiaire.
=> Vous pouvez apporter en plus des éléments nutritifs : potasse, phosphore, magnésium, calcium, fer, bore, manganèse et autres oligo-éléments.
=> L’azote est à considérer à part ; il induit une croissance rapide et enrichit les tissus en nitrates, ce qui attire les parasites et fragilise les plantes. De plus, l’azote sous forme nitrate, non utilisé par les plantes ou la faune du sol, est entraîné en profondeur et pollue les eaux. Apportez de l’azote au moment où les plantes peuvent l’utiliser et en quantité adaptée.

Quelques repères : le compost apporte autour de 1,5 % d’azote et 3 % de potasse ; la cendre de bois 5 % de potasse, le sang séché 13 % d’azote, la poudre d’os 30 % de phosphore. Réservez un coin de jardin aux plantes fertilisantes : orties et consoudes.

Protégez le sol

Finis les sols nus, c’est nuisible à la fertilité avec des impacts négatifs sur la vie microbienne, la faune du sol et sur la structure.
=> Pour protéger le sol, deux options : le couvert cultivé (engrais vert, culture abri) ou le paillage.

Protégez les cultures

Les pièges, moyens naturels, sont divers : cendres de bois pour les limaces, cartons ondulés sur les troncs pour les carpocapses ou autres chenilles, pièges colorés ou à phéromones.
=> Piégez les nuisibles avec discernement, leur élimination totale vous fera perdre des amis précieux (le crapaud, par exemple, qui mangera volontiers quelques limaces résiduelles).
=> Éloignez les indésirables : les taupes et les campagnols fuient l’huile d’os répandue dans leur habitat, la tanaisie est répulsive pour de nombreux insectes.
=> Empêchez la nidification (attention, le paillage sert de refuge aux petits rongeurs) ou la reproduction (griffez le sol pour exposer les larves au froid) ou l’accès à la nourriture (filets sur les légumes ou les arbres).

Doper le jardin, c’est accueillir des espèces auxiliaires

=> Accueillez et favorisez la présence d’insectes, mollusques, oiseaux, batraciens, serpents et autres petits animaux, même si cela génère des inconvénients ; le jeu en vaut la chandelle. En effet, dès que l’équilibre biologique s’établit, les inconvénients sont mineurs, comparés aux améliorations : pas de produits chimiques de synthèse, une meilleure pollinisation, un jardin plus vivant. Repérez qui mange qui ; identifiez les conditions de vie des auxiliaires, leur habitat surtout ; c’est la première étape pour maintenir ou retrouver les équilibres naturels.

Prenons un exemple : en journée, le perce-oreille lucifuge s’abrite dans des endroits humides et, la nuit, va consommer pucerons communs, pucerons verts et colonies de pucerons lanigères sur les pommiers, œufs du carpocapse, psylles du poirier, psylles du laurier, petites chenilles tordeuses qui roulent les feuilles, œufs de limaces… Comment gérer l’équilibre ?
Ce qu’il ne faut pas faire : déranger les adultes et exposer les œufs en retournant le sol en automne, avoir un jardin trop nettoyé : débris végétaux, feuilles mortes, gazon et compost constituent des abris et de la nourriture pour ces auxiliaires.
Contribuez à la régulation des populations : vous avez trop de forficules, ces insectes qui peuvent parfois abîmer fraises, carottes, choux, fèves, pêches, pruniers, abricotiers ?… Installez un piège et déplacez la population vers les zones infestées de pucerons. Nettoyage rapide assuré !

Accueillez des plantes compagnes

La liste est longue et elle s’allonge ! Tant mieux ! L’achillée stimule les défenses des autres plantes comme les rosiers, le thym éloigne les limaces, fourmis et pucerons, le romarin est répulsif pour la piéride, la chrysomèle du haricot, la mouche de la carotte ; l’ail est aussi un répulsif pour beaucoup d’insectes, sans parler de son rôle antifongique.
Cultivez un massif d’orties, un peu de consoude, de la tanaisie, de la rue officinale (…) pour faire vos purins et décoctions et soigner naturellement vos plantes.

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