En avril, semez, plantez, sans modération, c’est le moment !

Les jardiniers le savent, c’est en avril que la saison s’organise, aussi bien pour les récoltes de fruits et de légumes et les cueillettes de fleurs, que pour les travaux et le suivi du jardin.

Pour profiter au mieux du jardin et des produits du jardin, pensez échelonnement des semis et des plantations, utilisez des variétés de précocités différentes, adaptez vos cultures et votre façon de jardiner aux ressources en eau et tenez compte de votre disponibilité.

*

Aérez la terre sur au moins 25-30 cm sans la retourner, affinez la surface pour les semis et plantations ; les mottes constituent des abris pour les limaces, escargots et leurs pontes. Pour les terres lourdes (argileuses) ou envahies (nombreuses indésirables), travaillez une fois la terre, attendez le ressuyage et la levée des adventices, puis reprenez la terre.

Semez ou plantez uniquement lorsque la terre est ressuyée : elle est plus chaude et le risque de pourrissement des graines ou des racines diminue.

⇒ Semez en pleine terre bette, betterave, carotte, cerfeuil, choux rouge et vert, épinard, fève, laitue d’été, navet, persil, pois, radis, roquette, panais, scorsonère, salsifis. Attendez la fin du mois pour le maïs doux.

Installez aussi les plantes à purin et décoction (voir ci-dessous) ; en complément des associations d’espèces, elles protégeront vos cultures.

Pour fabriquer des purins ou des décoctions : ortie, tomate, prêle, sureau, tanaisie (contre pucerons, altises, papillons), absinthe (contre pucerons et chenilles), rue officinale (contre pucerons).

Semez sous abri les légumes d’été et d’automne : aubergine, concombre, courges, courgette, melon, poivron, potiron, tomate et les aromatiques (basilic, coriandre…). 

Repiquez les plants issus des semis du mois précédent après une acclimatation progressive. Pour les nuits fraîches, prévoyez un voile d’hivernage ou un tunnel. 

⇒ Par beau temps, aérez les châssis, les serres et les tunnels. 

Entretenez les allées et désherbez régulièrement les zones non cultivées non couvertes. L’idéal est de les couvrir avec un paillage ou des plantes couvre-sol.

⇒ Prenez l’habitude d’introduire au potager (et ailleurs aussi !) des espèces attractives pour les insectes, toutes les fleurs sont bienvenues pour favoriser une bonne pollinisation (voir ci-dessous). 

Cultivez quelques plantes utiles pour protéger votre jardin 

Pour favoriser la pollinisation : tagète, gaillarde, cosmos, souci, dahlia, hysope, lin, saxifrage, nigelle, lavande, aster…

Pour attirer les parasites et les détourner des plantes à protéger : capucine et fève très attractives pour les pucerons et les coccinelles qui se régalent des pucerons, bourrache très appréciée des chrysopes. 

Pour repousser les parasites :

• limaces et escargots : cerfeuil, bourrache
taupes : ricin, fritillaire, sureau…
• aleurodes : souci, œillet d’Inde, basilic, tanaisie…
• pucerons : lavande, thym, mélisse, sarriette, absinthe, coriandre, ciboulette…   
• nématodes : œillet d’Inde près des racines de tomate
• chenilles, comme la piéride du chou : sauge, bourrache
• vers du framboisier : myosotis
• doryphores : bourrache, basilic, aneth, datura stramoine, lin, raifort, ortie, un paillage de menthe… 

Récoltez les pousses d’ortie pour fabriquer du purin et paillez vos plantations avec les jeunes pousses qui apportent de l’azote : un bel effet coup de fouet au démarrage.

*

Traitez les maladies fongiques avec de l’oxychlorure de cuivre (5 g/L) en préventif dans les situations à risque (présence de maladie l’année précédente). Dans les autres cas, surveillez attentivement vos arbres, renforcez leurs défenses en pulvérisant toutes les 3 semaines une décoction de prêle. Pour les arbres à faible développement, poser une bâche sur le sol sous la ramure limite un peu la quantité de cuivre qui s’infiltre lors des traitements dans le sol. Les principales maladies fongiques du moment : des taches noires sur les feuilles de cognassier et de cerisier (anthracnose), la cloque du pêcher, la tavelure, la moniliose sur les cerisiers, le mildiou sur la vigne…

Favorisez la présence d’insectes auxiliaires pour lutter contre les parasites : installez des bandes fleuries, favorisez l’installation des oiseaux. Dans certains cas, le piégeage est possible, mais comme il est rarement sélectif, veillez à poser les pièges uniquement pendant les périodes de vol des parasites.

Arrosez les plantations de l’automne dès qu’il fait un peu chaud et paillez au pied.

Vérifiez les tuteurs et les palissages.

Limitez la fertilisation azotée qui favorise le feuillage au détriment des fruits.

*

Semez en pleine terre des annuelles rustiques qui fleurissent jusqu’aux gelées : bleuet, chrysanthème des moissons, clarkia, bourrache bleue, œnothère, pied d’alouette…

Semez en climat doux les cosmos, tagètes, zinnias, sauges, en pépinière ou en pleine terre avec une petite couverture pour les soirées fraîches. À 4-5 feuilles, éclaircissez les semis, ou repiquez les plants de pépinière ; puis pincez toutes les plantes pour stimuler la ramification et la floraison. 

Aménagez un coin d’ombre au jardin avec quelques grimpantes : haricot d’Espagne, pois de senteur, volubilis et clématites… 

Divisez les vivaces des murets et de la rocaille, ne renoncez pas aux plantes envahissantes : cultivez-les dans un pot que vous enterrez.

Apportez une pelletée de compost de fumier et arrosez avec du purin de consoude pour stimuler le démarrage des rosiers. 

Taillez après la floraison les camélias, azalées et rhododendrons ; en évitant la fructification, vous préservez le potentiel de floraison pour l’année suivante. Profitez-en pour aérer le sol, ajouter de la terre de bruyère et fertiliser ; et pulvérisez le feuillage avec une décoction de prêle et d’algues.

*

Nettoyez les contenants (jardinières, pots…), pensez à éliminer les pontes d’escargots et d’insectes divers dissimulées sous les rebords. 

Utilisez un nouveau terreau, mélangez-le avec du sable et du compost de fumier avant d’installer vos plantes.

Organisez vos jardinières pour avoir une succession de fleurs d’avril à octobre, soit en changeant régulièrement les plants, soit en utilisant des espèces à floraison longue : le classique géranium, les campanules, les bégonias tubéreux, les diascias, les brachycomes (adaptées au plein soleil), les impatiens (adaptées à la mi-ombre), les bacopas…

Vérifiez et mettez en route le système d’arrosage si vous en avez un ; autrement, c’est peut-être l’occasion de l’envisager.

Découvrez nos livres santé

Plantes sauvages médicinales
Agenda de la sagesse 2022
Stress et sommeil : prescriptions
Recettes d'anniversaire pour poly-allergiques