L’ortie !

La « toute-bonne » pour le jardin
Rubrique

Bien connaître l'ortie et ses usages est indispensable pour jardiner bio. Quelques pistes pour l'apprivoiser…

Vous le savez sans doute, la sauge sclarée, du fait de ses nombreuses propriétés médicinales, est appelée la « toute-bonne ». Pour ce qui est de soigner le jardin, l’ortie n’a rien à lui envier : fertilisant, stimulateur, insectifuge, insecticide, fongicide… on peut donc aussi parler de « toute-bonne » !

PETITE CARTE D'IDENTITÉ
L’ortie appartient à la famille des Urticales – sous-famille des urticacées – genre Urtica, regroupant environ 50 espèces réparties dans le monde entier. Les deux espèces les plus fréquentes et utilisées sont la grande ortie (Urtica dioica. L) et la petite ortie (Urtica Urens. L) ou ortie brûlante.

GRANDE ORTIE (Urtica dioica. L)
Herbacée vivace.
Hauteur de 60 à 250 cm.
Présente partout dans le monde.
Présente jusqu’à 2400 m d’altitude.
Plante envahissante.
Racines traçantes rhizomateuses qui assurent la reproduction végétative.
Tige carrée velue.
Pieds mâles et pieds femelles.
Floraison de juin à octobre.
Dispersion des graines par le vent possible.
Feuilles plus longues que larges, très velues, vert foncé.
PETITE ORTIE (Urtica Urens. L)
Herbacée annuelle.
Hauteur 15 à 60 cm.
Très urticante.
Système racinaire pivotant.
Tige carrée velue.
Fleurs mâles et femelles sur un même pied et une même grappe.
Floraison de mars à octobre.
Reproduction sexuée (1200 graines par pied dispersées par le vent).
Feuilles ovales vert plus clair, très dentelées.
POINTS COMMUNS
Tous les organes sont poilus des deux côtés avec des poils longs urticants et des poils souples.

DES PROPRIÉTÉS À DÉVELOPPER
C’est une plante bio-indicatrice, sa présence indique un sol basique avec une teneur excessive en azote et riche en phosphore et potassium (2) ou pollué par des oxydes. L’ortie régule la teneur des sols en azote et en fer, elle absorbe ces éléments lors de sa croissance et les restitue lorsqu’elle se décompose. Elle est à introduire dans l’assolement pour piéger les nitrates et limiter la pollution des eaux. L’ortie absorbe et métabolise certains métaux lourds, on peut l’utiliser pour nettoyer les sols.
Une propriété moins connue : l’ortie contribue à la biodiversité de la faune des jardins en abritant et nourrissant de nombreuses espèces de papillons, de punaises…

DES USAGES MULTIPLES
Médicinal, cosmétique, alimentaire, fourrager, textile, papetier et composant de colorant...
Et pour ce qui concerne directement le jardin :
- Action stimulante pour les plantes.
- Action répulsive pour les insectes.
- Action insecticide.
- Action fongicide
- Action fertilisante.
- Action d’activation de la vie microbienne du compost ou du sol.
Autant de bonnes raisons pour cueillir ou cultiver l’ortie. Rien de nouveau, car ce serait l’un des premiers légumes domestiqués et, au Moyen-Âge, on la cultivait pour l’alimentation des hommes et du bétail.

DE LA CUEILLETTE À LA CULTURE
Pour la cueillette, protégez-vous (manches longues, pantalons épais, gants…), utilisez un sécateur ou une serpette et ne laissez pas votre récolte s’échauffer dans un sac plastique. Préférez les extrémités tendres ou les jeunes pousses plus riches en principes actifs, évitez de récolter à la floraison car le feuillage est de moindre qualité.

Pour la culture. Tout d’abord désherbez soigneusement et, à la plantation, apportez 2 kg/m² de fumier peu pailleux, ou lisier (3 litres/m²), ou des fientes de volailles (1,5 kg/m²). En avril, installez des rhizomes de 10 à 15 cm de long portant des bourgeons, à 5 cm de profondeur à raison de 8 rhizomes/m², arrosez, recouvrez et tassez légèrement et arrosez à nouveau en pluie fine. Une plantation d’orties dure plusieurs années, la productivité diminue vers la 4e année de culture.

L’entretien de la culture est simple : désherbez, car si vous fauchez les orties, vous risquez de récolter des herbes indésirables avec. Apportez du purin d’ortie ou de consoude au printemps en début de pousse. Ce sont surtout les chenilles de papillons « petite tortue », « paon du jour », « vulcain vert doré » (…) et les cicadelles qui causent des dégâts.

La récolte se fait un peu avant ou peu après la floraison pour obtenir une teneur en principes actifs maximale, c’est-à-dire en août-septembre. Fauchez à 10 cm du sol en journée sèche et ombragée. Ne récoltez pas de plantes humides, elles s’échauffent très vite et perdent en qualité. Faites sécher la récolte dans un endroit sombre et ventilé, vous pourrez espérer autour de 3 kg de matière fraîche pour la première coupe et un peu plus ensuite.

(1) Qui libère de l’azote.
(2) La présence de ces 3 éléments est due à un excès de matière organique peu décomposée.

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