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Un nouveau régime pour les endogirls...

jeu, 01/03/2018 - 00:00 -- Hélène Molinari
Rubrique : 
...pauvre en FODMAP

Une femme sur dix souffre d'endométriose. Parmi elles, un tiers a potentiellement des troubles digestifs liés à la maladie. Quasi ignoré en France, un régime détient pourtant une partie de la solution pour les soulager : le régime pauvre en FODMAP.

Le professeur Peter Gibson et la docteure et diététicienne Sue Shepherd n'ont pas trouvé de traitement pour guérir l'endométriose, cette maladie chronique et complexe qui touche le tissu qui tapisse l'utérus (l’endomètre). Mais le régime qu'ils ont développé se révèle néanmoins être une petite révolution pour améliorer certains symptômes.

Les deux scientifiques australiens ont ainsi établi une théorie en 2007 sur l'impact des FODMAP sur notre organisme. FODMAP étant l'acronyme, en anglais de « Fermentable Oligo-Di-­Mono-Saccharides and Polyols » qui rassemblent les fructoses, fructanes, lactose, galactanes et polyols.

Une spécialiste « testeuse »

Lucie Le Roy est ingénieure agro-alimentaire, diététicienne et atteinte d'endométriose. L'alimentation est au cœur de ses préoccupations : « En arrivant dans le côlon, ces sucres sont fermentés par des bactéries et provoquent des gaz, des changements de pression dans notre intestin, des mouvements d'eau, etc. C'est ça qui provoque le plus souvent des problèmes digestifs chez beaucoup de gens. Il se trouve que parmi les produits riches en FODMAP, on trouve le blé, le seigle et l'orge : en fait, les céréales qui contiennent du gluten. Des études commencent à mettre en évidence que si des personnes arrêtent le gluten et se sentent mieux, ce n'est pas forcément à cause du gluten, mais plutôt à cause de ces sucres (sauf pour les personnes atteintes de la maladie cœliaque, bien sûr). »

Où sont cachés les FODMAP ?

Les FODMAP se trouvent dans la plupart des produits d'origine végétale et dans les produits laitiers. La liste des ali­ments qui en contiennent est énorme et encore loin d'être exhaustive. Une application, appelée « Monash University FODMAP diet », a été développée au sein de l'université Monash à Melbourne, dont fait partie Peter Gibson, pour mieux s'y retrouver. En vente pour une dizaine d'euros, elle est disponible en anglais et en allemand et régulièrement mise à jour.

Tout sauf une mode

Le « pauvre » du régime « pauvre en FODMAP » a son importance. Il ne s'agit pas de supprimer entièrement ces sucres de son alimentation, mais bien d'identifier ceux qui vous font le plus mal et d'adapter les quantités.

Contre le syndrome de l’intestin irritable­

Julie Delorme est la seule diététi­cienne française à avoir été formée par Sue Shepherd, en Australie. Atteinte du syndrome de l'intestin irritable depuis 16 ans, elle a tout essayé avant de découvrir ce régime et le tester elle-même. « Ça a vraiment été miraculeux ! Le régime s'organise en deux temps. D'abord, on limite les aliments qui contiennent des FODMAP, sur quatre semaines. Ensuite, on passe aux tests de réintroduction, sur trente jours. Cette phase est personnalisée par rapport aux habitudes alimentaires et aux sensibilités de chacun-e. On arrive au final à une liste la plus courte possible des aliments qui posent problème. »

Du bon sens…

« C'est une approche moins restrictive que le régime sans gluten parce que ça ne dit pas d'arrêter complètement un produit mais ça te dit quel produit tu absorbes moins bien et en quelle quantité tu peux le tolérer, explique Lucie Le Roy. À chacune de trouver son équilibre. » Lucie a déjà testé plusieurs régimes pour tenter de soulager les symptômes de l'endométriose : « Le régime pauvre en FODMAP me paraît pas mal. J'ai essayé totalement sans gluten, ce qui fonctionne pour les douleurs, mais pas pour les problèmes digestifs. Par exemple : je mangeais énormément de pommes et juste en enlevant ça, je vais mieux. Dans la catégorie des fructanes, j'ai trouvé l'aliment qui ne me réussissait pas du tout : les topinambours. C'est un régime difficile à expliquer au reste du monde : je diminue le blé et les pommes et j'arrête les topinambours ! Il ne faut pas se lancer seule, mais être encadrée par un-e professionnel-e, sinon il y a des risques de carence ou de ne pas manger équilibré. Et surtout, ça ne sert à rien de le suivre si on n'est pas malade ! »

Efficacité prouvée­

À la base destiné aux personnes atteintes du syndrome de l'intestin irritable ou de la maladie de Crohn, ce régime a prouvé son efficacité pour les troubles digestifs liés à l'endométriose. L'Université Monash publie régulièrement des études sur les effets positifs de ce régime. La dernière, datant du 17 mars 2017 et intitulée « Endometriosis in patients with irritable bowel syndrome : Specific symptomatic and demographic profile, and response to the low FODMAP diet » (dans l'Australian and New Zealand Journal of Obstetrics and Gynaecology) rappelait ainsi que l'endométriose est souvent confondue avec le syndrome de l'intestin irritable puisque les deux maladies présentent des symptômes similaires : diarrhée ou constipation, ventre gonflé, hypersensibilité viscérale et douleurs des organes internes.
160 femmes atteintes du syndrome de l'intestin irritable, dont 36 % avaient aussi  une endométriose, ont participé à cette dernière. L'équipe de recherche a une nouvelle fois confirmé que le régime pauvre en FODMAP montrait des améliorations significatives des symptômes.

Des réserves, tout de même­

Malgré tous ses aspects positifs, des réserves ont été émises quant à la dimi­nution de certaines bactéries bénéfiques dans notre organisme. Certains aliments riches en FODMAP contiennent en effet des prébiotiques essen­tiels. Les chercheurs s'interrogent donc sur les modifications de la flore intestinale qu'un régime pauvre FODMAP peut entraîner et sur son impact à long terme sur la santé. Par ailleurs, Peter Gibson et Sue Shepherd rappellent à chaque occasion qui leur est donnée que si le régime améliore les symptômes, il n'en traite aucunement la cause. « C'est un régime de confort », ajoute Julie Delorme. Pour les endogirls, la partie n'est donc malheureusement pas encore gagnée mais c'est un début…

 

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Paru dans le : 
Rebelle-Santé n° 203
Type de publication : 

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