Rebelle-Santé n° 289

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Caractéristiques

Dimensions: 28 × 20 × 0,6 cm SKU: N/A Rubrique

Le temps des champignons…

L’automne arrive, c’est la saison des champignons, et pour cette rentrée, nous mettons à l’honneur les champignons hallucinogènes. Oui, vous avez bien lu ! Ils renferment de la psilocybine, une molécule qui pourrait s’avérer précieuse à l’heure où la dégradation de la santé mentale est devenue un enjeu majeur pour la société.

Les études sur l’efficacité des substances psychédéliques sont formelles, et la psychiatre Caroline Depuydt – qu’Aurore a interviewée pour nous – réclame de libérer rapidement leur usage à des fins thérapeutiques. Ne pas le faire reviendrait, pour elle, à de la « non-assistance à personne en danger ». Or, la psilocybine est considérée comme un stupéfiant dans de très nombreux pays (en France, depuis 1990). Ce classement, issu des politiques anti-drogues, a longtemps bloqué toute recherche et maintient un a priori défavorable, pourtant sans fondement dans le cadre d’un usage médical. Autre obstacle : la psilocybine est une molécule naturelle non brevetable en tant que telle. Les laboratoires pharmaceutiques ont donc peu d’intérêt à investir dans des essais cliniques dont les résultats pourront être exploités par d’autres qu’eux-mêmes. Et puis, comme le souligne le Dr Depuydt, les psychédéliques agissent en une à trois prises alors qu’un traitement aux antidépresseurs dure des mois (voire des années). Ce n’est donc pas très rentable…

Malgré tout, la recherche avance et, en Australie ou dans certains États américains, ces substances sont déjà utilisées – sous strict contrôle médical – en cas de dépression majeure. En France, des essais sont en cours à l’hôpital Sainte-Anne à Paris, et au CHU de Nîmes, sous l’égide du Pr Amandine Luquiens. Ils ont permis de mettre au point un protocole, actuellement déployé dans 8 CHU, qui exploite les effets de la psilocybine sur l’alcoolodépendance avec symptômes dépressifs. Les premiers résultats montrent une réduction significative des symptômes en 24 heures. De plus, chez 30 à 40 % des patients jusqu’alors en échec thérapeutique sévère, les effets antidépresseurs se maintiennent encore trois mois après une seule prise. En outre, la prise de psilocybine dans un cadre hospitalier sécurisé est parfaitement tolérée et n’entraîne ni accoutumance physique ni phénomène d’addiction.

Rappelons qu’en France, la proportion d’adultes touchés par la dépression a bondi ces dernières années (plus de 20 % des 18-24 ans en sont atteints). Souhaitons donc que les essais débouchent rapidement sur un usage encadré de ces psychédéliques aux résultats sans pareil. Et en attendant leur prescription possible, profitons des belles lumières d’automne pour aller respirer le bon air antidépresseur de la forêt et partir à la cueillette aux champignons !

Bonne lecture et bel automne.

Sophie Lacoste

Informations complémentaires

Poids0,163 kg
Dimensions28 × 20 × 0,6 cm

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