Polystyrène, les nanoparticules qui font vieillir notre cerveau

Image montrant des morceaux de polystyrène, illustrant la pollution par nanoparticules pouvant accélérer le vieillissement du cerveau.

Alors que les lobbies du plastique mettent toute leur énergie à faire reculer l’interdiction des ustensiles jetables en plastique, leurs nanoparticules sont partout : dans notre environnement, dans l’air que nous respirons, dans l’eau que nous buvons, dans les aliments que nous ingérons, dans notre sang, notre cerveau, et même le placenta et le lait maternel… Des études commencent à dénoncer leur rôle dans certaines pathologies, entretenant l’inflammation chronique dans l’organisme qui conduit, entre autres, vers les maladies cardio-vasculaires.

Une équipe de l’Institut des Neurosciences de Montpellier a étudié plus particulièrement les effets des nanoparticules de polystyrène, qui entrent dans la composition de nombreux objets en plastique de la vie courante. Les chercheurs en ont ajouté à l’eau de boisson de souris femelles pour atteindre un niveau d’exposition équivalent à celui retrouvé chez l’être humain (10 μg/kg de poids corporel et par jour), avant et pendant leur gestation, puis durant toute la vie de leur descendance.

Comparés à des animaux témoins, les rongeurs exposés ont présenté plus de difficultés d’apprentissage et davantage de comportements à risque, se rapprochant ainsi de souris ayant un trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH). Par ailleurs, chez les animaux plus âgés, les scientifiques ont constaté un vieillissement cérébral précoce et un risque plus important d‘épilepsie. « La présence de ces nanoparticules dans le cerveau pourrait altérer les neurones et les transmissions d’information d’une cellule nerveuse à l’autre, ou encore modifier des voies métaboliques, induisant des anomalies fonctionnelles et un vieillissement prématuré », suggère Véronique Perrier qui a dirigé ces travaux.

Même s’il ne s’agit pour l’instant que d’étude sur les souris, le principe de précaution voudrait que l’on réduise les expositions aux plastiques, non seulement des futures mères et des nourrissons, mais aussi de toute la population, et tout au long de la vie.

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