Patrice de Bonneval, herboriste

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Il n’en reste plus que trois en France. Trois irréductibles qui défendent leur métier avec passion. À Lyon, j’ai rencontré l’un d’eux, Patrice de Bonneval, herboriste et fondateur de l’École lyonnaise des plantes médicinales & savoirs naturels. Une figure à la tête d’une bonne équipe !

C’est un peu David contre Goliath : il a fallu à Patrice de Bonneval une bonne dose de courage et de ténacité pour sauvegarder son officine et son beau métier. Mais, de ses batailles, il ne parlera point ou si peu. En revanche, l’homme est intarissable sur les bienfaits des plantes ! Et pour cause, son herboristerie, avec celle de Pierre et Gilles Corjon à Grenoble et du Palais Royal à Paris, sont les seules rescapées du pays puisque, officiellement, les herboristeries n’existent plus depuis 1940…
De nos jours, seuls les pharmaciens ont le monopole de la vente des plantes médicinales.

EAU DE SAINTE-RITA ET BAUMES
La star de l’herboristerie, c’est l’Eau de Sainte-Rita, « un produit venu du Moyen-Age, dont l’originalité est son action sur les glandes endocrines, ainsi que sur les 5 organes (poumons, coeur, rate/pancréas, foie et reins) » explique le pharmacien, avouant avoir dû « embêter un peu M. Verger, magnétiseur à Vincennes, pour obtenir la formule de ce véritable élixir holistique. »
Sur l’étagère d’à côté, ce sont des baumes « maison » qui tiennent la vedette : celui de la paix contenant du camphre, du menthol, de la cire d’abeilles et diverses huiles essentielles ; et celui des moines à appliquer sur les brûlures et autres problèmes cutanés. Les granules de marjolaine, quant à eux, recommandés en cas de stress ou de sommeil perturbé, ont du succès aussi.

HERBALISTE
Herbaliste ? Kesako ? « Cela veut dire… herboriste en anglais ! lance Céline Ussel qui exerce à mi-temps après avoir suivi le cursus de 3 ans à l’École des plantes. Je voulais être préparatrice en pharmacie, mais un grave accident m’a obligée à déposer ma blouse blanche. »
Les plantes du magasin viennent de la Drôme, d’Auvergne et de petits cueilleurs disséminés dans le pays ; d’autres, plus exotiques, comme le santal, l’hibiscus ou le gingembre, sont importées. L’herboristerie est également spécialisée dans les mélanges d’huiles essentielles.

Patrice de Bonneval se désole que la botanique ne soit presque plus enseignée en fac : « De nos jours, les futurs pharmaciens apprennent à reconnaître 30 ou 40 plantes tout au plus, regrette-t-il. La phytothérapie n’est pas vraiment prise au sérieux. »

AUTONOMIE & RESSENTI
Mais, le véritable but de Patrice de Bonneval, c’est « que les gens redeviennent autonomes et amoureux de la terre. Qu’ils aient un peu de sauge, de menthe, de thym et quelques orties dans leur jardin pour faire leurs tisanes ! Il y a, il est vrai, une forte demande de produits naturels, mais nombre de petits maux peuvent aisément être soulagés grâce à quelques plantes. »

À LIRE
Patrice de Bonneval est l’auteur de plusieurs ouvrages :
- L’herboristerie, manuel pratique de la santé par les plantes. Éditions Desiris, 29,50 €
- Faites vos cosmétiques et shampooings bio et naturels. Utovie, 6 €
- La cuisine des épices, co-écrit avec S.D. Baugier. Éditions du Fayet, 20 €

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