Dr Danièle Ranoux : « Les fascias, les connaître pour mieux les soigner »

fascias

Alors que le monde scientifique commence petit à petit à s’intéresser véritablement aux fascias, le Dr Danièle Ranoux les a étudiés pour proposer le premier livre médical sur le sujet. Elle nous explique pourquoi ils sont si importants et pourraient être la cause de beaucoup de nos douleurs chroniques.

Rebelle-Santé : Que sont les fascias ?

Danièle Ranoux : On appelle fascias le tissu qui entoure nos muscles, qui les pénètre et les relie les uns aux autres et cela de manière continue, d’un bout à l’autre de notre organisme.

À quoi servent-ils ?

Ils assurent la continuité de l’organisme, en accompagnant les contractions et les décontractions de nos muscles de manière active.

Dans quels cas peut-on parler de maladie des fascias ?

La maladie des fascias s’appelle le syndrome de douleur myofasciale ou syndrome myofascial. C’est une anomalie de tension des fascias, de manière localisée ou plus large. Lorsque cette tension est anormale, cela engendre souvent des symptômes douloureux, des problèmes moteurs, etc. On souffre alors d’une maladie chronique, mais qui n’est pas reconnue comme telle et qu’on ne peut pas vraiment déceler avec nos outils d’examen actuels comme les radiographies ou les IRM.

Quelles peuvent être les causes de ces anomalies ?

Elles se produisent lorsqu’on fait une mauvaise utilisation d’un muscle : soit parce qu’on l’utilise trop – par exemple en portant des charges trop lourdes –, soit parce qu’on ne l’utilise pas assez. Cela peut aussi venir d’un traumatisme quelconque que notre corps a vécu.

Comment peut-on savoir que nos douleurs viennent des fascias ?

C’est assez complexe. Pour commencer, on réalise des examens complémentaires afin d’éliminer les causes « classiques » : par exemple, si le patient a quelque chose qui ressemble à une sciatique, mais que son IRM est normale, on sait qu’elle n’est pas due à une hernie discale. On peut donc investiguer du côté des fascias, qui eux ne peuvent pas se voir lors d’une radio ou d’une IRM. Le diagnostic doit alors se faire en associant le contexte et les symptômes. Toutefois, j’ai bon espoir que les moyens mis à notre disposition évoluent : il y a trente ans, on n’avait aussi que les symptômes pour diagnostiquer la maladie de Parkinson et, aujourd’hui, on est capable de faire une scintigraphie cérébrale ! Tout arrive petit à petit.

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