La périostite tibiale

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Des jambes arquées, des pieds creux, une pratique de la randonnée ou de la course à pied…. tous les éléments sont réunis pour favoriser la survenue d'une périostite tibiale, une sorte d'inflammation de la surface du tibia qui se traduit par une douleur persistante sur le devant de la jambe.

Gros plan sur le périoste

Chaque os long est pourvu d'un périoste, sorte de membrane conjonctive fine, de couleur blanche nacrée, qui recouvre l'os au niveau de la partie moyenne de l'os appelée "diaphyse". Cette membrane est riche en vaisseaux sanguins qui pénètrent ensuite dans l'os. Sur le périoste s'insèrent des muscles, des tendons et des ligaments par des points d'insertion et d'ancrage solides. Ce qui explique que le périoste peut souffrir lorsque les muscles tractent ou tirent en permanence sur leurs insertions périostées. De tous les os longs, le tibia est le plus fréquemment touché.

Mât tibial

D'un point de vue mécanique, le tibia est une poutre composite, haubanée et mise sous tension du fait des contractions des muscles postérieurs de la jambe qui s'y insèrent et qui rassemblent le fléchisseur commun des orteils, le soléaire, le fléchisseur profond du gros orteil et surtout le jambier postérieur. Le tibia se comporte donc un peu comme le mât d'un bateau fixé sur la coque par les haubans.
Ces muscles stabilisent le pied au moment de la prise de contact au sol. Puis, en se contractant, ils tirent le haut du tibia de façon automatique vers le bas alors que la partie inférieure du tibia, elle, est bien maintenue via la cheville et le pied. C'est un peu comme si le haut du mât tibial ployait sous la traction d'un hauban musculaire trop tendu alors que le pied de mât constitué par le pied reste fixe. À chaque impact du pied sur le sol, le tibia est mis en tension, d'autant que, de façon normale et automatique, le squelette jambier a tendance à tourner vers l'intérieur à la marche et encore plus en course à pied.

Inflammation périostée?

Les périostites gardent une part de mystère quant à leur origine physiopathologique exacte et ce, même pour les médecins du sport. Certains pensent que les muscles qui tractent le périoste déclenchent une inflammation. D'autres considèrent au contraire qu'il n'y a pas d'inflammation! Et comme on n'ouvre jamais pour aller y voir de plus près…

Morphologies à risque

Tout ce qui tend à exagérer les contraintes sur le tibia le met en surcharge. Le morphotype classique du randonneur ou du coureur à pied "candidat" à la périostite est souvent le même.

L'association de plusieurs des caractéristiques suivantes est à risque :
- Une hanche en rotation externe permanente, qui surcharge le squelette jambier lors de la prise d'impact.
- Des jambes arquées dites "jambes de jockey".
- Des genoux inclinés vers l'extérieur (genu varum) ou rentrant (genu valgum).
- Des pieds plats avec l'arrière-pied en valgus (talon en dedans).
- Une hyperpronation. Lors de la marche, le déroulé de la course s'effectue à l'intérieur, étirant le muscle jambier postérieur, ce qui a pour effet d'augmenter la courbure du tibia.
- Des pieds creux ou vrillés avec les talons inclinés vers l'extérieur (talons en varus).

Des douleurs sur le tibia…

Le diagnostic de périostite repose sur l’examen clinique. La douleur, qui peut être bilatérale, siège généralement sur le versant interne de la jambe, plutôt en bas. La douleur n'apparaît qu'en course ou à la marche prolongée et jamais au repos. Il devient difficile de pratiquer son activité sportive favorite. La douleur peut devenir très invalidante et gêner non seulement la marche normale, mais aussi les descentes d'escaliers par exemple.

… et une rougeur parfois

Devant cette zone douloureuse située le long du bord intérieur de la jambe, on retrouve parfois une tuméfaction de forme oblongue, d'une hauteur de 5 cm environ, rouge et luisante parfois. Attention, d'autres pathologies peuvent ressembler à une périostite, comme la tendinite du jambier antérieur, le "syndrome des loges", l'algodystrophie, les tumeurs osseuses et, bien entendu, la fameuse fracture de fatigue.

La radiographie est inutile

Dans la périostite comme dans la fracture de fatigue, la radiographie est normale. La seule utilité des examens complémentaires est d'éliminer les autres causes possibles de douleurs de jambe, dont la fracture de fatigue du tibia qui survient souvent avec le même morphotype jambier, et les pathologies graves comme le cancer des os par exemple. Parfois, et dans les formes anciennes, la radiographie montre une petite opacité devant la zone douloureuse. C'est un signe de surcharge. La scintigraphie, le plus souvent normale, montre parfois une fixation diffuse, bien différente de la fixation ponctuelle et perpendiculaire à la trame osseuse observée lors d'une fracture de fatigue.

Le repos comme traitement

Comme dans toutes les pathologies de surcharge, la périostite nécessite un repos sportif d’au moins un mois, et jusqu'à 2 mois dans les formes tenaces. Continuer à s'évertuer à marcher ou courir malgré la douleur expose à la survenue d'une authentique fracture de fatigue, pas tellement du fait de la périostite, mais parce qu'il y a une surcharge également sur l'os! Localement, on peut appliquer des pommades anti-inflammatoires et de la glace plusieurs fois par jour. Le port de cannes anglaises n'est pas nécessaire.

Rééducation et kinésithérapie

La rééducation et la kinésithérapie sont importantes. La rééducation consiste en des étirements progressifs du jambier postérieur afin de soulager le tibia en diminuant les contraintes. On peut aussi poser une contention collée type strapping dans le même but et associer les ultrasons, les ionisations et les massages profonds.

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