La cryptorchidie, ou quand un testicule manque à l’appel

Une bourse vide d’un côté ou de l’autre chez un enfant ? Il n’en faut guère plus à un médecin pour suspecter une cryptorchidie, autrement dit un testicule resté bloqué dans l’abdomen et qui n’est donc pas descendu dans les temps.

Les absences testiculaires bilatérale ou unilatérale vraies sont rares et s’inscrivent alors dans la famille des ambiguïtés sexuelles. On parle dans ce cas « d’anorchidie » congénitale. Il en est tout autre dans la cryptorchidie, qui correspond à la présence d’un testicule dans l’abdomen, le droit le plus souvent, qui n’est donc pas descendu dans sa bourse lors du développement fœtal en suivant le canal inguinal comme il aurait dû le faire. Cette « descente » s’effectue généralement entre le 7e et le 8e mois de grossesse. On parle alors de testicule « cryptorchide ». Les deux testicules sont présents, mais l’un des deux n’est pas en position normale. Attention, dans certains cas, ce sont les deux testicules qui sont cryptorchides (cryptorchidie bilatérale). La cryptorchidie concerne environ 3 à 4 % des nouveau-nés à terme, un prématuré sur trois et 1 % des enfants à l’âge d’un an. D’où l’examen systématique des bourses des nouveau-nés et à l’occasion des examens périodiques pendant l’enfance.

Cryptorchidie vraie ou testicule ascenseur ?

Il existe deux types de cryptorchidie, la cryptorchidie vraie, où le testicule est en permanence dans l’abdomen (ou remonte systématiquement lorsqu’il vient d’être abaissé manuellement par le médecin), et le testicule « ascenseur » ou « oscillant », où le testicule passe alternativement de l’abdomen à la bourse. Mais, lorsque le testicule n’est jamais palpé dans la bourse ou redescendu manuellement, on ne peut alors être certain qu’il existe, d’où l’intérêt d’examens complémentaires (échographie, cœlioscopie…) à la recherche du testicule manquant.

Quant au testicule oscillant, l’origine semble être une exagération de la tonicité du muscle crémastérien, le muscle qui soutient le testicule.

En tailleur

Pour s’assurer de la bonne position testiculaire dans les bourses, l’examen doit se faire sur un enfant debout, couché et/ou assis, en tailleur le cas échéant, au besoin après un bain chaud pour favoriser l’examen. Il arrive parfois que le testicule soit palpé juste à l’entrée de la bourse, sans être pour autant en bonne position. Chez l’enfant en surpoids, la palpation est plus difficile.

Chaleur ennemie

Du fait de sa position dans l’abdomen, le testicule risque la « surchauffe » s’il y reste de façon prolongée. En effet, la température dans les bourses est inférieure à celle de l’abdomen (37°), qui s’avère alors trop importante pour garantir la viabilité testiculaire.

Un risque de stérilité, mais pas seulement

Derrière le désagrément lié à l’aspect « esthétique », chez l’adulte ou l’adolescent tout du moins, se cache un risque de stérilité en cas de cryptorchidie bilatérale ou tout simplement de vulnérabilité de l’autre testicule sain qui, seul, devient alors indispensable. Mais surtout, il existe un risque de cancérisation de ce testicule « caché » multiplié par 5 dès l’âge de 15 ans.

Descente spontanée

Une cryptorchidie dépistée à la naissance n’est pas nécessairement définitive et peut régresser avec le temps. Ainsi, une fois sur deux, le testicule redescend dans la bourse avant l’âge de 3 mois, et dans 75 % des cas avant l’âge de 1 an. En cas de cryptorchidie, une surveillance régulière est donc indispensable.

Agir avant l’âge de deux ans

Lorsque l’abaissement à la main n’est pas possible ou inefficace (le testicule remonte), les médecins utilisent l’hormone chorionique gonadotrophique (HCG) en intramusculaire, plutôt efficace. Si le testicule ne redescend pas spontanément ou sous l’effet des hormones, l’intervention chirurgicale est nécessaire afin d’amener le testicule en position normale dans la bourse et de l’y fixer (les médecins parlent « d’orchidopexie »). Lorsque le testicule est oscillant, sa fixation dans la bourse est également indispensable. Cette intervention, descente du testicule et fixation, doit être effectuée entre 6 mois et 2 ans.

FACTEURS DE RISQUE

– L’usage d’ibuprofène (anti-inflammatoire) pendant la grossesse accentuerait les risques de cryptorchidie, a fortiori lorsque la prise s’est prolongée pendant plus de deux semaines pendant les deux premiers trimestres de la grossesse. Un risque qui existerait également avec l’aspirine.
– La cryptorchidie s’associe parfois au syndrome de Klinefelter, une pathologie liée à la présence d’un chromosome X en plus.
– L’exposition aux pesticides augmenterait le risque de cryptorchidie par trois.
– La prématurité ainsi que le petit poids de naissance, le retard de croissance intra-utérin et les malformations viscérales augmentent le risque.

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