Score : Prévenir 80 – Soigner 20
Le député Cyrille Isaac-Sibille, médecin, se bat depuis des années pour rendre obligatoire le Nutri-score et taxer les sucres ajoutés dans les produits ultra-transformés. Le premier ministre lui a confié en début d’année une mission gouvernementale sur la prévention en santé. Je suis allée à la conférence de presse de lancement, à celle de mi-échéance en avril et des propositions sont attendues cet été.
Lors de la deuxième conférence de presse nous a été partagé un état des lieux des opérations de prévention. Ce fut l’occasion de rappeler que notre état de santé dépend des soins pour 20 %. Quant au reste, il dépend de nos comportements, de nos conditions de vie, de notre environnement, de notre épigénétique, c’est-à-dire de nos déterminants de santé. 80 % de notre santé reposent donc sur la prévention.
Pourtant, au sujet de la santé, la grande nouvelle partagée ces dernières semaines par tous les médias concerne le remboursement par la Sécurité sociale, depuis le 15 juin, des médicaments « révolutionnaires » pour lutter contre l’obésité. Bonne ou mauvaise nouvelle ? La question mérite d’être posée.
Certes, en France, presque 18 % des adultes sont obèses et leur santé en pâtit sévèrement. Mais ce que reflète le remboursement de Wegovy et Mounjaro (qui coûtaient jusqu’alors plusieurs centaines d’euros par mois à leurs utilisateurs), c’est surtout un choix de société. À cette annonce, le Pr Pierre-Vladimir Ennezat, cardiologue au CHU Henri-Mondor, réagit en posant les questions suivantes : « Peut-on durablement lutter contre l’obésité en traitant les symptômes plutôt que les causes ? Quels sont les effets secondaires encore insuffisamment discutés de ces médicaments (perte musculaire, perte osseuse, pancréatite, calculs biliaires, reprise de poids à l’arrêt…) ? Le remboursement de ces traitements risque-t-il d’accroître encore les dépenses de santé au bénéfice de quelques géants pharmaceutiques ? Les centaines de millions d’euros mobilisés ne seraient-ils pas plus utiles pour financer la prévention, l’activité physique, l’éducation nutritionnelle ou l’amélioration de l’environnement alimentaire ? »
La stratégie centrée sur le soin montre depuis longtemps ses limites. Souhaitons qu’enfin, comme vous, amies et amis de Rebelle-Santé qui nous lisez, les autorités suivent les recommandations de la mission confiée à Cyrille Isaac-Sibille et misent enfin sur la prévention.
Je vous souhaite un très bel été, et de vous baigner autant que vous le pourrez !
Sophie Lacoste
PS : sur la couverture, pour cet été, Anne Dufour s’est prêtée au jeu de la photo dans la piscine détente des thermes des Fumades. Un grand merci à Isabelle Fuoc qui nous a offert cette belle photo et dont vous pouvez découvrir le travail sur Instagram.




