Des textiles sains et respectueux de l’environnement

Deux femmes discutent dans un espace d'exposition de textiles naturels, avec des échantillons de tissus colorés suspendus, illustrant l'engagement pour des matériaux authentiques et durables.

Deux professionnelles de la mode et de l’éco-conception se sont retrouvées pour créer des tissus parfaitement sains et écologiques. Les teintures sont exclusivement naturelles et végétales, les fibres, végétales ou animales, sont produites en France et le processus de fabrication a été entièrement revu pour être sobre et durable.

On n’imagine pas le nombre de produits chimiques, souvent toxiques, utilisés dans la chaîne de fabrication de nos vêtements ! On y trouve des colorants, des fixateurs, des retardateurs de flamme, des plastifiants, des agents antimicrobiens, des anti-froissements ou encore des résines de finition. Et la liste n’est pas exhaustive ! Si une bonne partie de ces produits s’évacue lors des premiers lavages, une quantité non négligeable reste imprégnée dans les fibres et s’insinue dans l’organisme lorsque le tissu est en contact avec la peau. Pire, les perturbateurs endocriniens font partie de la liste de ces produits de synthèse. Leur toxicité est telle que certains médecins préconisent à leurs patientes ayant du mal à tomber enceinte de porter des sous-vêtements en coton blancs non teints.

Alors on ne peut que se réjouir de la naissance d’une petite entreprise qui ambitionne ni plus ni moins que de lancer une filière de textiles absolument naturels, sains et respectueux de la planète.

Sortir de la fast-fashion

Le projet est né de la rencontre de deux femmes. Martina Planty, diplômée en économie et experte dans la vente en prêt-à-porter, cherchait des solutions pour créer « une mode durable, biosourcée et biodégradable », un peu à l’opposé de la fast-fashion. Marie-Ève Nardou, architecte et designer, rêvait d’un modèle productif fondé sur l’éco-conception, la régénération et l’interdisciplinarité. Ensemble, elles fondent Human Ocean en Bretagne, comme une réponse concrète aux dérives de l’industrie textile, aujourd’hui responsable de 8 à 10 % des émissions mondiales de CO2, et très gourmande en eau.

Récompensée par le dispositif « Alternatives Vertes 2 », en soutien à la transition écologique du secteur de la culture, la jeune entreprise peut financer le développement de ce projet pilote sur 3 ans.

Des couleurs exclusivement naturelles

Pour faire un textile sain, la question de la couleur est cruciale, car c’est une famille de composants que les industriels n’arrivent quasiment pas à produire sans faire appel aux molécules de synthèse. Si certains labels comme OEKO-TEX ou GOTS assurent la non-toxicité des colorants, ils ne peuvent garantir qu’ils sont naturels.

Une technique ancestrale a sauvé la mise aux entrepreneuses grâce aux travaux de l’historienne et archéologue des textiles et des colorants, Dominique Cardon, qui s’est embarquée dans l’aventure.

J’ai eu la chance de découvrir deux manuscrits exceptionnels de teinturiers du XVIIIe siècle. Ils donnent le nom de la couleur, l’échantillon et la recette avec tous les détails. J’ai tout transformé en proportion par rapport au poids de tissu à teindre, puis schématisé les procédés de teinture par étape.

Un vrai travail de vérification des recettes, mais aussi d’adaptation pour s’assurer qu’elles soient reproductibles industriellement sans perdre leurs qualités.

On utilise la colorimétrie, avec des spectrophotomètres pour mesurer les différences de couleur avec l’échantillon original. Et bonne surprise : sur la majeure partie des recettes, on arrive à des degrés d’exactitude tels que la différence entre les deux est imperceptible.

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