Le massage Ku Nyé

Une thérapie tibétaine ancestrale

Partie intégrante de la médecine traditionnelle tibétaine, le massage Ku Nyé est une pratique énergétique holistique qui améliore la circulation de l’énergie dans l’organisme et libère les tensions physiques et mentales. C’est aussi un moment de profonde détente qui apporte bien-être et sérénité.

À la croisée des chemins entre la médecine traditionnelle chinoise et l’ayurveda, la médecine tibétaine, ou Sowa Rigpa, est une médecine traditionnelle qui n’a rien à envier à ses voisines. Empreinte de la sagesse du bouddhisme, c’est une médecine très complète et riche qui considère la santé dans sa dimension globale : physique, mentale et émotionnelle. Elle utilise plusieurs outils pour maintenir ou rétablir l’équilibre de l’organisme : l’acupuncture tibétaine, la moxibustion, la pharmacopée à base de plantes (environ 2000 plantes), l’alimentation, l’hygiène de vie… et, celui que vous allez découvrir dans cet article : le massage Ku Nyé. 

Pour nous en dire plus sur cette thérapie, j’ai questionné Véronique Lemée, praticienne en médecine tibétaine.

Rebelle-Santé : Comment en êtes-vous venue à la pratique du massage Ku Nyé ? 

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Véronique Lemée : J’ai découvert la médecine tibétaine et ses thérapies externes par le biais du bouddhisme. Dans le bouddhisme tibétain, il existe un Bouddha de médecine, Sangyé Menla, qui est notamment à l’origine des quatre Tantras de médecine, le Gyu Shi. Ce traité en 4 volumes enseigne le système médical tibétain sous la forme d’un dialogue entre deux sages. 

À cette époque, j’exerçais déjà dans le soin manuel et cette approche holistique de la santé m’a ouvert un nouvel espace de compréhensions et d’applications. J’ai alors suivi un cursus complet en France pendant 5 ans à l’école internationale de médecine tibétaine (1) fondée par le Dr Nida Chenagtsang. J’ai également fait plusieurs voyages à Dharamsala, ville d’exil des Tibétains, où réside le Dalaï Lama et où est installé le Men-Tsee-Khang, l’institut universitaire de référence en médecine tibétaine. J’ai ainsi intégré à ma pratique l’art médical tibétain et ses thérapies externes, dont le Ku Nyé. 

En quoi consiste exactement le massage Ku Nyé ?
Et que signifie le terme "Ku Nyé" ?

Le Ku Nyé est un massage à l’huile chaude, qui comporte plusieurs phases.

Phase 1. "Ku" signifie littéralement "appliquer" ou "oindre" le corps.

Il s’agit d’une application d’huile chaude par frottement en surface (chug pa), suivie de mobilisations articulaires (tsig jor) et d’une application de compresses (srowa) chaudes (des pierres chaudes, par ex.) L’objectif est de réchauffer le corps, en insistant sur les articulations, car elles sont froides par nature. 

Phase 2. "Nye" signifie "assouplir la peau", " tanner".

Cette phase constitue le massage en lui-même. Il comprend un travail sur les muscles (sha), les points (sang) et les canaux énergétiques (tsa). Tous les tissus du corps sont mobilisés afin de libérer les tensions musculaires, fasciales, tendineuses, et de favoriser la circulation énergétique.

Phase 3 : "Chi" signifie "retirer".

Le praticien retire l’huile restante avec une technique choisie en fonction de la constitution de la personne. Cela peut se faire avec de la farine de pois chiche (comme un peeling doux), en retirant l’huile en excès avec un gant humide ou encore par un bain ou une douche. 

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Comment se déroule une séance en pratique ? 

Avant le massage proprement dit, je commence par un entretien avec la personne qui vient me consulter pour connaître ses douleurs physiques, ainsi que son état mental et émotionnel du moment. Cela me permet d’adapter le Ku Nyé en fonction de la demande et des besoins. 

Je réalise également une prise de pouls pour confirmer l’orientation du soin et établir des priorités. 

Par exemple, un pouls plus faible et irrégulier sur l’estomac indique la présence de froid et de Vent. Pendant le massage, je choisirai alors d’appliquer des pierres chaudes sur la zone de l’estomac ou de traiter les points énergétiques liés à l’estomac avec des moxas. 

Le Ku Nyé est un massage à tiroirs : appliquer toutes les techniques à notre disposition serait trop long. Ce qui est passionnant, et ce qui rend ce massage unique, ce sont les nombreuses possibilités de personnaliser le soin pour lui donner une dimension thérapeutique puissante. 

La durée d’une séance de Ku Nyé est variable. Pour traiter l’ensemble du corps, il faut compter 1 heure minimum. Le paramètre temps est important. Je conseille souvent une séance d’1 heure et demie car elle permet d’atteindre un niveau de détente plus profond. C’est une expérience à découvrir. Bien sûr, un massage de 2 heures permet un travail plus complet. 

Le choix du temps de massage se fait souvent en fonction des moyens financiers. Les prix sont variables : ils sont souvent plus élevés dans les grandes villes et plus accessibles en zone rurale. 

Si le budget le permet, je conseillerais la fréquence d’un massage par mois. Cela permet de maintenir l’équilibre global. Les patients qui parviennent à maintenir ce rythme constatent un confort physique et émotionnel très net.

Comment trouver un praticien ?  Y a-t-il une fédération à laquelle s’adresser ?

On peut trouver des praticiens sur le site de Sorig Khang France ou tout simplement en cherchant sur internet. 

(1) Sorig Khang France.

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