Le Haïku

jeu, 01/02/2018 - 00:00 -- Davina Delor
Pour découvrir, pour aimer, pour guérir
Rubrique : 

Le temps est aux échanges rapides et concis et la manière de s’exprimer se détache peu à peu du développement, lui préférant la synthèse. Est-ce un mal, est-ce un bien ? Tout dépend. Quoi qu’il en soit, il est la plupart du temps inutile de résister au changement.
Voyons le bon côté des choses et utilisons-le pour soigner nos maux par les mots.

Purement japonais, le haïku est une forme de poésie, savamment réductrice des pensées, dont l’expression minimaliste renferme un pouvoir guérisseur. Le haïku est une clé de vie qui ouvre facilement les portes intérieures, libère le trop-plein du passé et donne de l’espace au bonheur d’exister en le présent instant. Le phénomène le plus surprenant est que cette parenthèse offerte par le haïku réussit le prodige de suspendre le temps. De plus en plus pressantes, les activités quotidiennes donnent rarement l’occasion de reprendre correctement son souffle, là est la particularité de cette formulation.

L’excellence de l’écriture

Qui n’a jamais laissé aller sa plume pour consigner dans un journal intime, une lettre écrite à soi-même, au Père Noël ou à l’Univers, une part secrète dissimulée au fond de sa conscience ? Le cœur a ses raisons que seule l’écriture sait mettre dans une forme qui lui donne la parole. Avec cette pratique, nul besoin de s’embarrasser des complexes de l’écrivain puisqu’il ne s’agit même pas de savoir bien écrire. Chacun porte en soi une goutte de poésie par la tendresse des sentiments qu’il voue aux êtres chers, chiens, chats, oiseaux et escargots y compris. Certains voient en la pluie les larmes qu’ils retiennent, d’autres se lovent dans les bras de la terre au contact de tous ses éléments. Les uns vibrent au son du tonnerre, cependant que les autres reposent dans le lit chantant des rivières. À voir ce qu’il convient.

Le passage à l’acte

Grand agitateur de pensées, le mental se débat dans l’étroitesse de son bocal, cherchant sans parvenir à le trouver un point d’oxygène régénérant. Le haïku est à portée de tous les souffles d’intention. Prenez une feuille blanche comme on pose le bout de ses pieds sur une terre vierge par peur de la salir, et laissez-vous considérer l’immensité qui vous est présentée. Rare est situation pareillement offerte, profitez-en. Engagez-vous sur le chemin qui mène à soi, c’est le moment de laisser les mots construire un pont entre votre souhait de libération et sa réalisation.

Voici quelques modèles propices à stimuler votre inspiration.

Papillon
À quoi rêves-tu ?
Frémissement des ailes…
(Chiyo-ni)

Guérir de soi et du monde par la pratique des haïku

Tout commence avec l’acte d’impliquer son propre soi dans le parcours des textes minuscules, et oser les poser sur la page comme des étoiles de mer échouées sur une plage. Les mini-poèmes sont des gouttes de rosée données à contempler. Inutile de chercher à comprendre, le sens profondément caché est un enseignement de l’âme offert au cœur, au corps et à la vie elle-même. Voilà qui nous dépasse et existe justement pour aider la chenille à devenir un papillon.

Immobile et sereine
La grenouille fixe
Les montagnes
(Issa)

Pourquoi, comment ?

Dans toutes les situations du monde, le haïku est le bienvenu. En solitaire comme en groupe, la pratique des mini-poèmes sait unir et réunir avec autant de chances de succès pour tous. En ces temps de perturbations en tous genres, lire et écrire ces brèves formulations aussi gracieuses que profondes est un baume, une manne, une chance inespérée. Profitons-en ! Nous pouvons pratiquer en famille, en couple, en groupe thérapeutique, le haïku est un ami qui nous rassemble, favorise les échanges, fait surgir de l’oubli des sentiments précieux perdus avec le temps.
C’est une seconde jeunesse qui s’ouvre en quelques mots sur la page d’une vie nouvelle. Le haïku est la plume de l’ange qui rencontre le ciel de chacun.

L’instant de l’image

Si le haïku capte l’image aussi précisément qu’une photographie le fait, le lien entre les deux engendre une nouvelle sorte de yoga du mot et de l’image.

Lire :
L’effet haïku de Pascale Senk (Ed. Leduc.S), 17 €.

Écrire :
Atelier d’écriture de Laurence Bierne, programme et coordonnées sur le site : www.chokhorling.com

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