Le nystagmus

Le nystagmus est une pathologie liée à un dysfonctionnement neurologique.

Pruitt Taylor Vince… ce nom ne vous dit probablement rien. Il s’agit pourtant d’un célèbre acteur de second rôle de séries américaines (X Files, Dr House, Le Mentaliste, Medium…) dont les yeux ne vous ont sûrement pas laissé indifférent, tant leurs mouvements de va-et-vient horizontaux incessants et saccadés sont spectaculaires, empêchant le téléspectateur de fixer son regard. C’est le nystagmus, une pathologie complexe et involontaire qui n’est pas du ressort de l’ophtalmologiste, mais du neurologue. Symptôme parfois d’une autre maladie, ou maladie congénitale lorsqu’il apparaît à la naissance, le nystagmus constitue dans tous les cas un handicap visuel important qui peut entraver la scolarité, la conduite automobile et l’activité sportive et/ou professionnelle.

Muscles oculaires

Difficile de parler du nystagmus sans aborder les mécanismes qui régissent la mobilité oculaire. En effet, les globes oculaires sont mus chacun par 6 muscles (voir encadré) qui leur permettent d’effectuer toutes sortes de mouvements oculaires coordonnés. Et, pour les innerver, chaque œil est pourvu de trois nerfs « oculomoteurs ». Un système qui permet des mouvements dans toutes les directions de façon cohérente, avec une certaine indépendance des yeux (le strabisme volontaire est facile). C’est l’activité excessive de l’un ou l’autre de ces muscles qui détermine l’existence du nystagmus. Par convention, on parle de nystagmus du côté droit, ou gauche, selon que le mouvement le plus rapide se fait à droite ou à gauche.

LES SIX MUSCLES DE L’ŒIL
– Muscle grand oblique
– Muscle petit oblique
– Muscle droit supérieur
– Muscle droit inférieur
– Muscle droit interne
– Muscle droit externe

Horizontal le plus souvent, mais pas toujours

Le nystagmus, autrement dit ce mouvement involontaire et conjugué des globes oculaires, saccadé et en rythme, n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît du point de vue physiologique. Le nystagmus peut être :

  • horizontal (les yeux vont de droite à gauche et vice versa)
  • vertical (en haut et en bas)
  • rotatoire (mouvement circulaire)
  • horizontal et rotatoire de façon combinée
  • pendulaire, c’est-à-dire comportant des mouvements réguliers ayant la même vitesse à l’aller comme au retour
  • à ressort, c’est-à-dire quand l’aller ou le retour se fait en une saccade de « rappel » plus rapide que l’autre.

Pathologique ?

Il est important d’en définir la nature exacte, car, selon son type, il est possible d’en suspecter l’origine et de permettre la mise en route du traitement.

  • Un nystagmus horizontal et rotatoire oriente plutôt vers une origine vertigineuse.
  • Un nystagmus à ressort est plutôt le fait d’un problème vestibulaire, au niveau de l’oreille interne donc.
  • Un nystagmus pendulaire peut traduire l’existence d’une sclérose en plaques.

Ou normal ?

Mais le nystagmus n’est pas toujours pathologique. Il peut être provoqué par certaines stimulations physiologiques comme lors d’une stimulation calorique qui consiste à instiller un liquide chaud dans le conduit auditif, par des mouvements brutaux de rotation de la tête ou par des mouvements répétitifs avec un défilement des images (nystagmus dit du « chemin de fer »). Enfin, signalons qu’on observe un nystagmus normal pendant le sommeil, yeux fermés. Et quand il est intense pendant la nuit, ce nystagmus se traduit parfois au réveil par des douleurs derrière les globes oculaires.

La forme congénitale

Présent dès la naissance ou lors de la petite enfance, ce nystagmus congénital, pendulaire ou à ressort, est plutôt horizontal et apparaît dans toutes les positions du regard ou dans le regard latéral. Il affecterait environ 1 enfant sur

1 500. Il peut être secondaire à une pathologie oculaire pure ou à une pathologie cérébrale (toxoplasmose, hydrocéphalie…) ou apparaître sans raison apparente. Cette forme de nystagmus, qui peut diminuer en grandissant, s’aggrave lors de la fatigue, des efforts de lecture ou lors des émotions. Enfin, l’enfant apprend vite à « contrer » le nystagmus en tournant la tête au risque de souffrir alors de maux de cou ou d’un torticolis.

Traitement

Le traitement dépend bien entendu de la suppression de la cause du nystagmus. Le diagnostic de la pathologie responsable nécessite la pratique d’une IRM et un enregistrement par électronystagmographie qui consiste à enregistrer les mouvements des yeux à l’aide d’électrodes réparties autour des globes oculaires. Lorsqu’il est congénital, le nystagmus nécessite le port de verres correcteurs, voire une intervention chirurgicale.

AUTRES CAUSES

Certaines pathologies donnent des équivalents de nystagmus :
– Intoxication au DDT.
– Abus d’alcool.
– Prise de médicament anticonvulsivants ou de barbituriques.
– Prise d’ecstasy.
– Tumeur cérébrale (neuroblastome).
– Méningite et encéphalite.
– AVC.
– Atteintes du cervelet (tumeurs, inflammations, saignements…) ou du tronc cérébral.

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