Au commencement, il y a… la graine !

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Le semis, véritable institution chez les jardiniers, est une aventure complexe…

DE LA GRAINE À LA PLANTULE
La germination commence avec la réhydratation de la graine et s’achève à l’apparition, hors du tégument, de la radicule qui plonge dans la profondeur du sol, et de la « tigelle » qui cherche la surface du sol et la lumière. Pour que la germination ait lieu, l’embryon sort d’abord de sa période de vie ralentie. Ensuite, il entre en croissance et, pendant toute cette phase, la future plante dépend entièrement des réserves de la graine. Au jardinier de faire le nécessaire pour cela se passe bien !

QUE DOIT FAIRE LE JARDINIER ?
Tout d’abord, s’assurer que les conditions nécessaires au « réveil » de l’embryon sont respectées, elles sont variables selon les espèces. Si vous expérimentez les graines « sauvages » (1) ou exotiques, mieux vaut vous renseigner !
Pour les plantes familières de nos jardins, les conditions peuvent être : le froid, le ramollissement des téguments (par scarification ou trempage ou milieu acide…), absence de lumière... Basez-vous sur les indications que vous trouverez sur le sachet ou dans les livres de jardinage.

Le jardinier veille surtout à la croissance de l’embryon pour qu’il forme, avant l’épuisement des réserves de la graine, les organes (feuilles et racines) qui permettront à la plantule de se nourrir seule. La réussite de cette phase de « levée » dépend de : l’eau, la température, l’oxygène et la profondeur de semis. Dans tous les cas, rien ne sert de se précipiter. En général, un semis trop précoce ne fait pas gagner de temps et risque de fragiliser les plants.

L’EAU
Tout est dans l’équilibre. Elle déclenche la germination. D’abord, pendant 6 à 12 heures environ, la graine s’imbibe jusqu’à un palier (entre 50 % et plus de 200 % de son poids suivant les espèces), ses réserves sont alors utilisables par l’embryon qui entre en activité avec l’allongement de la radicule.
Au semis, arrosez copieusement, puis maintenez juste la terre humide ; veillez à ne pas déplacer les graines qui commencent à germer. L’excès d’eau est alors à éviter.

LA TEMPÉRATURE
Chaque espèce (ou presque !) a une température seuil au-dessous de laquelle elle ne peut germer, c’est le « zéro de germination ». À une température légèrement plus élevée, la germination est lente, la graine est donc très exposée ; elle risque de pourrir, d’être mangée… À partir de 20 °C, la durée de germination est acceptable pour la plupart des légumes (8 à 2 jours), et vers 25 °C, c’est la température optimale de germination.

L’OXYGÈNE
Pour germer, la graine a besoin d’oxygène qu’elle trouve assez facilement dans un sol aéré ; les sols humides sont pauvres en oxygène, voire asphyxiants ! Il faut donc arroser, mais pas trop, et privilégier plutôt des apports peu importants, mais fréquents !

LA PROFONDEUR DE SEMIS
Dans une terre légère, le semis se fait à une profondeur triple de l’épaisseur de la graine.
Si le sol est lourd (argileux, ou argilo-limoneux), semez à une profondeur égale à l’épaisseur de la graine.
Un bon lit de semence répond à trois critères essentiels :
> pas d’obstacle à la levée (cailloux, zones compactes ou croûte de battance) (2) pour ne pas épuiser les réserves avant l’accès à la lumière,
> bonne aération du sol pour fournir l’oxygène nécessaire à la germination,
> tassement suffisant pour un bon contact terre-graine favorable à l’imbibition de la graine.

QUEL MATÉRIEL ?
Achetez-le ou mieux, fabriquez-le ou récupérez-le !
Les terrines : ce ne sont, ni plus ni moins, que des boîtes ou caissettes en polystyrène que bon nombre de jardiniers utilisent. Choisissez-les peu profondes (5-6 cm) et en matériau résistant pour les réutiliser.
Les mini-pots : ils sont en plastique ou en tourbe compressée, vendus pour être mis directement en terre. L’expérience montre que le pot en tourbe se décompose trop lentement pour un bon développement des racines. Les plaques alvéolées : elles ont l’avantage, comme les mini-pots, de limiter les risques de contagion en cas de maladie ; il suffit d’éliminer le plant contaminé.
Les pastilles de tourbe : elles sont adaptées aux petits espaces, surveillez-les régulièrement car elles se dessèchent.

(1) J’entends par là les graines récupérées dans la nature.
(2) Cette croûte se forme plutôt dans les sols limoneux ou limono-sableux.

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