Des sorcières comme les autres

Nos mères
Huguette, Christiane et tant d’autres, une histoire de l’émancipation féminine 
Christine Détrez et Karine Bastide.
Éditions La Découverte.
13,5 x 22 cm
280 pages
20 €
Version numérique : 14,99 €.

À l’origine, il y a une rencontre. Dans une librairie, alors que Christine Détrez dédicaçait ses livres, une professeure d’histoire-géo, Karine Bastide, lui parlait de sa mère Huguette qui, au contact de Simone de Beauvoir, avait fait paraître un article dans Les Temps Modernes, avant d’écrire un livre Institutrice de village en 1970, qui fut un succès. Christine est tout de suite intriguée : sa mère Christiane était elle aussi institutrice, mais elle est décédée dans un accident de voiture en Tunisie à l’âge de 26 ans. Son souvenir a été effacé de la mémoire familiale. Les deux femmes se lancent alors dans une enquête singulière, nourrie par les sciences sociales, pour retracer la trajectoire de leurs mères, en offrant à travers elles le portrait d’une génération au tournant de l’émancipation féminine des années 1960 et 1970.

Quatre années de recherches pour collecter les témoignages et livrer cette somme qui, au-delà de la quête intime et des secrets de famille, questionne l’histoire des femmes.

Christiane est née en 1945 dans une famille de la banlieue ouvrière de Lille. Pour elle, la carrière d’institutrice représente une promotion sociale. Son départ en coopération, en tant qu’institutrice détachée en Tunisie, ouvrait les perspectives. À l’inverse, Huguette est née dans une famille bourgeoise, en 1941 en Lozère. Quand elle tombe enceinte, elle est mineure et n’a le choix que d’épouser son premier amour. Pour elle, devenir institutrice dans une « école-taudis » est un déclassement social.

Elle s’échappe par la lecture, par l’écriture, par son engagement féministe en tant que militante au MLAC (Mouvement pour la Liberté de l’Avortement et de la Contraception). Issues de milieux très différents, ces « vies ordinaires » se répondent pourtant car chacune aspire à l’indépendance et affirme le droit de disposer de son corps. Leur héritage révèle leurs combats pour l’émancipation, il tisse surtout les liens invisibles qui unissent les femmes au fil des générations, en éclairant la mémoire de cette filiation.

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Lili Sohn est dessinatrice. En 2014, la jeune femme n’a que 29 ans quand elle apprend qu’elle est atteinte d’un cancer du sein. Elle ouvre un blog pour raconter l’expérience de sa maladie et tous les bouleversements qu’elle implique, non seulement physiquement, mais mentalement et socialement. Lili aujourd’hui est guérie et écrit des BDs de vulgarisation féministe. Le dernier : « Mamas, le petit précis de déconstruction de l’instinct maternel », vient de sortir.