« Soigner, se soigner, nous soigner : ça se construit ensemble »

de l’avis de Richard Desserme...
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C’est d’ailleurs l’objectif de la Maison de la Médecine et de la Culture.

Richard Desserme, à qui je consacre ma rubrique ce mois-ci, n’est pas soignant, mais il est l’un des piliers de cette Maison destinée à reconstruire « la médecine humaine, la médecine de la personne, dans sa singularité, sa complexité, son entièreté », parce qu’une telle médecine « doit imprégner tout l’espace de la relation de soin, du monde du soin ».
(www.medecine-culture.org)

Après vingt années d’expérience dans l’informatique médicale et un engagement dans de nombreuses interventions humanitaires et missions dans les zones de guerre, Richard Desserme œuvre aujourd’hui aux côtés du Dr Jean-Michel Benattar, que je vous ai présenté le mois dernier.
Jean-Michel Benattar, fourmi infatigable et gastro-entérologue réputé à Nice, nous avait raconté comment, pour bien soigner, il s’était engagé dans un mouvement social. Il est à l’origine, avec d’autres, notamment avec Richard Desserme, de la Maison de la Médecine et de la Culture, une association qui construit les bases d’une Université Citoyenne du Soin… Périodiquement, sous l’égide de cette structure, ils organisent un cycle de ciné-conférences-débats sur les thématiques de « l’Art du Soin dans la Cité », autour de récits de vie de patients et de soignants dans des films de fiction ou documentaires.

Cette association constitue une vraie expérience d’université populaire. Comment mènent-ils ce projet ensemble ? Depuis combien de temps ?

UNE PRISE DE CONSCIENCE

« Je suis toujours à la recherche de quelque chose qui a un sens. Un vrai engagement pour ce monde », explique Richard.
De 1990 à 2013, dans son entreprise d’informatique, il travaillait avec des laboratoires et des hôpitaux. Il a ainsi été témoin de leur mode de travail et de leur fonctionnement. « J’ai vu toute l’évolution de la biologie et j’ai suivi comment elle s’est automatisée à partir des années 1990, comment les pratiques médicales ont changé. Les examens cliniques, et le temps de la réflexion ont été remplacés par des protocoles très rigides. Maintenant, on dit qu’on a bien travaillé quand on coche toutes les cases des procédures. Mais on ne voit plus ou pas assez les patients. On n’est plus soignant, mais technicien du laboratoire… » Selon lui, les lois qui ont autorisé la concentration des laboratoires dans les mains des groupes financiers ont tout changé : « Auparavant, les analyses étaient réalisées dans les laboratoires, maintenant il n’y a que les prises de sang… Les biologistes qui étaient, avant, des professionnels libéraux ou propriétaires des laboratoires, sont devenus les salariés de grosses sociétés, c’est du travail d’usine. »

Ses observations sur le monde de la santé s’ajoutent à une expérience fondatrice pour son engagement d’aujourd’hui : sa vie a été bousculée quand la guerre de Bosnie a éclaté en 1992. Eh oui, il appartient à une génération après guerre qui croyait que c’en était fini de l’horreur. Mais non.
Pour lui, être heureux est intimement lié au contexte dans lequel on vit. Entouré de personnes qui souffrent, nous ne pouvons pas fermer les yeux, oublier et jouer « les heureux ». Pour baigner dans le bonheur, nous sommes donc obligés de prendre soin des autres avec qui nous partageons ce monde.
Merci Richard. Le monde est déjà meilleur avec toi.

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