Les réflexes archaïques, le premier moyen d’adaptation du nouveau-né

Au cours de nos premiers pas dans la vie, les réflexes archaïques ont rythmé le quotidien de chacun d’entre nous. Ils nous ont permis de nous adapter au monde extérieur avant que la volonté ne prenne le relais. Ces réflexes, indispensables dans les premiers temps, peuvent pourtant devenir la source de troubles s’ils persistent plus longtemps que nécessaire.
Heureusement, certaines techniques permettent à l’organisme d’intégrer le ou les réflexes qui posent problème.
Rencontre avec Fabrice Nowak
Thérapeute psychocorporel, formé à l’Arkagym, une des techniques d’intégration des réflexes primitifs.
Un réflexe archaïque (ou primitif) est une réponse motrice automatique à un stimulus. Ces réflexes commencent à se développer au stade fœtal et continuent après la naissance. Comme les nourrissons ne sont pas encore capables de faire des mouvements volontaires et conscients, ce sont ces réflexes primitifs qui leur permettent de réagir au monde qui les entoure. Au fil du temps, ces réflexes seront remplacés par le mouvement volontaire, puis par l’habitude. En théorie, une fois que l’enfant a appris à faire par lui-même les mouvements, le réflexe n’est plus actif. On dit alors que le réflexe est intégré. En pratique, ces réflexes peuvent pourtant être encore plus ou moins actifs chez les adultes ou resurgir suite à certains événements ou traumatismes.
Les réflexes archaïques les plus courants
« À ce jour, la science a isolé près de 70 réflexes archaïques et on en découvrira sûrement d’autres », explique Fabrice Nowak. « Parmi les plus connus, on peut citer le réflexe de succion, le réflexe palmaire, le réflexe de Babinski (1), le réflexe de Moro (2), le réflexe de marche automatique, le réflexe de Galant (3), le réflexe de Pérèze (4), le réflexe de déglutition infantile, le ramper, le réflexe de Landau (5)… Mais, chaque réflexe, même « mineur » en apparence, peut induire à lui seul des troubles sérieux. Par ailleurs, certains réflexes, comme le réflexe nauséeux, ne sont pas appelés à disparaître. En revanche, leur hyperactivité peut poser des problèmes. Il est alors possible de les normaliser, sans pour autant les rendre inactifs.«
(1) Le réflexe de Babinski est un réflexe qui constitue à relever le gros orteil lorsque les autres orteils sont en éventail.
(2) Le réflexe de Moro ou réflexe de défense est le réflexe du nouveau-né qui consiste à mettre ses bras en croix autour de lui dans un geste d’étreinte.
(3) Le réflexe de Galant ou réflexe spinal est un réflexe qui se manifeste lorsqu’on touche d’un côté le bas de la colonne vertébrale d’un bébé, il va fléchir le bas du dos vers le côté opposé.
(4) Réflexe spinal de Pérèze : lorsqu’on glisse le doigt le long de la colonne vertébrale du bébé, il va creuser le dos et lever la tête vers l’arrière.
(5) Le réflexe de Landau est un réflexe de redressement du tronc, des bras, des jambes et de la tête nécessaire pour que le bébé apprenne à s’asseoir et à marcher.
Conséquences de la non intégration des réflexes archaïques
Un réflexe primitif non intégré affecte le système nerveux et peut, par conséquent, affecter notamment la posture, les émotions et les apprentissages cognitifs. Les troubles auxquels Fabrice est régulièrement confronté sont très variés : perte d’équilibre en marchant, manque de coordination, manque d’endurance face au stress, hyperactivité, problèmes digestifs fonctionnels, rachialgies, hypersensibilité, tensions musculaires, fatigue rapide lors de la station debout, migraine et vertige, mal des transports, mauvaise écriture, marche sur la pointe des pieds, difficulté à faire du vélo, à nager sur le dos, etc. Si le réflexe à la source du problème n’est pas identifié et intégré comme il se doit, ces troubles peuvent constituer un véritable handicap physique et social.
« Les réflexes ralentissent les apprentissages au sens général puisqu’en surchargeant le système nerveux, ils le rendent indisponible à d’autres tâches« , précise Fabrice. « Si vous allez chez un ostéopathe pour des problèmes de tensions dans le dos mais que, chaque fois que votre vêtement touche votre dos, vous créez une tension inconsciente (réflexes de Pérèze ou de Galant, par exemple), le traitement de l’ostéopathe ne pourra pas être totalement efficace. En revanche, si vous traitez le réflexe avant, votre corps réagira bien plus vite aux séances d’ostéopathie. Je peux citer un autre exemple : si votre enfant est hypersensible, des séances chez un psychothérapeute lui feront peut-être du bien. Mais, si cette hypersensibilité est due à un réflexe de Moro, les bénéfices de ces séances seront limités. Vous gagnerez énormément de temps en intégrant d’abord ce réflexe. »
Préalablement à toute autre forme de traitement, il est donc utile de vérifier si les réflexes archaïques sont bien intégrés et de les normaliser si nécessaire. Les traitements agiront ainsi plus rapidement et efficacement. Seul ou en complément du travail du thérapeute, il est également possible d’effectuer des exercices chez soi.
Paul Landon, le créateur de l’IMP ou Intégration Motrice Primordiale, met à disposition un livret téléchargeable d’exercices à pratiquer chez soi : www.reflexes.org
Il faut cependant savoir que, sans accompagnement thérapeutique, les résultats seront plus lents.
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