Au rayon des lémuriens

1. Illustration de la danse du Sifaka, primate agile, montrant différentes positions de mouvement avec un fond de feuilles vertes.

À Noël, on s’offre des cadeaux, voici le mien. Je vous emmène au rayon des lémuriens…

Nous sommes cernés. Ils sont des dizaines, des centaines, de toutes les formes et de toutes les tailles. Leurs yeux trop grands me scrutent et suivent mes pas hésitants. Le silence est surnaturel. Je les entends pourtant hurler, râler, grogner, s’invectiver par provocation ou par curiosité. J’erre dans la réserve du Museum d’Histoire Naturelle de Paris, trente mètres sous le Jardin des Plantes. Les souterrains interdits sont placés sous haute sécurité. Les seuls animaux qui respirent ici sont conservateurs, chercheurs ou bien microscopiques. Les autres sont figés pour l’éternité dans l’illusion de la vie. Ils ont pu croiser Darwin ou Napoléon. À Noël, on s’offre des cadeaux, voici le mien. Je vous emmène au rayon des lémuriens.

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Au Grand Palais à Paris, l’exposition Jardins, conçue comme un cabinet de curiosités botaniques et horticoles, offre plus qu’une réflexion sur la représentation des jardins dans l’art en montrant les liens qui font des jardiniers des artistes depuis les origines.

Photo : Peinture de jardin – Pompéi, maison du Bracelet d’Or. 30-35 après J.-C. fresque ; 200 x 275 cm – Pompéi, Ministero dei beni e delle attività culturale e del turismo Soprintendenza Speciale – © 2017. Photo Scala, Florence – courtesy of the Ministero Beni e Att. Culturali

Pour nous prémunir du risque de nouvelles pandémies…

« Voir un lien entre la pollution de l’air, la biodiversité et la Covid-19 relève du surréalisme, pas de la science », déclarait Luc Ferry dans L’Express du 30 mars 2020, contredisant ce qu’affirme pourtant la soixantaine de scientifiques du monde entier que Marie-Monique Robin a pu interroger pendant le premier confinement. Son livre La Fabrique des pandémies réunit ces entretiens dans une enquête passionnante qui explique comment la déforestation, l’extension des monocultures, l’élevage industriel et la globalisation favorisent l’émergence et la propagation de nouvelles maladies. Non seulement la pandémie de Sars-CoV-2 était prévisible, mais elle en annonce d’autres.