Pour être heureux, adoptez la slow life

Année après année, la vie s’accélère ! On nous demande d’exécuter un maximum de tâches en un minimum de temps. La vie est devenue un marathon, à la maison comme au travail. Nous faisons de plus en plus de choses mais, paradoxalement, nous en profitons de moins en moins. Nous avons oublié ce qui est essentiel. Et si la clé du bonheur tenait en un mot : « Ralentir »…

Le mouvement Slow a commencé en 1986 en Italie avec Slow Food pour réagir à l’invasion des fast-food. Aujourd’hui, Slow Food est présent partout dans le monde et le concept Slow a dépassé de très loin le cadre de l’alimentation. En effet, le diktat de la vitesse et de la performance a contaminé notre société dans tous les domaines : le travail, la vie de famille, le sexe, les voyages, les loisirs… Et cela ne nous rend pas heureux. Nous devenons incapables de nous arrêter, de nous poser pour profiter de l’instant présent. Le temps nous glisse entre les doigts et chaque seconde inexploitée nous semble une seconde de perdue…

Mais si nous considérions le problème à l’envers ? Chaque seconde que nous vivons en pleine conscience en oubliant le temps est en réalité une seconde de gagnée.

Perdre son temps…

Que signifie « perdre son temps » ? J’entends souvent des gens me dire : « Si je m’installe avec un livre, j’ai l’impression de perdre mon temps… », « Si je m’assieds sur ma terrasse sans rien faire, je perds mon temps… ».

Pourtant, profiter de l’instant présent, vivre les choses pleinement n’est en aucun cas perdre son temps, c’est lui donner un sens. Changer sa manière d’appréhender le temps, se donner des priorités au lieu de vouloir trop en faire et prendre le temps de savourer chaque instant est une bonne manière de se réapproprier sa vie. Françoise Sagan l’avait compris lorsqu’elle écrivait : « Mon passe-temps favori, c’est laisser passer le temps, avoir du temps, prendre son temps, perdre son temps, vivre à contretemps. » La slow life, c’est une vie plus lente mais plus riche, plus humaine, en un mot plus heureuse !

Reprendre le contrôle de son temps ne se fait pas du jour au lendemain, bien sûr. Il faut d’abord réfléchir à ses priorités et apprendre à ralentir progressivement dans tous les domaines de la vie.  J’ai vu des enfants terminer le week-end sur les rotules, car leurs parents avaient tellement peur qu’ils s’ennuient qu’ils enchaînaient activité sur activité. Pourtant, les moments d’inactivité sont nécessaires à l’épanouissement de l’enfant. Il en a besoin pour recharger ses batteries, se retrouver, rêver, réfléchir, observer, développer son imaginaire… Nous aussi avons besoin de moments de calme pour notre équilibre physique et psychique. Alors, levez-le pied. Nous avons besoin de privilégier le qualitatif plutôt que le quantitatif, les relations humaines plutôt que les biens et services. Prendre le temps de discuter avec son conjoint autour d’un dîner préparé avec soin, prendre le temps d’écouter ses enfants raconter leur journée, prendre le temps de regarder le soleil se coucher… sont autant de moments privilégiés que nous devons réintroduire petit à petit dans notre vie.

Prendre son temps…

Pour pouvoir ralentir, il faut d’abord apprendre à dire non. Refuser la surcharge de travail, refuser d’accompagner cette amie à la salle de sport après notre journée de travail uniquement pour lui faire plaisir, refuser de se rendre à cet énième dîner de la semaine… C’est aussi apprendre à accepter ses limites.

Accepter que nous ne pouvons pas tout faire, accepter sans culpabiliser que nous avons besoin de temps pour nous, accepter de se faire aider quand c’est nécessaire, accepter de faire des choix pour alléger son emploi du temps…

Commencez par hiérarchiser vos priorités

Faites une liste de tout ce que vous avez fait dans la semaine et ne conservez que ce qui est vraiment indispensable et ce qui vous apporte un réel plaisir. Il y a fort à parier que vous pourrez rayer pas mal de choses sur la liste…

Simplifiez-vous la vie. Rangez, classez, triez, nettoyez, organisez, éliminez tout ce qui est inutile de votre maison, de votre bureau, de votre ordinateur…

Passez moins de temps sur votre ordinateur et devant la télévision

Internet nous rend de grands services mais, si vous y réfléchissez, je suis persuadée que vous prendrez conscience du nombre d’heures que vous passez à surfer sur le net sans que ce soit indispensable et réellement utile. Consacrez plutôt ce temps à votre famille, à vos amis, à des activités qui vous font vraiment du bien.

Écoutez vos rythmes biologiques

Nos grands-parents vivaient en accord avec les rythmes de la nature. Essayez de faire autant que possible comme eux. Écoutez votre horloge interne, dormez plus en hiver qu’en été. Adoptez un rythme de vie plus régulier. Et vous Mesdames, pendant vos règles, reposez-vous un maximum.

Prenez le temps de faire l’amour

Les relations intimes sont essentielles à l’équilibre du couple mais, avec le rythme de vie que nous menons, nous avons tendance à faire trop souvent l’amour à la va-vite. C’est une erreur. Accordez-vous des instants privilégiés à deux en créant une atmosphère romantique et sensuelle. Allumez des bougies, jouez avec les senteurs, faites durer les préliminaires et redécouvrez la magie de ces instants à deux.

Prenez le temps de cuisiner et de déguster

Allez au marché plutôt qu’au supermarché. Le fast-food est emblématique de notre société, et qui dit « ralentir » ne peut faire l’impasse sur le bien manger, synonyme de plaisir, de santé et de convivialité retrouvée. Internet regorge de recettes savoureuses et faciles à préparer, même pour les novices aux fourneaux. Prenez du plaisir à les concocter (et pourquoi pas en famille !) et à les savourer avec ceux que vous aimez.

Marchez

Oubliez les salles de sport bruyantes et bondées et redécouvrez la marche dans la nature, en accord avec la slow life. Vivez cet instant de détente, seul ou en famille, respirez les parfums, écoutez les bruits de la nature. Et si la marche vous rebute, pourquoi ne pas essayer une gymnastique lente comme le Yoga ou le Taï Chi.

Prenez le temps d’écouter

À force de se concentrer sur ce que nous avons à dire, nous en oublions souvent d’écouter. L’écoute de l’autre est pourtant essentielle dans les relations, qu’elles soient d’ordre privé ou professionnel. La slow life, c’est s’oublier pour réellement « entendre » l’autre. Et si cela nous empêche de temps en temps de dire ce que nous avions à dire, tant pis ! Après tout, était-ce si important ?

Prenez le temps de regarder

La beauté d’un paysage, d’un coucher de soleil, d’un dessin d’enfant, un sourire ou un regard qui pétille… sont un plaisir pour les yeux et un baume pour le cœur et l’âme. Mais le diktat de la vitesse nous a confisqué ces instants de bonheur. Réaccordez-vous le droit de vous émerveiller devant les belles choses de la vie.

Prenez le temps de dormir

Le sommeil est vital et nous lui consacrons pourtant trop peu d’importance. Dormir, ce n’est pas perdre son temps mais préserver sa santé et sa jeunesse, ressourcer son corps et son esprit. Accordez-vous 8 heures de sommeil par nuit.

Prenez le temps de sentir

La slow life, c’est aussi mettre son odorat à l’honneur, réapprendre à respirer à pleins poumons, s’arrêter pour humer le parfum des fleurs ou de l’herbe coupée, diffuser une huile essentielle… Toutes ces émotions olfactives, nous les avons trop souvent négligées, faute de temps, et elles font tellement de bien. Réapprivoisez-les.

Prenez le temps de rire

Un proverbe irlandais plein de sagesse dit ceci : « Le rire et le sommeil, chacun en quantité suffisante, sont les meilleurs remèdes du monde. » Le rire est en effet très important. Comme je le soulignais dans mon article paru dans Belle-Santé N° 136, le rire est anti-stress, anti-déprime, stimulant du système immunitaire, antidouleur, anticancer. C’est aussi un merveilleux outil de communication qui améliore les relations avec les autres. Dans votre slow life, octroyez-vous 10 minutes de rire minimum tous les jours.

À consommer sans modération !

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