Mon enfant parle mal...

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C’est parfois lors de la rentrée scolaire que sont dépistés les troubles du langage chez l’enfant. La prise en charge doit être rapide car ils peuvent avoir des conséquences importantes lors de la scolarité comme à l’âge adulte.

Un enfant par classe environ souffre d’un trouble du langage, sévèrement pour 25 % d’entre eux. On parle alors de dysphasie. Le repérage précoce permet d’éviter bien des problèmes pendant l’enfance comme à l’âge adulte (mauvaise insertion professionnelle ou sociale). Quand il ne s’agit pas des parents, ce repérage est souvent effectué à la crèche, chez la nounou ou à l’entrée en maternelle ou au primaire. Selon les cas, une consultation d’orthophonie prescrite par le médecin traitant peut être nécessaire, suivie le cas échéant par une prise en charge en rééducation orthophonique.

Un risque élevé d'échec scolaire

Faute d’une prise en charge précoce et adaptée, un trouble du langage peut compromettre l’avenir de l’enfant, avec l’échec scolaire en ligne de mire, sans parler de l’isolement et de la marginalisation d’un enfant qui désire pourtant communiquer avec les autres. Une dysphasie peut également entraîner la perte de l’estime de soi, la passivité, l’agressivité ou l’hyperactivité.

Quelques repères simples

Difficile d’apprécier la réalité et l’intensité d’un trouble du langage sans aborder le développement normal du langage chez l’enfant. Schématiquement :
• Le babillage commence vers l’âge de 6 à 8 mois avec l’émission de sons basiques (« ba »).
• L’enfant réagit à son prénom vers l’âge d’un an, et commence à prononcer quelques syllabes simples.
• Vers 1 an et demi, il est capable de dire « non » et quelques autres mots simples et courts.
• Vers 2 ans, l’enfant peut déjà prononcer quelques séquences de mots, des phrases plus élaborées et poser des questions.
• À 3 ans, l’enfant dit « je ».
• Le langage devient plus complexe entre 3 et 6 ans.

Du simple retard…

En pratique, on parle de retard simple de langage lorsque l’enfant n’arrive pas à s’exprimer verbalement, ou mal, alors que son âge devrait le lui permettre : premier mot après 2 ans au lieu de 18 à 24 mois, le « je » exprimé à 4 ans au lieu de 3 ans, vocabulaire pauvre, simplification des phrases et de la syntaxe. Autant de troubles qui, s’ils persistent après l’âge de 5 ans, doivent déboucher sur une consultation d’orthophonie, au risque sinon de compromettre
l’acquisition de l’étape suivante essentielle, à savoir la lecture.

… aux troubles du langage…

Dépister un trouble du langage est assez simple. L’enfant a du mal à exprimer correctement les sons élémentaires et peut zozoter (le sat est zoli = le chat est joli). Un bégaiement est possible. On observe parfois un retard de parole avec des substitutions de consonnes (train = crain), une simplification des mots (ouatu = voiture), des difficultés à prononcer les syllabes correctement.

… jusqu'à la dysphasie avérée

La frontière entre le simple retard du langage et la dysphasie est mince avant l’âge de 6 ans. Signalons que l’intelligence de l’enfant est normale. En pratique, la dysphasie correspond à un déficit sévère du langage oral, très souvent inintelligible, touchant l’expression et parfois la compréhension et qui persiste après l’âge de 6 ans. Elle associe tous les troubles précédents, compromettant sérieusement la communication verbale. Le langage, difficilement compréhensible, est tardif et l’enfant, qui manque de vocabulaire, ne manipule pas suffisamment bien les mots, leur prononciation ou la syntaxe. À ce stade, le recours précoce à l’orthophonie est primordial.

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