Le pneumothorax ou décollement pleural

Une douleur brutale, voire déchirante, dans le côté et le bas de la poitrine accompagnée d’une difficulté respiratoire ? Il s’agit peut-être d’un pneumothorax, une pathologie qui impose parfois un geste thérapeutique en urgence : l’aspiration de l’air qui s’est invité sournoisement dans la plèvre.

Utilisé jadis comme traitement de la tuberculose pulmonaire (!) avant l’ère de l’antibiothérapie efficace, le pneumothorax concernerait de nos jours 9 personnes sur 100 000. Un chiffre relativement discret mais qui pourrait être sous-estimé dans la mesure où certains pneumothorax peuvent passer inaperçus, en étant mis sur le compte de « déchirures musculaires ». Quoi qu’il en soit, cette pathologie reste le plus souvent une urgence qui réclame un soin salvateur bien spécifique : l’aspiration de l’air qui s’est invité sournoisement dans la plèvre.

Une histoire de plèvre

Difficile de comprendre ce qu’est un pneumothorax sans revenir sur l’anatomie pulmonaire. Chaque poumon est accolé à la paroi thoracique interne par l’intermédiaire de la plèvre. Il s’agit d’un organe constitué de deux feuillets entre lesquels il n’y a aucun espace et pas d’air. Si de l’air pénètre entre les deux feuillets et les décolle, le poumon va alors se ratatiner autour de la bronche à laquelle il est relié. C’est le pneumothorax, encore appelé « décollement pleural ». Il devient impossible pour lui de se distendre à chaque inspiration car la pression générée par l’inspiration est insuffisante pour vaincre la pression qui règne dans le poumon ratatiné. C’est un peu comme si le poumon, élastique par nature, était retenu contre son gré contre la paroi interne du thorax par d’ autres élastiques multiples, la plèvre. Si l’on coupe tous les élastiques de la plèvre qui le maintiennent gonflé, le poumon se recroqueville à son tour. En clair, il ne faut pas d’air dans la plèvre. Une plaie par couteau ou une fracture costale avec un débris osseux qui pénètre dans le poumon sont de nature à faire entrer de l’air dans la plèvre et donc à provoquer un pneumothorax. Dans le cas de la fracture costale, l’air qui s’immisce entre les 2 feuillets de la plèvre provient tout simplement de celui contenu dans le poumon !

Spontané le plus souvent

Si une plaie de la plèvre ou certaines pathologies ou circonstances peuvent être synonymes de pneumothorax, le pneumothorax survient le plus souvent au repos, de façon spontanée, sans raison apparente. Ses victimes ont le même « profil » : des hommes jeunes, de 20 à 40 ans, longilignes. On parle de pneumothorax spontané primitif.

Petit ou grand ?

Il y a pneumothorax et pneumothorax. En clair, un pneumothorax peut se limiter à un minuscule décollement pleural sur quelques centimètres ou au contraire, être massif et décoller tout le poumon qui va se ratatiner autour de la bronche. L’intensité des symptômes et de la gêne respiratoire dépend bien entendu de l’importance du décollement. Dans certains cas, le poumon ratatiné va même repousser le poumon sain de l’autre côté, diminuant d’autant plus les capacités respiratoires.

Silence… Radio !

Si l’auscultation du poumon permet de diagnostiquer facilement les pneumothorax complets, souvent graves, avec ratatinement du poumon sur la bronche (le poumon est silencieux et caverneux), la radiographie demeure toutefois indispensable dans tous les cas de figure, et notamment lors des décollements minimes de la plèvre, certes douloureux, mais qui s’accompagnent de peu de signes auscultatoires.

Aspiration à l’aiguille

En cas de pneumothorax sévère ou si la gêne respiratoire est importante, il faut aspirer l’air situé dans la plèvre au moyen d’une aiguille qu’on va introduire entre deux côtes du côté du pneumothorax, sous anesthésie locale bien entendu. Dans certains cas, il faut mettre un drain plusieurs jours, lorsque l’épanchement d’air est trop important. Si le pneumothorax est minime et bien toléré, le repos au lit peut être suffisant pour obtenir la guérison. Une à deux semaines sont nécessaires. Dans tous les cas, des contrôles radiographiques réguliers sont nécessaires.

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