La luzerne

Plus connue pour ses vertus thérapeutiques sous son nom anglais Alfalfa, la luzerne est aussi peu connue comme remède qu’elle est commune dans nos champs ! Eh oui, on préfère l’exotisme et aller chercher des plantes à l’autre bout du monde… Alors qu’on a parfois tout ce qu’il faut sous la main !

Originaire du bassin méditerranéen, la luzerne est la légumineuse la plus cultivée au monde pour la production de fourrage. Les Arabes, pour rendre leurs chevaux plus performants, ont été les premiers à introduire la luzerne dans l’alimentation de leurs bêtes. Mais elle n’est pas seulement bénéfique aux animaux !

Ses graines font baisser le cholestérol et ses feuilles aident à traverser la ménopause…

Des vertus ancestralement reconnues

En Chine, la luzerne était utilisée pour traiter les problèmes digestifs ou ORL. En Amérique, la plante avait la réputation de soigner la jaunisse et d’accélérer la cicatrisation. En Europe, c’est surtout vers la fin du XIXe siècle qu’on a commencé à s’intéresser à la luzerne comme plante médicinale. Elle avait alors surtout la réputation de faire baisser le diabète. En 1918, le Dr H. Leclerc a soigné des prisonniers malades du scorbut avec de la luzerne crue en salade : en moins d’un mois, les douleurs articulaires, les ulcérations des gencives et les œdèmes avaient disparu.

De l’animal à l’humain

La luzerne est un « remède de cheval » et c’est d’abord sur les animaux qu’ont été faites les études concernant son intérêt dans l’alimentation. Ainsi, des essais montrent un abaissement des taux de mauvais cholestérol et de triglycérides grâce à la luzerne. D’autres études, toujours menées sur des animaux, prouvent l’efficacité de la luzerne pour faire régresser l’athérosclérose et sa possible influence contre le diabète. C’est dans le domaine des phytohormo­nes que les chercheurs ont réalisé les études les plus intéressantes. La luzerne est en effet une plante riche en phytohormones, comme le trèfle, et c’est à ce titre que les chercheurs se sont penchés sur ses effets au moment de la ménopause. Publié fin 1998, un essai clinique mené sur 30 femmes ménopausées a montré qu’une association de luzerne et de sauge atténue les bouffées de chaleur.

En pratique

Les gélules de luzerne et la teinture-mère sont vendues en pharmacies, parapharmacies ou en magasins de produits naturels. On peut se procurer des graines à germer dans les magasins diététiques et sur les salons bio. Les germes de luzerne se dégustent crus, en salades, dans les sandwichs. Ce sont d’excellentes sources de protéines. Dans le cas de la ménopause, il existe des compléments alimentaires qui associent la luzerne à d’autres légumineuses (trèfle rouge, soja…) pour que les différentes phytohormones agissent en synergie. La teinture-mère se prend à raison de 20 à 30 gouttes le matin dans un verre d’eau. On peut aussi boire des infusions de luzerne séchée (5 à 10 g par tasse d’eau bouillante, 3 fois par jour).

De nombreuses indications

La luzerne purifie l’organisme et joue un rôle alcalin très intéressant, notre alimentation moderne étant souvent trop acide. Voici une liste des nombreuses indications pour lesquelles elle peut être bénéfique :

  • arthrose, rhumatismes, goutte
  • troubles de la ménopause
  • règles irrégulières
  • diabète, cholestérol
  • problèmes digestifs
  • convalescence, fatigue
  • effort sportif

De la prudence

Bien qu’il n’existe pas, à dose raisonnable, d’effets indésirables notoires, par prudence, il est conseillé de s’abstenir de prendre de la luzerne dans les cas suivants :

  • Quand on souffre de lupus érythémateux systémique, on devrait éviter de consommer des graines de luzerne. Les chercheurs pensent que le sulfate de L-Canavanine (un acide aminé) contenu dans les graines pourrait provoquer des récidives. Les autres parties de la plante ne renferment pas suffisamment de L-Canavanine pour considérer qu’il y ait un risque.
  • Quand on est sous traitement anti-coagulant : la luzerne contient de la vitamine K.
  • Quand on suit un traitement à la chlorpromazine (tranquillisant), car à doses élevées, la luzerne pourrait en accroître les effets secondaires photosensibilisants.

Pourquoi s’abonner à Rebelle-Santé ?

Magazine

À lire aussi

Sélection de recettes d’Anaïs Dufourneau

Les tout premiers et fidèles lectrices et lecteurs de notre magazine ont pu, des années durant, découvrir chaque mois une nouvelle recette de cette cuisinière émérite et érudite. Elle nous a quittés il y a trois ans, mais nous ne l’avons pas oubliée.
En souvenir d’Anaïs, et pour fêter la nouvelle année, nous avons sélectionné pour vous quelques délices à réaliser, extraits de son ouvrage paru en 2006 Les Savoureuses Recettes d’Anaïs Dufourneau.