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Les tumeurs glomiques

jeu, 01/02/2018 - 00:00 -- Dr. Daniel Gloaguen
Très douloureuses mais bénignes
Rubrique : 

Une douleur inexpliquée dans la pulpe d’un doigt ou d’un orteil ? Ne cherchez pas plus loin, il s’agit probablement d’une tumeur glomique.
Mais pas de panique, cette pathologie n’a rien à voir avec un cancer. Elle désigne tout simplement une petite tumeur bénigne située au pourtour d’un nerf.

Les tumeurs glomiques, qu’on appelle également tumeurs de Masson (du nom du médecin qui les a décrites avec précision pour la première fois), n’entrent pas vraiment dans la famille des maladies orphelines dans la mesure où il existe un traitement simple et radical : la chirurgie. En revanche, on peut les considérer comme des affections rares, voire très rares. Elles représentent entre 1 et 5 % des tumeurs de la main. D’où une difficulté au diagnostic quand on n’y a pas été confronté auparavant et qui explique l’errance de certains patients avant le diagnostic de certitude (jusqu’à 3 ans chez certains d’entre eux). Car pour y penser, encore faut-il les connaître !
C’est tout l’intérêt de la consultation spécialisée.

Le glomus, Quésaco ?

Qui dit tumeur glomique dit glomus. Le glomus est une anastomose artério-veineuse, c’est-à-dire la réunion entre une artère et une veine. Les glomus font donc partie naturellement du corps humain et on en trouve essentiellement dans la peau (derme) ou juste sous la peau (hypoderme), et ce, surtout au niveau des extrémités tactiles comme les dernières phalanges des orteils et des doigts, mais aussi au niveau du cou. Dans 90 % des cas, la tumeur siège à proximité de l’ongle.

Et la tumeur ?

La tumeur correspond à une prolifération anormale du glomus. Son apparition est le plus souvent spontanée et sans raison. Pour autant, le volume de la tumeur reste modeste. En d’autres termes, difficile à diagnostiquer à l’examen clinique de la zone concernée. L’adulte d’âge moyen (entre 35 et 40 ans) est le plus souvent concerné et la femme est surexposée (3 femmes pour un homme).

Une douleur syncopale…

Comme on l’a vu, la tumeur glomique concerne essentiellement les doigts ou les orteils. Plusieurs atteintes simultanées sont possibles. La tumeur glomique va se manifester par une douleur intense et localisée au niveau de la pulpe. Elle s’accroît avec le temps. Spontanée, la douleur augmente lorsque l’on touche ou que l’on presse la pulpe du doigt. On parle d’ailleurs de « zone gâchette ». La douleur est si forte parfois que le patient va retirer vivement son doigt des mains de l’examinateur. Des irradiations dans le reste de la main ou dans l’avant-bras sont habituelles. Une syncope (malaise) est même possible.

… et une sensibilité au froid

Le glomus joue un rôle dans la thermorégulation, ce qui explique qu’en cas de tumeur glomique, la douleur est accentuée par le froid, à l’instar de la maladie de Raynaud. En cas de tumeur glomique, l’examen attentif de l’ongle montre une petite tache bleue ou violacée. Enfin, on ne retrouve aucune trace de corps étranger (écharde) et le doigt ou l’orteil paraissent indemnes du point de vue neurologique (pas de déficit moteur ou d’altération neurologique).

Test du garrot

Autre élément essentiel du diagnostic, la disparition de la douleur après la pose d’un garrot artériel au niveau du poignet. C’est le test « d’Hildeth ». En effet, le garrot entraîne un effondrement de la pression vasculaire au niveau de la tumeur, diminuant ainsi les sollicitations nerveuses douloureuses. Fait important, à l’œil nu, la pulpe du doigt ou de l’orteil paraît normale. On est donc sûr qu’il ne s’agit pas d’échardes ou d’autres plaies et hématomes après traumatismes.

Diagnostic de certitude

Si la présence d’une zone gâchette associée à une douleur spontanée et à une hypersensibilité au froid suffisent à évoquer le diagnostic, certains examens complémentaires mettent la tumeur en évidence. Ainsi, une simple radiographie du doigt peut montrer une érosion de la phalange, en regard de la tumeur, dans environ 30 % des cas. En cas de doute, le diagnostic de certitude passe par une imagerie par résonance nucléaire (IRM) ou une angiographie sous résonnance nucléaire (ARM) qui vont montrer et surtout bien localiser la tumeur. La localisation exacte de la tumeur est capitale pour le chirurgien. Elle permet de déterminer la nature de l’abord chirurgical (incision latérale, sous ou à travers l’ongle ?). Quant à l’échographie, elle s’avère très « échographiste-dépendant » et donc, soumise à l’expérience du praticien. En outre, elle ne permet pas de mettre en évidence les tumeurs glomiques de moins de 3 mm.

Chirurgie

La chirurgie est le seul traitement qui ait fait ses preuves. Pratiqué en ambulatoire, l’acte chirurgical consiste à retirer toute la tumeur, tout simplement. Une ablation incomplète expose à la récidive.

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