Quel bilan avant un voyage en avion ?

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Vols low cost et destinations lointaines obligent, les vacanciers prennent de plus en plus souvent l’avion pour leurs congés d’été. Mais voyager en avion ne s’improvise pas. Quelques précautions s’imposent.

Le trafic aérien ne cesse de croître, avec une augmentation de 7 % du nombre de passagers en 2017. Parmi eux, des voyageurs atteints d’une ou plusieurs maladies chroniques vont passer plusieurs heures en étant soumis aux contingences du vol. Le voyage peut devenir dangereux, a fortiori pour les longues destinations. Consulter son médecin est donc indispensable en cas de maladie chronique ou après 60 ans. Le bilan du voyageur comporte surtout le dépistage des contre- indications.

Risque de phlébite

Et en premier lieu, il faut vérifier s’il n’existe pas une prédisposition aux phlébites ou aux jambes lourdes. Car voyager de longues heures assis expose à un risque accru de « maladie thromboembolique du voyageur » ou « syndrome de la classe économique ». En réalité, cette thrombose qui touche plutôt les femmes concerne toutes les classes de voyage. D’après une étude néozélandaise, le risque de thrombose concernerait 1 % des passagers. Rappelons que la thrombose correspond à une obstruction d’une veine du mollet par un caillot avec un risque d’embolie pulmonaire (EP). En effet, la position assise prolongée aboutit à une compression du creux poplité (arrière du genou) dans lequel cheminent les artères et les veines, sans parler de la chaleur, de la déshydratation due à la climatisation et de la baisse de la pression de l’oxygène responsable d’une augmentation de la viscosité sanguine. Tout dépend également du temps de vol. Ainsi, le risque d’EP serait 150 fois plus élevé pour des vols de plus de 6 heures. Après 12 heures de voyage, le risque serait 480 fois plus élevé que pour un vol court !

Même après le retour

Le risque d’EP reste très élevé dans les deux semaines qui suivent le retour. D’après une étude britannique, 10 % des voyageurs de plus de 50 ans effectuant des longs trajets aériens développent des thromboses asymptomatiques.

Prévention

Mieux vaut donc être prudent avant de prendre l’avion lorsqu’on présente des antécédents de phlébite ou tout simplement des jambes lourdes en fin de journée. Mieux vaut ne pas porter un pantalon trop serré. Le port de bas de contention de classe 2 permet de diviser le risque par 18. Passé 50 ans et même en l’absence de tout problème vasculaire, des bas de contention de classe 1 ou des chaussettes dites « de vol » s’avèrent très efficaces. Un traitement préventif par anticoagulant peut être nécessaire avant le départ ou au retour, sous la forme d’une injection sous-cutanée d’une héparine à bas poids moléculaire (HBPM), type Lovenox®. En prévention, il faudra également se lever et marcher toutes les heures et ne pas oublier de bien s’hydrater dans l’avion sur la base d’un litre d’eau toutes les 5 heures. Enfin, gare aux somnifères qui entraînent une immobilité prolongée.

Autres contre-indications

> Femmes enceintes dans le dernier mois de grossesse
> Accouchement de moins de 7 jours
> Bébé de moins de 7 jours
> Intervention chirurgicale récente
> Accident vasculaire cérébral récent
> Anomalies de la coagulation
> Insuffisance cardiaque, hypertension artérielle ou angine de poitrine mal contrôlées
> Pathologie ORL aiguë (rhinopharyngite, sinusite…)
> Plongée avec bouteille moins de 12 heures avant le vol
> Insuffisance respiratoire sévère.

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