Le jardinage pour thérapie

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Bêchons, ratissons, désherbons, c’est bon pour la santé ! Cela s’appelle l’hortithérapie… Tous les passionnés de jardin vous le diront : leur hobby leur permet de décompresser, de se remettre à la terre. À Clermont-Ferrand, un atelier de jardinage permet à des personnes fragiles de retrouver un certain équilibre.

C’est un véritable îlot de verdure, à la limite de la banlieue chic de Chamalières. Des jardins entourés d’immeubles et amoureusement entretenus par la petite équipe de volontaires, tous patients de l’hôpital de jour des Gravouses.
Les patients, ce sont Gérard, William, Fernando, Georges et Isabelle. Ils sont jeunes, mais leur vie est plutôt compliquée ; ils souffrent de pathologies psychotiques – repli sur soi, désocialisation, paranoïa, etc. Ils viennent aux Gravouses – lorsque le temps le permet ! – et semblent heureux de retrouver la terre qu’ils binent, arrosent ou sèment selon l’époque de l’année.

BIENFAITS ÉVIDENTS
Les bienfaits de cet atelier sont très variés. L’hortithérapie est reconnue pour améliorer l’état physique et psychique des patients. Cette méthode pratiquée au Japon, aux États-Unis et au Canada en est à ses balbutiements dans notre pays. Pourtant, bien des initiatives sont menées avec succès auprès de patients tels que ceux des Gravouses, d’enfants autistes ou de personnes âgées résidant en maisons de retraite.

Cette activité si simple permet de reprendre confiance en soi, de se montrer utile, de se sentir vivant par le fait de semer une graine, de l’arroser et de la soigner.
Mine de rien, un jardin thérapeutique favorise la marche, améliore l’équilibre, stimule l’appétit, les systèmes cardiaques et circulatoires et contribue à retrouver un meilleur sommeil ; il aide également à la socialisation grâce à un travail commun qui permet d’échanger et de discuter ; il augmente la coordination par les mouvements requis pour effectuer certains travaux.

CADRES VÉGÉTAUX
Une autre initiative prouve les côtés positifs de la relation au végétal : un Établissement d’Aide par le Travail propose depuis quelques années des cadres et murs végétaux : « On ne s’est pas posé 36 questions, admet Gérard Klein, le directeur. Une fois l’idée émise par l’un des moniteurs qui connaissait le travail de Patrick Blanc*, nous nous sommes lancés dans ce projet. L’option terre a vite été écartée pour lui préférer la sphaigne du Chili, une mousse nutritive qui peut absorber jusqu’à 20 fois son poids en eau. Et voilà de quoi planter les chlorophytums, dracaneas  et autres plantes dépolluantes dans un joli cadre… »

La quinzaine de personnes qui s’investit dans ce travail à la fois horticole et décoratif  en retire une fierté non dissimulée. L’aspect créatif de ces cadres, dont beaucoup sont vendus à Noël, est fort enrichissant pour ces cabossés de la vie qui rêvent déjà à leurs futures réalisations… des cadres à légumes ?!!

* Patrick Blanc, chercheur au CNRS, est le précurseur de ces murs très en vogue ; il en fabrique un peu partout dans le monde, métamorphosant les murs en béton en refuges de biodiversité.

À LIRE :
Toucher la terre - Jardiner avec ceux qui souffrent, d’Anne Ribes (Éditions Médicis).
La thérapie par l’horticulture en France et à l’étranger, de Suzanne Ménézo (Imprimerie Castera).
Hortithérapie : spécificité d’une pratique et intérêt thérapeutique pour la personne âgée, ouvrage collectif aux éditions Harmattan 2004.

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