Et si c'était une appendicite ?

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Une douleur dans le ventre en bas à droite ? Il n’en faut pas beaucoup plus pour suspecter une appendicite, une pathologie très fréquente puisque, chaque année, les chirurgiens retirent plus de 300 000 appendices pour cause d’appendicite aiguë.

L ‘appendice est un petit diverticule creux en forme de doigt de gant de 5 à 6 cm appendu au cæcum, cette portion de l’intestin qui s’intercale entre l’intestin grêle et le côlon droit. L’appendice piège les matières fécales dans son fond, d’où un risque de stagnation, d’irritation et d’inflammation de la paroi responsables de l’appendicite. En l’absence de traitement, gare à la péritonite : en effet, l’appendice, gonflé de pus, peut se perforer à tout moment et libérer son contenu dans l’abdomen pour provoquer un choc septique potentiellement mortel.

DOULEUR, MAIS PAS SEULEMENT

Classiquement, l’appendicite se manifeste par une douleur vive et brutale dans la fosse iliaque droite, au point dit de « Mac Burney » qui se situe sur le tiers inférieur de la ligne fictive qui rejoint le nombril à la crête iliaque. Spontanée, la douleur peut être réveillée par la palpation qui génère une petite contracture réflexe des muscles de l’abdomen que les médecins appellent « défense ». L’appendicite s’accompagne également d’une petite fièvre aux alentours de 38-38,5 °C, de vomissements et de nausées ainsi que d’une constipation.

UN DIAGNOSTIC DIFFICILE

Dans 15 à 40 % des cas, l’appendice semble sain lors de l’intervention, surtout chez l’enfant et l’adolescent chez qui le diagnostic d’appendicite est trop souvent porté devant une douleur abdominale. En fait, un appendice même sain est systématiquement retiré dans le doute et dans un souci de prévention. Pour compliquer le diagnostic, il existe une autre pathologie qui peut simuler une appendicite : l’adénolymphite aiguë, autrement dit l’inflammation des ganglions normalement présents autour du tube digestif, en particulier autour de l’appendice. Cette pathologie explique souvent le nombre d’interventions chirurgicales sur des appendices sains.

GLOBULES BLANCS

En l’absence d’un examen complémentaire spécifique de la pathologie, et devant la difficulté pour interpréter les images échographiques, le praticien s’appuie souvent sur le comptage des globules blancs dans le sang (une simple prise de sang suffit) à la recherche d’une « hyperleucocytose », autrement dit d’une augmentation des globules blancs qui montre l’infection de l’appendice. Ce n’est que lorsque sa conviction est faite qu’il peut décider l’intervention chirurgicale, par cœlioscopie ou par incision traditionnelle *.

Quand la pollution s’en mêle...

Et si la pollution augmentait le risque d’appendicite ? C’est ce que suggèrent des médecins canadiens qui ont étudié les circonstances d’apparition de 45 000 appendicites constatées en 7 ans. Selon eux, des pics d’ozone qui se prolongent pendant 5 jours augmentent le risque de survenue d’une inflammation de l’appendice. Avec l’ozone, seraient aussi en cause les dioxydes d’azote et de soufre contenus dans les gaz d’échappement ainsi que les particules fines.

PIÈGES DIAGNOSTIQUES

D’autres pathologies peuvent simuler une appendicite aiguë :
> Infection de la vésicule biliaire (cholécystite aiguë)
> Inflammation d’une trompe utérine (salpingite)
> Infection de la vessie (cystite)
> Torsion d’un kyste ovarien
> Inflammation du diverticule de Meckel, un autre petit appendice appendu sous l’intestin grêle
> Dysfonctionnement vertébral entre la 12e vertèbre dorsale et la 1ère vertèbre lombaire

* Selon certaines études, la prise d’antibiotiques permettrait d’éviter l’intervention dans certains cas.

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