La rétention aiguë des urines

Ou quand uriner devient impossible
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La rétention aiguë des urines correspond à l’impossibilité d’uriner malgré l’envie pressante. La vessie, pleine, devient douloureuse.

 « J’ai très envie d’uriner, mais j’ai beau "pousser", rien ne sort. J’ai de plus en plus mal ». La rétention aiguë des urines (RAU) fait partie des diagnostics faciles à poser par le patient comme pour le médecin. La simple gêne liée à l’envie fait vite place à la douleur, puis, si rien n’est fait, à une menace pour les reins. D’où l’intérêt de la prendre en charge le plus rapidement possible.

Petit rappel anatomique

Difficile de comprendre le mécanisme de la RAU sans revenir sur les principes de la miction. Schématiquement, les deux reins synthétisent l’urine en filtrant le sang et ce, 24 heures sur 24, sans interruption. L’urine correspond alors à de l’eau dans laquelle on retrouve les fameux « déchets » de l’organisme. Plus que d’évacuer les déchets, il s’agit en réalité pour les reins de maintenir les différents composants du sang (oligo-éléments, minéraux, etc.) dans une proportion stable. Ils éliminent tout ce qui est en excès. Une fois émise par les reins, l’urine s’écoule vers la vessie grâce à deux canaux, les uretères.

Miction impossible

La vessie se compose d’une paroi musculaire contractile. À partir d’un certain niveau de remplissage, la miction devient nécessaire. Si uriner s’avère impossible, de façon volontaire ou par un phénomène obstructif, la vessie continue quand même à se remplir. La pression augmente.

Plusieurs évolutions sont possibles :
♦ Lorsque la pression dépasse un certain niveau, les urines vont être émises par l’urètre, en force, au goutte à goutte ou en faible jet, de façon insuffisante pour soulager le patient ou laissant une désagréable impression de vidange incomplète.
♦ La pression intravésicale peut retentir sur le fonctionnement rénal et « bloquer » les reins avec un risque d’insuffisance rénale.
♦ Si elle se prolonge, la stase urinaire va favoriser les infections.

Globe vésical

Outre l’impossibilité d’uriner, la RAU se manifeste par l’apparition d’un globe vésical, une masse arrondie située au-dessus du pubis, facilement identifiable car mate à la percussion et surtout, douloureuse à la palpation.

Adénome de la prostate en première ligne

Si la RAU est possible chez la femme, elle demeure plus fréquente chez l’homme en raison de la fréquence de l’adénome de la prostate, qui agit comme un garrot à la sortie de la vessie, à la naissance de l’urètre. Gare à la rétention, un jour ou l’autre, lorsque les premiers signes de l’adénome surviennent.

Sondage ou ponction

Sans surprise, traiter la cause (voir encadré) permet de limiter le risque de RAU. Mais, quand elle survient, seule la ponction des urines permet de vider la vessie et donc, de diminuer la douleur.

Deux solutions sont possibles :
♦ La pose d’une sonde urinaire, souple ou à bec rigide, par voie basse (sonde de Foley), en passant par l’urètre donc.
♦ Ou, en cas d’échec, la mise en place d’un cathéter dit « sus- pubien », qui consiste à introduire une petite aiguille dans la vessie, après une anesthésie locale, afin d’évacuer les urines de façon plus rapide et radicale.

Autres causes de rétention

• Traitements (psychotropes, dérivés morphiniques…)
• Intoxication alcoolique aiguë
• Caillot
• Diabète
• Fécalome (matières fécales solidifiées dans le rectum)
• Calcul urinaire
• Après une anesthésie
• Lésion de la moelle épinière
• Rétrécissement du col de la vessie (embouchure de l’urètre)
• Cancer de la vessie ou de la prostate
• Infection urinaire.

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