Pour fleurir vos étés : hortensias ou hydrangeas ?

sam, 02/04/2016 - 13:48 -- Angela David
Rubrique : 

Les deux, sans hésiter ! Pour coloniser les zones plutôt fraîches, en massif ou en pots... et pour donner un caractère à la fois intemporel et moderne à votre jardin.

Alors, quelle différence entre Hortensia et Hydrangea ?

Les hasards de l’Histoire ont fait la popularité des hortensias au détriment des autres hydrangeas ; en effet, le mot hortensia est le nom commun pour désigner une espèce d’hydrangea parmi d’autres ; son nom savant est Hydrangea macrophylla. Pourquoi connaissons-nous très peu les autres hydrangeas ? Parce que l’hortensia, introduit au XVIIIe siècle en Europe, s’est imposé par ses qualités : résistance au gel et à la chaleur, longue floraison et bouturage très facile ; ce qui explique que les amateurs ne se soient pas intéressés à ses nombreux cousins.


Hydrangea paniculata

Comment choisir parmi les différentes espèces ?

Le genre Hydrangea comporte une dizaine d’espèces dites botaniques (ou naturelles) que les jardiniers peuvent acheter, mais le plus souvent, on leur propose des hybrides (croisement entre deux espèces) et surtout des cultivars ou variétés créées par les horticulteurs pour fixer des caractères esthétique ou cultural intéressants (résistance à une maladie, adaptation au climat…).
Si vous achetez chez les spécialistes, vous aurez le choix : variétés anciennes, créations récentes, couleurs variées… Les catalogues sont bien remplis pour des prix qui vont de 5 € à 30-40 € le pied en pot de 2 litres.

Pour compléter la carte d’identité des hydrangeas, et faire votre choix, il faut regarder :
> la forme des inflorescences qui se déclinent en têtes rondes, têtes plates et panicules,
> la forme et la couleur des sépales et des feuilles,
> le port (buissonnant, arbustif ou grimpant à étages),
> la taille de l’arbuste (Hydrangea heteromalla peut atteindre 10 m !)
> les conditions de culture, variables suivant les espèces.

Quels hydrangeas vous recommander ?

L’exercice n’est pas facile, ils sont tous si beaux ! Voici quelques suggestions basées sur des critères très simples :
Un très grand : H. heteromalla (10 m)
Le plus petit : H. macrophylla « Hörnli » (30 cm)
Un résistant à la sécheresse : H. quercifolia
Des résistants aux gelées tardives : H. arborescens ; H. macrophylla « Générale Vicomtesse de Vibraye »
Un tolérant aux sols difficiles : H. paniculata
Le plus remontant : H. macrophylla « Renate Steiniger »
Le plus adapté au pot : H. macrophylla « iris »
Le grimpant idéal : H. petiolaris.

Où et quand implanter vos Hydrangeas ?


Hydrangea quercifolia

> Toutes les espèces apprécient un sol drainant et qui garde la fraîcheur en été
Cependant, il y a des disparités entre l’hortensia qui prospère dans un sol riche en humus et légèrement acide (pH aux alentours de 5,5) et certaines espèces (Hydrangea quercifolia, Hydrangea paniculata, Hydrangea arborescens) qui s’installent facilement dans des sols moins riches en humus, voire ingrats. On a vu de belles réussites avec H. paniculata en sol sableux ou en terre de remblais après construction !

> L’exposition est importante
Recherchez, pour la plupart des espèces, une exposition ombragée en après-midi ; cependant, en climat tempéré ou en sol humide, vous pouvez installer vos plantes au soleil. Cela ne vaut pas pour les hydrangeas arbustifs, ils fleurissent au soleil, parfois même abondamment, tout comme les Hydrangeas paniculata.

> Les hortensias sont sensibles au vent et peu rustiques
En dehors des zones océaniques, il est d’usage de pailler le pied pour éviter qu’il ne gèle. Il en va de même pour quelques autres hydrangeas ; renseignez-vous sur la rusticité des espèces et variétés à l’achat. Les arbustifs, dans l’ensemble, sont plus résistants, voire très résistants, comme H. arborescens "Annabelle" qui se cultive en montagne.

> Plantez plutôt entre septembre et novembre
Car le sol est encore chaud et assez humide ; les racines peuvent commencer à s’installer, ce qui assure une bonne reprise de la végétation. Les plantations de printemps se font à la fin des gros gels.
Dans tous les cas : la terre doit être bien ressuyée, décompactée et ameublie avant de poser le plant dans le trou sans enterrer le collet. Ramenez la terre et tassez-la progressivement pour éliminer toute poche d’air ; arrosez copieusement et paillez. Pour les ports buissonnants, prévoyez une distance de plantation entre les pieds de 80 cm environ.

Quels sont les principaux conseils d’entretien ?

> Un arrosage régulier pour maintenir le sol frais en été, un paillage pour limiter l’évaporation. Une fertilisation équilibrée, comme pour de nombreuses plantes à fleurs l’azote, favorise la croissance végétative et réduit la floraison ! Cependant, il ne faut pas ignorer la gourmandise de la majorité des hydrangeas.
> Tous les 2-3 ans, épandez de la poudre de roche granitique ou basaltique ; complétez chaque année, au début du printemps et en début d’été, avec une couche d’un compost de qualité (1) mélangée à du broyat de feuilles de consoude pour la potasse.

> Dès que les feuilles apparaissent, pulvérisez une solution nutritive à base d’algues pour les oligo-éléments et n’hésitez pas à renouveler l’opération en cours de saison, deux autres fois ; la dose par pulvérisation doit tenir compte de la répartition des apports.
> C’est aussi l’occasion de penser prévention sanitaire avec la première pulvérisation de décoction de prêle pour lutter contre les maladies fongiques qui sont le plus à craindre pour le feuillage : oïdium, botrytis, notamment. Si la maladie persiste, intervenez avec du soufre. Ne mobilisez le cuivre que si les maladies étaient présentes les années passées, en faisant un ou deux traitements pour prévenir l’installation du champignon très tôt sur les jeunes feuilles. La maladie des taches foliaires, qui se traduit pas des nécroses avec un halo translucide jaune typique, est bactérienne ; inutile de chercher un traitement ; revoyez plutôt les conditions de culture (pH – humidité et compaction du sol).

> Les ravageurs les plus fréquents sont les cochenilles pulvinaires qui pondent en mai-juin. Les tiges et feuilles se couvrent localement de « boules » blanches. En juillet, apparaissent des larves jaunes au revers des feuilles. En automne, elles migrent sous l’écorce pour évoluer vers le stade adulte. La plante s’affaiblit, les cochenilles adultes vont se disséminer mettant en danger le massif complet ! Réagissez vite dès les premiers constats : supprimez à la main les pontes, les larves, les adultes ; et traitez avec une solution de 1 litre d’eau + 1 c. à café de savon noir, une d’alcool à 70° et une d’huile végétale (ou essayez l’huile essentielle de cannelle).
> Contre les acariens, un arrosage copieux suffit en général, on observe aussi des attaques de punaises, ou d’autres insectes. L’application d’un traitement insecticide à base de plantes (décoction de tanaisie, de bois de quassia, rue officinale, macération d’ortie….) est, en général, efficace. Bien sûr, pour intervenir, il faut que les dégâts soient significatifs !


> Concernant la taille d’hiver : certains jardiniers la pratiquent pour supprimer les fleurs fanées et d’autres pas. La taille de printemps (avril) assure le renouvellement des tiges et favorise la floraison ; elle n’est ni systématique, ni identique, elle dépend des espèces et de l’état de la plante .
- Du côté des hydrangeas grimpants et de leurs cousins (H. anomala, serratifolia, Pileostegia), on supprime les fleurs fanées pour stimuler la floraison en coupant au-dessus de deux derniers bourgeons.
- Pour H. quercifolia, enlever les fleurs fanées et le bois mort suffit ; parfois, pour renforcer des rameaux frêles, on coupe les grosses fleurs à peine épanouies (et on en fait un bouquet).
- Vous noterez qu’elles se forment sur le bois de l’année précédente alors que pour H. arborescens et H. paniculata, c’est le bois de l’année qui porte la floraison, ce qui autorise une taille sévère en février-mars sans nuire à la floraison. Par exemple, on peut rabattre un plant tous les 3 – 4 ans pour qu’il reste fourni à la base.
- Pour les hortensias et H. serrata, ce sont les branches de l’année précédente qui fournissent le gros des fleurs, donc on ne les touche pas. On ne taille que ce qui vient de fleurir à 3 nœuds sous la fleur fanée. En complément, on rabat au niveau du sol les vieilles branches et éventuellement on simplifie la ramification de certains rameux jeunes pour limiter les risques liés au poids des fleurs.

Quelles précautions prendre pour cultiver en pot ?

Elles sont assez peu nombreuses car les hortensias de jardin et la plupart des hydrangeas se cultivent facilement en pot ; belle occasion de conserver les plantes offertes ou de « craquer » pour un beau spécimen chez le fleuriste !
> Le pot idéal est en terre cuite, pas trop profond (40 cm) car les racines ont un développement plutôt horizontal. Du coup, c’est le diamètre qui doit suivre la croissance de la plante !
> Les points de veille : un bon drainage (billes d’argile au fond du pot), attention à l’eau stagnante dans les coupelles ; des besoins en froid pour fleurir, donc séjour extérieur obligatoire ; une protection antigel du pot en hiver gélif ; un arrosage régulier en été ; choisissez de préférence une variété adaptée à la culture en pot.

Quelques exemples en hortensias de jardin : "annabelle", "merveille bleue", "merveille sanguine", "masja", "sabrina" ; un nain : "tovelit".
Chez les autres hydrangeas : "sundae fraise®", "hovaria®"…

Comment multiplier les hydrangeas


Hydrangea serrata : Fleurs fertiles, au centre, sur lesquelles on distingue bien les étamines, et tout autour, fleurs stériles, avec leurs grands sépales blancs.

> Le bouturage est adapté pour quasiment toutes les espèces : coupez 12 à 15 cm de l’extrémité d’un rameau végétatif de l’année, juste au-dessous d’une paire de feuilles. Ensuite, supprimez les feuilles de la base et réduisez de moitié les autres ; plantez dans un pot garni de terreau. Arrosez régulièrement et sans excès les boutures ; protégez-les du gel, de la chaleur et des grignoteurs (limaces…) ; comptez un an environ pour transplanter.

> Profitez de la capacité de H. quercifolia à produire des drageons (pousses à la base du pied) ; en mars, séparez-les du pied mère et plantez-les en jauge, en pleine terre ou en pot. La plantation définitive se fera à l’automne prochain.

> Chez les hydrangeas, on distingue deux types de fleurs : celles qui sont stériles et celles qui sont fertiles (voir photo) ; la reproduction sexuée n’est pas facile.

Comment changer la couleur de son hortensia ?

Faire évoluer la couleur est possible. À partir d’un sujet rose, en sol acide (pH 5,5 – 6), on apporte du sulfate d’aluminium ; on peut alors obtenir un beau bleu, ou, pour les plants déjà bleus, on peut, de la même manière, maintenir ou renforcer la couleur. On retrouve la pratique bien connue des ardoises pilées au pied des plantes.

(1) Compost de qualité = compost bien évolué, qui est brun foncé à noir, aéré, souple et grumeleux, qui s’effrite à la main (ne colle pas).

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Article paru dans le : 
Rebelle-Santé N° 184

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