Je composte, tu compostes...

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Alors, vous êtes parti(e)s pour deux mois de douceurs, de farniente, de balades, de siestes au creux d’un hamac ? Deux mois de glandouilles, quoi... Eh bien, noooon... Moi, je vous ai prévu du boulot pour ces jolis mois ensoleillés. Ça vous dirait de vous fabriquer un composteur ?

Vous avez un jardin et pas encore de composteur ? Vous entassez tout dans un coin et ça se répand misérablement sur plusieurs mètres ? Profitez donc de cet été pour vous en fabriquer un avec des trucs de récup’...

Matériel

- 3 ou 4 palettes
- Clous (même rouillés !) ou vis
- Marteau ou visseuse (ou tournevis pour les courageux !)
- Un jardin

Fabrication

Trouver des palettes de même dimension :
- au moins 2 si on a déjà un fond sur lequel adosser les deux côtés (comme moi qui ai monté le composteur contre un petit mur en rondins de bois),
- ou bien 3 si on installe le composteur loin d’un mur ou d’une paroi existante.
Et une autre en plus, pas forcément de la même taille, qui va nous servir pour la fermeture du devant.
Moi, je l’ai prise plus petite parce que je trouvais que ça faisait un peu haut pour mes chipies préférées et que, comme ça, ça-leur-fera-pas-d’excuse-pour-pas-aller-vider-le-seau-à-compost.
On peut aussi se servir d’une planche de bois.

Fabrication avec fond existant

1. Prendre la première palette et la positionner à son emplacement. Creuser si besoin, pour que la palette soit bien à plat.

2. Positionner correctement la palette et la caler le long d’un poteau si possible pour que ce soit plus facile à fixer).

3. Clouer ou visser la palette sur le poteau en question.
Si on n’a pas de poteau, on peut mettre une petite équerre en bois ou en métal qu’on doit fixer sur le fond et sur la palette. Mettre 2 ou 3 équerres selon la hauteur de la palette.

4. Positionner la palette de devant pour mesurer quel écartement on doit laisser pour la caler entre les palettes de côté.

5. Creuser le sol si besoin et poser la palette du deuxième côté.

6. Ici, comme je n’ai pas d’autre poteau sur quoi la caler et la pointer, je vais me faire une petite équerre avec les moyens du bord. Je prends un morceau de tasseau de récup’ et je le cloue sur la palette.

7. Et je cloue ensuite le tasseau sur le fond avec mes clous rouillés...  J’en mets plusieurs pour que ça tienne bien.

8. Une fois les côtés fixés sur le fond, prendre la dernière palette et faire sauter les 2 dernières planches et le tasseau de maintien derrière.
Normalement, la palette est symétrique, sur la photo on voit bien les planches et le tasseau manquants.

9. Positionner la palette du devant, les planches manquantes vers le sol.

10. La clouer sur les palettes des côtés.

Et voila le composteur terminé !

Fabrication avec 4 palettes

L’assemblage reste le même si ce n’est qu’on doit fixer les 4 palettes ensemble.
- Pour ce faire, on va reprendre les étapes 6 et 7 de la fabrication n°1, avec le principe des tasseaux qui seront cette fois-ci de la même hauteur que les palettes, ou alors avec des équerres toutes faites (étape 3 de la fabrication 1).
- Sauf qu’à la place de les fixer sur l’extérieur, on va fixer les tasseaux à l’intérieur pour que ce soit plus discret et plus joli sur la finition.

Conseils

► J’ai choisi exprès une palette déjà usée par les intempéries pour que ce soit plus discret dans mon jardin. J’ai mis la plus neuve du côté moins visible (ce sont mes chevaux qui la voient !) et ça reste plutôt discret.
► Essayez de trouver une logique dans l’aménagement de votre jardin. Ici, j’ai collé le composteur contre les carrés médiévaux et ça reste plutôt cohérent dans l’ensemble, pas choquant visuellement. Et puis, mon compost va se trouver tout près de mes plantations, ce qui est pratique, parce que faire 200 mètres avec une brouette pleine de compost, ça devient vite usant, foi de sorcière !
► Cette construction reste vraiment très simple, on peut faire beaucoup plus joli, mais la manipulation et le matériel utilisé sont alors un peu plus professionnel. Là, je n’ai eu besoin que d’un marteau et de quelques clous, ça nous évite la visseuse électrique, pas si simple à utiliser à l’autre bout du jardin avec une rallonge qui n’en finit plus... Rien ne vous empêche de remplacer les clous rouillés par des vis en inox !
► J’ai aussi fait au plus simple pour ce qui est de la déco, puisque mon projet est de faire pousser une plante grimpante de style Passiflore ou un petit arbuste pas trop haut qui nous cacherait juste ce qu’il faut du composteur.
► Et puis, c’est aussi pour montrer qu’on n’a pas spécialement besoin de palettes complètement identiques et qu’on peut faire avec les moyens du bord. J’ai vraiment pris les premières palettes qui me sont tombées sous la main et le minimum de matériel pour la fabrication, j’aurais pu faire beaucoup plus classe, mais ça reste toujours un challenge d’utiliser le minimum de choses.
Après, rien ne vous empêche de peindre vos palettes... avec des peintures écolos, bien sûr !

Utilisation du compost

Le compst, c’est de la matière organique qui va se décomposer au fil du temps.
Ça sert à fertiliser (améliorer la qualité nutritive) et à amender (améliorer la structure de la terre) le sol, et ça nous fait de l’engrais qui nous coûte pas un centime et qui nous débarrasse de nos déchets organiques ! Ou comment joindre l’utile à l’agréable. Terminés, les engrais chimiques ! Terminés, Monsanto et toute sa clique !
En se décomposant, nos déchets organiques vont se transformer en véritable engrais naturel super riche pour nourrir nos plantations, qu’elles soient comestibles ou d’ornement.

Ce qu’on met dedans...

• épluchures de légumes, de fruits, trognons, pain
• coquilles d’œuf (quand on n’a pas de pêcher à protéger de la cloque),
sachets de thé, résidus d’infusions et de tisanes
• filtres à café, marc de café (je le mets aussi dans les canalisations des éviers pour les entretenir)
• fleurs fanées, résidus de plantes saines
• déchets verts : feuilles, tonte, mauvaises herbes (attention, pas en graines, autrement elles repoussent sur le tas de compost)
• paille (sans fumier), foin
• serviettes et mouchoirs en papier, papier journal, carton
• cendres (pleines de potasse, elles peuvent servir aussi d’engrais ou empêcher les limaces de nous gober nos salades), sciures de bois non traité
• toutes les plantes qui servent à faire du purin : ortie, prêle, rhubarbe…

... et ce qu’on ne met pas

• résidus de nourriture : viande, os
• arêtes de poissons, coquilles de crustacés (huîtres, moules…)
• pelures et résidus d’agrumes, noyaux de fruits
• plantes et fleurs malades, branches et bois dur
• plastique, matières synthétiques, litière du chat, couches-culottes
• contenu des sacs d’aspirateur si nos tapis sont en matière synthétique
• charbon, mégots de cigarettes.

Marche à suivre

La décomposition se fait seule, mais on doit quand même aider un peu la nature pour qu’elle se fasse le mieux et le plus rapidement possible.
Pour cela, il faut :

⇒ mélanger les déchets (brasser régulièrement afin de bien mélanger les différentes catégories)
⇒ surveiller l’humidité. L’été, ne pas hésiter à mouiller le compost, avec de l’eau de pluie si possible
⇒ aérer les matières : le brassage régulier sert aussi à cela.

En pratique

► Incorporer superficiellement par griffage ou binage sur le sol ou au pied des plantations (2-3 kg/m2)
► avant les plantations, comme un paillage, sur sol nu : 3-5 cm d’épaisseur
► pendant les plantations (1/4 compost + 3/4 terre).

Voilà pour votre été, qu’il vous soit propice au repos et à la douceur de vivre…

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