Bien réagir devant une intoxication médicamenteuse...

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Accidentelle lors de la prise de son traitement, ou volontaire, dans le cadre d’une tentative de suicide, l’intoxication médicamenteuse nécessite au minimum un avis médical.

L’intoxication médicamenteuse (IM) ac­cidentelle corres­pond à une erreur de prise médicamenteuse qu’il faut bien distinguer du surdosage, dans lequel le médicament est le bon, mais pris à dose trop importante. Dans l’IM accidentelle, la quan­tité de médicament est sou­vent minime et les conséquences, modérées. Attention toutefois à certaines classes pharmacologiques, comme les digitaliques (toxicité cardiaque) ou les anticoagulants (risque hémorragique). En revanche, en cas d’IM à visée suicidaire, l’ingestion se compte en plusieurs plaquettes, voire en l’association de plusieurs médicaments rendant l’IM problématique, menant parfois au coma et/ou au décès.

Des signes inquiétants

Si l’IM accidentelle est généralement bénigne, l’IM volontaire débouche souvent sur des troubles de la conscience (psychotropes). Lorsque la personne est inconsciente, il faut la placer en position latérale de sécurité (PLS), autrement dit sur le côté gauche, la tête bien en arrière pour qu’elle respire correctement.

Ne pas faire vomir…

Faire vomir un patient somnolent ou, pire, inconscient est formellement déconseillé du fait des risques d’inhalation (passage du contenu de l’estomac dans les bronches). Les vomissements sont également contre-indiqués lorsque que la substance ingérée correspond à un irritant ou à un caustique quelconque (eau de Javel, déboucheur liquide…), afin d’éviter un nouveau passage du produit corrosif dans l’œsophage.

… et ne pas boire de lait !

Contrairement à une idée reçue, il ne faut pas ingérer de lait en cas d’IM. En effet, le lait peut, au contraire, favoriser le passage rapide du médicament dans le sang.

De la simple consultation médicale…

Quelle que soit la nature de l’IM, consultez votre médecin traitant ou appelez le 15 ou le 18 qui feront le nécessaire pour envoyer une équipe médicale et les pompiers. Donnez les coordonnées exactes du lieu de l’intervention et restez près de la victime. Si la personne est consciente et en l’absence de symptômes, vous pouvez la conduire aux urgences pour un examen. Il peut s’agir également d’un conseil téléphonique par le centre antipoison. Dans la majorité des cas d’IM accidentelles, une simple surveillance à domicile est
suffisante.

… à la mise sous surveillance hospitalière

La surveillance rapprochée (hôpital, clinique…) est indispensable dès lors qu’il s’agit d’une IM volontaire. Lorsque la personne est inconsciente, elle doit être prise en charge médicalement jusqu’à l’hôpital (SMUR).

Pas de lavage gastrique

Largement pratiqué il y a quelques années encore, le lavage gastrique n’est plus systématique du fait des risques d’inhalation. Il se pratique au coup par coup, selon l’état du patient (conscient), la nature (risque vital) et la quantité de médicament ingéré (dose massive), le délai (moins d’une heure après l’ingestion) ainsi que la possibilité d’une surveillance après. À défaut de lavage, on utilise désormais du « charbon activé », une substance capable de fixer le médicament dans l’estomac pour l’empêcher de passer dans le sang.

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