Kaydara : l'autonomie par les semences

Rubrique

Dans cette ferme-école de l’ouest sénégalais, on apprend les techniques d’agroécologie pour se libérer du fléau de l’agrochimie. Au cœur de la question de l’autonomie alimentaire se trouve la production de la semence, qu’il vaut mieux savoir maîtriser. Le Mouvement Femmes Semencières a réalisé sa première action de formation à Kaydara et créé au Sénégal un premier groupe de femmes participant à ce réseau mondial.

Si, en Europe, et particulièrement en France, l’agriculture est dominée par l’industrie de la chimie autant qu’elle est envahie par des graines standardisées et non reproductibles, on pouvait penser que, dans certains pays du Sud, il en était autrement.
Erreur ! Dans ces pays, on cultive donc majoritairement selon les règles de l’agrochimie avec des graines hybrides non reproductibles vendues par les entreprises semencières multinationales.

Résister avec l’agroécologie

Comme en France, il y a quelques îlots de résistance où l’agroécologie est défendue par des pionniers, convaincus qu’il est possible de faire renaître une agriculture respectueuse de la terre et du vivant, sans chimie.
A l’intérieur de la ferme de Kaydara, on trouve les potagères, notamment des tomates, aubergines, piments, oignons, mais aussi de la pastèque, quelques variétés de courges locales et même des fraises, pour ne donner qu’un faible aperçu de la production locale.

Former et informer

Ici, plusieurs générations apprennent les fondamentaux de l’agriculture potagère naturelle. Les classes de collégiens viennent découvrir les bases de la culture des cocotiers tandis que des formations plus complètes sont dispensées à de jeunes paysans de la région ayant la capacité de créer leur lieu de vie.

Pas d’autonomie sans les semences

Mais, pour aller jusqu’au bout de l’autonomie, il faut maîtriser la semence. C’est ce qu’a compris très vite le créateur de ce lieu : Gora N’Diaye. Gora ne cesse de le rappeler à ses élèves : « Si vous vous laissez envahir par les OGM, vous avez la corde au cou pour de bon ! ». La parade consiste à reproduire ses propres semences pour s’affranchir des marchands.

Programme Femmes Semencières

La solution est venue d’une opération commune avec une association d’agriculteurs biologiques de la région et le réseau Femmes Semencières.
Le formateur Didier Meunier, spécialisé sur la question de la semence, est venu animer deux sessions de formations pour les élèves de Kaydara. Dans ses bagages, il avait apporté des semences reproductibles, offertes par l’association Kokopelli. Car, sur place, il est de plus en plus difficile de trouver ces « semences population », reproduites dans quelques fermes ou entretenues par une poignée d’anciens.
La formation a permis de faire tomber quelques mythes, comme celui qui consiste à croire qu’il est nécessaire d’être dans une firme semencière pour produire des semences.

Premier groupe de femmes

Point de satisfaction ultime : un groupe de Femmes Semencières a été créé durant le stage de production de semences maraîchères à la ferme-école, en même temps que se créait le Mouvement des Femmes Semencières en Haïti. Elles vont partager les connaissances, reproduire et échanger les semences, et déjà des femmes du Burkina, du Mali, de la Guinée, s’intéressent à ce groupe. Bref, le mouvement est lancé.

Si vous souhaitez accéder aux articles en version intégrale, souscrivez à la version abonné de notre site.

Déjà abonné(e) ?

Sélection de livres disponibles dans notre boutique

Diététique de l'expérience
Mon cahier de remèdes et recettes au Miel
Grossesse et allaitement sans soucis
Mon cahier des points qui guérissent