La luxation rotulienne...

... ou quand la rotule se déboîte
Rubrique

Une mauvaise chute dans les escaliers, un choc direct en sport…
Il n’en faut pas beaucoup plus pour se déboîter la rotule, autrement dit souffrir d’une luxation rotulienne.

Difficile de passer à côté d’une luxation de la rotule, tant la déformation du genou est visible*. Elle survient souvent lorsqu’il existe une malformation préalable de la rotule ou du fémur (dysplasie fémoro-patellaire), qui favorise la sortie de la rotule de son habitacle habituel, le plus souvent vers l’extérieur du genou, la luxation interne étant beaucoup plus rare. 

Rappel anatomique

La rotule est cet os mobile situé devant le genou, au niveau du fémur, qui sert notamment à étendre la jambe et donc le genou. En temps normal, elle est bien stable, fixée en haut sur le bas du quadriceps (muscle antérieur de la cuisse) par le tendon quadricipital et, en bas, sur le tibia par le tendon rotulien. La rotule est donc mobile et coulisse dans une gorge fémorale qu’on appelle trochlée, comme sur un rail. Dans sa forme classique, elle possède sur sa face fémorale deux pans inclinés qui épousent parfaitement la trochlée.

Adolescentes plutôt

D’après une étude suisse, environ 5 personnes sur 100 000 seraient concernées par cette luxation, avec une nette augmentation du risque chez les jeunes filles âgées de 10 à 17 ans, a fortiori en surpoids. Après 30 ans, en revanche, le risque diminue fortement dans les deux sexes. Dans deux tiers des cas, la luxation de la rotule est d’origine sportive. Hormis les causes traumatiques (chutes, choc direct…), elle peut apparaître en cas de déficience musculaire, lorsque le quadriceps s’avère trop faiblement musclé à l’intérieur, la contraction de sa partie externe déportant alors la rotule vers l’extérieur.

Dysplasie

Si la trochlée ou la rotule sont trop planes, comme dans le cas d’une dysplasie fémoro-patellaire, la rotule ne peut rester dans sa gorge et bascule vers l’extérieur (ou plus rarement vers l’intérieur) lors de certains mouvements, en flexion par exemple. Il en est de même si l’insertion des ligaments, quadricipital et rotulien, n’est pas parfaitement verticale, favorisant d’autant un décalage vers l’extérieur ou l’intérieur lors de la flexion du genou.

Diagnostic

Outre la sensation du genou qui semble s’être déboîté et de la douleur sourde qui s’ensuit, le diagnostic est essentiellement clinique : le genou paraît déformé sur l’extérieur le plus souvent. La radiographie montre la bascule externe de la rotule. Elle sert également à éliminer une éventuelle fracture et à identifier une dysplasie. Enfin, l’IRM permet de son côté de mettre en évidence des lésions ligamentaires, musculaires ou capsulaires.

Réduction

Le traitement consiste à remettre la rotule dans sa gorge fémorale. C’est la réduction, relativement facile à obtenir par une manœuvre qui consiste à étendre le genou tout en poussant sur le versant externe de la rotule vers l’intérieur du genou. Après réduction, une immobilisation par attelle est recommandée. 6 semaines sont requises pour une récupération satisfaisante.

Chirurgie

La chirurgie devient nécessaire lorsque la rotule ou le fémur sont dysplasiques, pour limiter les risques de récidives (de 15 à 60 % en l’absence de traitement). Lorsque la luxation est d’origine musculaire, la rééducation du quadriceps par renforcement du versant musculaire interne est essentielle.

*À ne pas confondre avec la très grave luxation du genou, où le tibia et le fémur se disjoignent.

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