Huiles essentielles : une médecine ancestrale

Oubliées pendant de nombreuses années après des siècles d’utilisation, les essences aromatiques sont, pour de nombreux chercheurs et une grande partie de l’opinion, redevenues des vedettes en matière thérapeutique. Il faut dire qu’à l’heure où les antibiotiques commencent à atteindre leurs limites d’efficacité, elles continuent, elles, à être actives contre de redoutables bactéries. Et leurs autres propriétés ne se sont jamais démenties.

Depuis l’Antiquité jusqu’au XIXe siècle, la forme de médecine empirique qui consistait à employer les hui­les essentielles a toujours été utilisée avec grand succès. Puis, l’arrivée des substances de synthèse, la découverte de nouvelles molécules, l’avènement de l’ère industrielle, ont peu à peu fait passer, au second plan d’abord, puis dans l’ombre l’usage traditionnel des plantes.

Pourtant, au début du XXe siè­cle, alors que la plupart des scientifiques se penchaient sur la chimie et ses effets thérapeutiques, René-Maurice Gattefossé, ingé­nieur chimiste, reprit le chemin de ses ancêtres médecins et con­sacra ses recherches et travaux à l’action thérapeutique des hui­les essentielles. On raconte même l’anecdote selon laquelle, atteint par une grave brûlure à la main, ce chercheur original aurait eu le réflexe de la tremper immédiatement dans l’huile essentielle pure de lavande. Ré­sultat : il guérit très rapidement, sans infection ni trace de cicatrice… C’est Gattefossé qui inventa le terme « Aromathérapie ».

Malheureusement, à l’époque, Gattefossé n’eut pas le succès escompté auprès du public ou de la Faculté. Il ne parvint pas à faire véritablement éclore cette thérapeutique et il fallut attendre les années 1950 pour qu’enfin, l’aromathérapie retrouve ses lettres de noblesse grâce au Docteur Jean Valnet, surnommé alors par la presse « Docteur Nature ».

Redécouvrant les vertus médici­nales des plantes, il codifia de façon claire leurs propriétés, s’inspirant des écrits scientifiques existants et vérifiant par sa propre expérience tou­tes ces données.

La synthèse de ses recherches et expériences fut minu­tieu­sement cons­i­gnée, au jour le jour, pen­dant de longues années, et fit l’objet d’ouvrages devenus depuis indis­pensables à la pratique de la phyto-aromathérapie : Docteur Nature, Aromathérapie, traitement des maladies par les essences de plantes, Phytothérapie, traitement des maladies par les plantes, et Traitement des maladies par les légumes, les fruits et les céréales. Ces ouvrages sont aujourd’hui traduits en de nombreuses langues étrangères, parmi lesquelles le japonais.

Les huiles essentielles : complexes de santé

Les huiles essentielles sont des produits huileux volatils et odorants qu’on retire des végétaux, soit par distillation à la vapeur, soit par expression, soit par incision du végétal, ou bien parfois par séparation à l’aide de la chaleur, ou par solvants, soit encore par enfleurage. Elles se distinguent des huiles grasses, qui sont fixes et tachent le papier d’une manière permanente, en ce sens qu’elles se volatilisent par la chaleur et que leur tache sur le papier est passagère.

Autrefois considérées comme des espèces définies, des substances pures, les essences livrent peu à peu leurs secrets depuis l’avènement de la chimie organique à la fin du XIXe siècle. Elles ne les ont toutefois pas encore révélés dans leur intégralité. Les essences de plantes nous offrent, écrit le docteur Taylor, de l’Université d’Austin (Texas), plus de composés nouveaux que tous les chimistes du monde ne pourraient jamais en synthétiser pendant mille ans d’efforts. La complexité de leur composition est partie intégrante de leur efficacité. Les indications d’une essence ne proviennent pas seulement de l’un ou plusieurs de ses composants, mais de la synergie de tous ses composants entre eux. C’est pourquoi une huile essentielle de synthèse ne pourra jamais donner les mêmes effets, les mêmes résultats qu’une huile essentielle naturelle, ses propriétés ne pourront jamais lui être comparées.

Qu’est-ce qu’une huile essentielle ?

C’est un extrait de plante aromatique très puissant…

Il y a 40 000 ans, les peuplades aborigènes d’Australie utilisaient déjà les plantes aromatiques pour résister aux dures conditions de vie de leur environnement. De cette époque à la nôtre, chaque pays, chaque continent a toujours eu recours aux huiles essentielles.

Au cours des siècles, l’utilisation des plantes aromatiques a consi­dérablement évolué, permettant à chaque étape d’en recueillir plus de principes actifs, d’en extraire la plus pure essence. Au départ, on employait les plantes aromatiques en infusion ou en décoction, tout simplement. Puis, on les fit brûler ou macérer dans une huile végétale.  Enfin, vint le règne de la distillation.

Une extraction subtile

L’extraction est une manœuvre des plus délicates car elle doit permettre de recueillir l’essence même de la plante, les produits les plus subtils et les plus fragiles, sans pour autant en altérer la qualité.

Cette essence est située dans la cuticule cireuse des poches épidermiques du végétal : ces poches aussitôt brisées, elle s’échappe, se disperse.

Froissez un pétale de rose, sentez : l’huile essentielle en quelques instants s’est évanouie dans l’at­mosphère, envolée, dissipée…

La méthode la plus fréquemment util­­isée pour recueillir l’huile essentielle d’une plante est la dis­tillation à la vapeur d’eau. Mé­thode archaïque, elle a été récemment mo­dif­iée afin d’améliorer la qualité des essences recueillies. Aujourd’hui, on utilise la « distillation par en­traînement à la vapeur d’eau », procédé qui permet de mieux préserver les actifs fragiles de l’huile essentielle.

Pour les agrumes, on procède par extraction à froid des zestes. Le procédé est mécanique.

Choisissez-les bio

À quoi servirait-il d’utiliser des remèdes naturels pollués ? Plus encore que n’importe où ailleurs, le « bio » s’impose au royaume des huiles essentielles !

Les vertus thérapeutiques des huiles essentielles sont in­timement liées à leur qualité. C’est-à-dire que, pour être efficaces, les huiles essentielles doivent provenir de culture biologique, avoir une identité bo­tanique bien définie, une qualité contrôlée par un cahier des charges rigoureux… Bref, si le choix du végétal est important, la qualité de l’huile essentielle qui en est extraite l’est tout autant.

Bio avant tout

Avec un logo AB apposé sur l’emballage, vous êtes sûr que la plante dont est issue l’huile essentielle a été cultivée selon les normes de l’agriculture bio­logique, c’est-à-dire sans pes­ticides et autres engrais de synthè­se.

Après la culture, l’extraction aussi est importante. L’huile essentielle n’aura pas la même qualité si on emploie des solvants, par exemple, que si elle est produite avec des méthodes qui permettent de n’ajouter aucune éventuelle toxicité.

C’est pure et naturelle, sans avoir subi de transformation, que l’huile essentielle donne le meilleur d’elle-même. Heu­reu­­sement, cette notion de qualité est aujourd’hui bien connue et on peut donc trouver facilement de quoi se soigner, et en bio qui plus est.

Pourquoi choisir des produits bio ?

Jusqu’au milieu du XIXe siècle, tout le monde cultivait en bio sans le savoir, c’est-à-dire sans engrais chimiques, sans pesticides de synthèse, sans désherbage chimique, en utilisant la rotation des cultures. À l’épo­que, on observait la nature et le rendement dépendait avant tout de la qualité des sols et des conditions climatiques. Puis, entre la fin du XIXe siècle et la fin du XXe, c’est à qui fera toujours mieux, cultivera toujours plus sur une surface de plus en plus petite… L’utilisation d’engrais chimiques et de pesticides de synthèse s’est généralisée, sans plus aucune limite…

Dans les débuts de cette production intensive, les gens ignoraient sans doute les méfaits qu’elle engendrait sur l’environnement et sur la santé… Mais les années passant, de nombreuses études ont montré, les unes après les autres, que cette dérive chimique pouvait être responsable d’une vraie catastrophe.

Après la seconde guerre mondiale, surtout dans les campagnes eu­r­o­­péennes, quelques voix contestataires se sont élevées pour dénoncer la menace de ces pra­tiques. Elles avertissaient dé­jà les autorités des effets de déséquilibre minéral des sols et de l’atteinte des nombreux orga­nis­mes vivants qui fabriquent l’hu­mus, élément essentiel de la fertilité des sols. Mais la grande majorité n’avait pas idée de ce que toute cette pollution pouvait faire comme dégâts.

Aujourd’hui, personne ou presque ne se vanterait plus de défendre l’agriculture intensive. Personne ne défend plus le veau aux hormones, tout le monde a peur de la vache folle, des poulets à la dioxine…
Impossible de nier les méfaits des produits chimiques… Les ins­tances officielles ont donc instauré des « doses maximales tolérées » des éléments reconnus comme toxiques, censées pro­téger et améliorer la santé des consommateurs.

Mais si on définit un seuil de to­lérance pour une substance nocive, ce seuil n’est valable que si on ne consomme que cette substance nocive et aucune autre. Car les effets des substances toxiques s’additionnent et se combinent. Au final, on a un cocktail fortement toxique et les fameux seuils de tolérance ne correspondent plus à rien.

Par ailleurs, nous découvrons ces dernières années que ce n’est plus forcément « la dose qui fait le poison », comme avec le bisphénol A. Il est donc grand temps de reve­nir à un peu de raison. Chacun d’entre nous peut y participer en agissant déjà à titre individuel dans le choix de nos aliments, de nos remèdes, de notre manière de vivre. Par exemple, consommons local dès que c’est possible. Pour certaines huiles essentielles, ça ne l’est pas, mais pour notre alimentation quotidienne, oui ! Et n’oublions jamais que ce sont les petites gouttes qui font les océans.

Les différentes utilisations

Par voie interne

Les huiles essentielles étant très puissantes, elles doivent aussi être employées avec précautions. La plupart du temps, on les prend par voie interne sur les conseils d’un thérapeute qualifié. Si vous faites de l’automédication, n’oubliez pas qu’il ne faut jamais dépasser les dosages indiqués : une goutte est une goutte !

On ne se lance pas dans un traitement aux huiles essentielles par voie orale sans un guide. Malheureusement, les médecins aromathérapeutes ne sont pas bien nombreux et il est parfois difficile d’en trouver un pas trop loin de chez soi, mais il existe beaucoup d’écrits sérieux sur le sujet : livres, revues…

Généralement, on emploie les huiles essentielles à raison de deux ou trois gouttes sur un sucre ou dans une cuillerée à café de miel, à laisser fondre sur la langue. On peut utiliser l’un ou l’autre pour sucrer une tisane. Selon les indications, on renouvelle deux ou trois fois dans la journée.

Dans le bain

Parce qu’elles traversent la barrière cutanée, le bain est un moyen très agréable de bénéficier des vertus des huiles essentielles.

Si le bain chaud est avant tout un moment de détente, c’est aussi une technique de soins efficace et naturelle. Chaud, le bain améliore et accélère la circulation des capillaires sanguins. Le Dr Salmanoff, médecin russe qui vint s’installer en France en 1922, mit en pratique une méthode de détoxination de l’organisme grâce aux bains chauds. Non seulement le bain chaud élimine naturellement les douleurs et la fatigue musculaires, mais il dilate les minuscules vaisseaux de sur­fa­ce, ces fameux capillaires san­guins qui donnèrent leur nom à la méthode : la capillothérapie. Cette technique permettait d’amé­liorer l’alimentation des cellules en nutriments, rétablissant les échan­ges entre le sang et les cellu­les, tout en accélérant l’élimination des déchets métaboliques. Les bains chauds entraînent en effet la vasodilatation des artérioles et des capillaires, favorisant une inten­sification du métabolisme cellulaire, des fonctions glan­du­laires, de l’évacuation des déchets et des toxines, de la cicatrisation des tissus…

Le Dr Valnet, médecin précurseur en matière de phytothérapie et d’aromathérapie, utilisait ces propriétés des bains, et eut l’idée d’adjoindre à la méthode les vertus des huiles essentielles, d’autant que ces dernières tra­versent la barrière cutanée.

Pour bénéficier de leurs propriétés, il ne faut jamais mettre d’huiles essentielles pures dans le bain. Non solubles dans l’eau, elles doivent être employées diluées dans une base dispersante.  À défaut, elles resteraient en suspension et, au contact de votre peau, pourraient se révéler irritantes (tout dépend des huiles essentielles). Pour ne risquer aucune irritation et bénéficier d’un maximum de vertus, il est donc nécessaire de les mélanger avec un support qui fait « éclater » les gouttes d’huiles es­sentielles en milliers de micro-gouttelettes capables de pénétrer à travers l’épiderme sans l’agresser. On peut les mettre dans une cuillerée à soupe de lait en poudre ou bien choisir un support dédié à ça (base pour bains), généralement vendu dans les pharmacies ou magasins de produits naturels.

Généralement, on compte 20 gout­tes d’huile essentielle par bain.

Les bains aromatiques selon le Dr Valnet

Dans son ouvrage Aromathérapie, le Dr Valnet consacre un chapitre aux bains aromatiques, qu’il pré­conisait régulièrement à ses patients. À force d’expérimenter de nombreux mélanges, il a ain­si mis au point la formule du bain Biobadol, toujours em­ployé aujourd’hui pour lutter con­tre le stress ou les infections respiratoires. Voici ce qu’il disait des bains aromatiques :

Les hommes, et surtout les femmes ont de tout temps employé les bains aromatiques de façon régulière, quelle que soit leur appartenance sociale. (…) Pendant des millénaires, nos pré­décesseurs n’agirent évidem­ment que de manière empirique. Ils se contentaient de connaître les effets des essences aromatiques employées dans les bains et de les utiliser.

C’est ainsi – pour ne rappeler ici que les exemples simples – que les bains de marjolaine ou de thym étaient prescrits comme toniques, la marjolaine s’avérant également antispamodique et douée de propriétés circulatoires, le thym se trou­vant indiqué, par ailleurs, aux ar­thritiques, aux rhumatisants, aux goutteux, aux sujets souffrant d’affections pulmonaires chroniques.

Les bains de genièvre étaient recommandés aux arthritiques et aux rhumatisants (on a de­puis reconnu leur pouvoir hypo­glycémiant).

Les bains de lavande, de tilleul, ont de tout temps été appréciés pour leurs vertus sédatives, utiles aux nerveux, aux spasmés, aux insomniaques. La lavande est également indiquée aux enfants délicats ou scrofuleux. On l’alternait souvent, dans ces cas, avec les bains d’aiguilles de pin, recommandés pour leur compte aux asthéniques, aux goutteux, aux arthritiques, aux pulmonaires chroniques, comme aux individus af­fectés d’une excessive transpiration des pieds.

Les bains de romarin, fortifiants généraux, étaient souvent don­nés aux enfants scrofuleux ou rachitiques, ainsi que les bains de sauge. Le romarin est également favorable aux hépatiques et aux sujets souffrant de troubles de la vue. La sauge, herbe sacrée des Latins, tonifie l’ensemble de l’organisme, active les glandes endocrines (les ovaires notamment) et se trouve indiquée dans l’hypotension.

Les méthodes analytiques moder­nes nous ont enseigné, depuis, que l’empirisme des anciens s’appuyait, en fait, sur des réalités scientifiques, pour certaines jus­qu’alors méconnues.

Nous savons enfin pourquoi les essences aromatiques agissent si puissamment lorsqu’elles sont utilisées par voie externe et notamment dans les bains : c’est qu’elles traversent le revêtement cutané en quelques minutes pour se rendre dans le sang et, grâce à son intermédiaire, agir sur nos tissus, nos organes, sur nos glandes endocriniennes, sur l’organisme en somme, dans son ensemble. (…) Les recherches modernes nous ont en outre permis de pouvoir remplacer les anciennes décoctions de sauge, de thym, de marjolaine, de bruyère, de genièvre — toujours laborieuses à préparer et qui n’avaient d’efficacité qu’en fonction des qualités de la récolte, des précautions observées au séchage comme lors de la conservation — par des huiles essentielles préparées avec art, parfaitement dosées, associées en synergies diverses et facilement utilisables, de grande activité à condition, cela va de soi, d’être à la fois naturelles et totales.

Aussi, dès 1955, me suis-je particulièrement attaché à l’étude des bains aromatiques dans le traite­ment de nombreuses af­fections.  Tous mes malades pourvus d’une baignoire (normale ou genre « sabot ») bénéficient presque systématiquement, à cô­té de médications internes de cet incontestable procédé d’appoint.(…) Une longue expérimentation me permit d’élaborer diverses formules comportant en association un certain nombre d’essences naturelles choisies en fonction de leurs vertus complémentaires : thym, romarin, cyprès, sauge, pin, genièvre… en solution limpide dans un excipient neutre.(…) Les fatigues physiques ou intel­lectuelles, les nervosismes, l’in­somnie, les troubles circulatoires (des extrémités, comme les « jam­bes lourdes » ou les syndromes artéritiques) sont améliorés, par­fois de façon spectaculaire, dès les premiers bains. Les douleurs (rhu­matismales, musculaires, post-traumatiques) comme certaines né­vrites sont également justiciables de ces bains.

Les contractions musculaires, les noyaux cellulitiques, les douleurs post-traumatiques ou de l’arthrose sont toujours influencés, par­fois dans un laps de temps re­lativement court, par les bains aro­matiques (…).

En périodes épidémiques – grippales et d’autres natures – l’usage des bains aromatiques agit comme un puissant modificateur de terrain. Sous leur influence, la plupart des usagers échappent de la sorte aux maladies saisonnières.

En massages

Puisque les huiles essentielles traversent la peau, il est tout à fait indiqué de les utiliser en massages.
Attention : rares sont celles que l’on peut sans risque mettre pures sur la peau (lavande fine, arbre à thé…).

Le massage, comme le bain, est paré des notions de plaisir et de santé. Dans de nombreuses sociétés, se masser et masser l’autre a toujours été un acte instinctif, naturel, pratiqué depuis l’enfance au sein de la famille. Les parents massent les enfants, les enfants massent les grands-parents et cet acte qui peut paraître anodin chez nous, Occidentaux, contribue pourtant à la profondeur de la relation familiale, mais aussi à la santé et au bien-être. Depuis quelques années, le massage a été redécouvert et ses bienfaits ont même été mis en évidence dans le cadre des professions du monde médical. Le toucher serait-il un sens qui guérit ? C’est ce que semblent révéler nos mains lorsque, par réflexe, elles viennent masser une zone sensible.

On sait aujourd’hui, grâce à de nombreuses études, que le geste primitif du toucher est réellement capable de soulager bien des troubles. Ainsi, ses effets ont été mis en évidence pour chasser l’anxiété, contribuer au traitement de la dépression, soulager les douleurs lombaires… Le massage fait l’unanimité !
Déjà très efficace « seul », le massage voit son efficacité amplifiée lorsqu’il est associé à l’utilisation d’huiles essentielles choisies selon les effets attendus : pour apaiser les douleurs arti­culaires et musculaires, par exem­ple, on choisit plutôt des huiles essentielles anti-inflammatoires et antidouleur comme celle de gaulthérie, de genièvre ou de lavande. Et, comme on n’utilise jamais les huiles essentielles pures, bien trop puissantes, on leur ajoute une huile végétale, si possible elle aussi dotée de vertus intéressantes (noyau d’abricot, germe de blé…).

Il faut compter en moyenne 50 à 100 gouttes d’huile essentielle pour 100 ml d’huile végétale. Selon l’effet recherché, vous pouvez mélanger une ou plusieurs huiles essentielles à votre huile de massage.

En inhalations

Inhalation avec vapeur ou sèche, diffusion dans l’air ambiant, les huiles essentielles gagnent à être respirées !

Pour mieux comprendre l’intérêt de la diffusion d’huiles essentielles, il faut prendre conscience que la qualité de l’air que nous respirons a une influence majeure sur notre santé.

Et plus les années passent, plus nombreuses sont les substances toxiques venant saturer l’air. Aujourd’hui, il n’y a qu’à regarder Paris : dès que le beau temps s’installe, le pic de pollution surgit !

Les premières recherches sur les effets des huiles essentielles en diffusion datent de 1887, sur la bactéridie charbonneuse. En 1960, le Dr Bidault, après plusieurs observations cliniques, avait recon­nu que les huiles essentielles avaient un rôle thérapeutique essentiel dans la prévention des maladies contagieuses de l’enfance comme la coqueluche et des maladies aiguës ou chroniques des voies res­piratoires de l’adulte comme la grippe ou la pneumonie. Une expérience très intéressante a aussi été réalisée par le Pr Griffon en 1963. Cet homme était alors Directeur du Laboratoire de Toxicologie de la Préfecture de police et membre de l’académie de pharmacie. Il a testé l’efficacité d’un mélange d’huiles essentielles de pin, thym, menthe, lavande, romarin, girofle et cannelle en les dispersant dans une pièce où avait été comptabilisée la population microbienne. En une demi-heure, les essences aromatiques avaient détruit toutes les moisissures et tous les staphylocoques et, sur 210 colonies microbiennes recensées avant l’expérience, il n’en restait que 4.

Des expériences récentes

Le Dr Valnet, qui relate dans ses écrits de nombreuses expériences réalisées avec les huiles essentielles pour lutter contre les bactéries et moisissures, a mis au point deux formules :

  • Climarome, un mélange conçu  pour être respiré sur un mouchoir. Il contient des huiles essentielles de lavande, niaouli, pin, menthe et thym. Le Dr Valnet conseillait d’en mettre une vingtaine de gouttes (deux ou trois vaporisations) sur un mouchoir et de respirer pendant une à deux minutes, quatre fois par jour. C’est ce qu’a fait le commandant R.V., l’un de ses patients. Revenu des Comores en 1964, il souffrait d’une sinusite frontale depuis six mois, qu’aucun traitement antibiotique n’avait guérie et qu’il tentait de calmer par de grosses doses d’aspirine. Avec Climarome, il fut guéri en 48 heures… et le résultat était maintenu 24 ans plus tard.
  • L’autre formule, Odarome, a été conçue de la même manière, en associant les huiles essentielles les plus efficaces pour venir à bout des microbes quand elles sont dispersées dans l’air ambiant.

Récemment, le laboratoire qui fabrique ces formules mises au point par le Dr Valnet a fait réaliser une étude pour mesurer les effets de ces mélanges sur les germes (bactéries et champignons) responsables des infections des voies respiratoires.

Résultat : l’association des huiles essentielles vient très rapidement à bout de tous les microbes environnants.

Du bien-être aussi

Les molécules aromatiques volatiles parviennent au fond des cavités nasales où se trouvent les cellules olfactives. 

Parvenues sur les récepteurs de nos cellules olfactives, les arô­­mes sont transformés en messages électriques, guidés jusqu’au cerveau, là où siègent nos émotions, nos souvenirs et nos instincts. Les huiles essentielles excitent l’odorat, rendent naturellement la respiration plus profonde et permettent ainsi une meilleure oxygénation du sang. On sait également qu’elles possèdent des propriétés psychotrophiques, c’est-à-dire qu’elles sont capa­bles d’influencer notre état psychique.

Le lavandin, par exemple, régule le système nerveux et combat l’ex­ci­tabilité cérébro-spinale. Les huiles essentielles d’orange douce, de géranium et l’extrait aromatique de vanille procurent également un effet calmant, décontractant, ce qu’on pourrait appeler plus simplement un effet anti-stress.

Certains mélanges comme celui d’huiles essentielles de basilic, citron, orange douce et girofle ont une remarquable action antidépressive. Si vous choisissez de respirer les vapeurs de citron, de pin, de romarin ou d’eucalyptus, vous constaterez rapidement qu’elles ont un effet tonifiant surprenant.

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