La gastroparésie, on l’appelle aussi syndrome de « l’estomac paresseux »

Les difficultés à digérer sont normales après un repas copieux. Dans la gastroparésie, en revanche, un repas normal devient une épreuve.
La gastroparésie fait partie de la famille des dyspepsies fonctionnelles, un ensemble de pathologies de l’appareil digestif caractérisées par des troubles de la motricité gastro-duodénale et de la sensibilité de l’estomac et qui concernent la partie haute de l’abdomen (estomac, pylore, duodénum). Elles se manifestent par de nombreux symptômes dominés par des douleurs lors de la digestion, un retard de la vidange de l’estomac — l’estomac se vide mal ou trop lentement — et une sensation d’inconfort due à la distension gastrique.
Cette maladie est encore assez mal connue. Dans les dyspepsies fonctionnelles comme dans la gastroparésie, il n’y a pas de lésion anatomique, d’ulcère de l’estomac ni de reflux gastro-œsophagien (pas de brûlures ascendantes derrière le sternum ou de goût acide dans la bouche). Du fait de la stagnation des aliments dans l’estomac, une gastroparésie peut donner lieu à une fermentation alimentaire, désagréable, et à un déséquilibre responsable de diabète. Un cercle vicieux s’engage, car le diabète entraîne parfois une gastroparésie !
Des causes diverses
La gastroparésie peut avoir plusieurs origines, comme l’atteinte du nerf 10 (nerf vague ou pneumogastrique) qui innerve l’estomac et qui peut avoir été sectionné malencontreusement lors d’une intervention chirurgicale. Elle peut être liée également à un déficit musculaire de la paroi de l’estomac, à un diabète (le diabète atteint tous les nerfs), à une maladie rare (sclérodermie, amylose) ou à un trouble hormonal (hypothyroïdie). Dans certains cas, ce sont des traitements qui causent le ralentissement de la motricité de l’estomac, comme la digitaline, les anti-inflammatoires ou les antibiotiques.
L’inconfort gastrique au premier plan
La gastroparésie se manifeste par un cortège de signes dominés par l’inconfort pendant la digestion.
De nombreux autres symptômes doivent attirer l’attention :
- des éructations
- des difficultés à terminer les repas (satiété précoce)
- une impression de digestion difficile
- des douleurs à type de crampes ou de brûlures
- une sensation de distension ou de plénitude gastrique (pesanteur ou ballonnements)
- une somnolence
- des nausées
- des vomissements parfois.
Fibroscopie gastrique dans un premier temps…
Il n’y a pas d’examen spécifique qui permette de diagnostiquer avec certitude l’existence d’une gastroparésie. Certains examens vont éliminer les pathologies qui s’accompagnent de symptômes identiques à la dyspepsie ou à la gastroparésie. L’examen le plus utile étant la fibroscopie gastrique. Pour autant, elle n’est pas systématiquement pratiquée. Tout dépend de l’âge du patient.
Schématiquement, une fibroscopie s’avère nécessaire au-delà de 40 ans, s’il existe une altération de l’état général, une anémie ou un amaigrissement. Elle permet essentiellement d’éliminer la présence d’une œsophagite, d’une gastrite, d’un ulcère ou d’un cancer de l’estomac. D’autres examens peuvent être pratiqués dans le même esprit, comme l’échographie abdominale (visualisation du fonctionnement pancréatique ou biliaire) ou le scanner.
…Puis examen de contraste ou scintigraphie
Des examens peuvent mettre en évidence le ralentissement de la motricité gastrique. Il est possible en effet de visualiser le retard de vidange gastrique à l’aide d’un examen de contraste qui consiste à ingérer un produit de contraste opaque baryté. Des radiographies de l’estomac pratiquées à des intervalles réguliers permettent alors de montrer le ralentissement. La scintigraphie peut le confirmer après une absorption d’aliments marqués par des isotopes radioactifs (sans danger !). Reste également la manométrie gastrique, qui consiste à enregistrer les pressions dans l’estomac au cours de la digestion.
Modifier son alimentation
À défaut d’un traitement curatif, la prise en charge d’une gastroparésie comporte essentiellement la modification des habitudes alimentaires afin de diminuer les symptômes de cette dyspepsie fonctionnelle.
- Il va falloir éviter les gros repas, les boissons gazeuses et les chewing-gums (en mâcher s’accompagne d’une ingestion d’air).
- Attention également aux aliments trop gras et à l’alcool qui vont ralentir la vidange gastrique.
- Il faut réduire la consommation des aliments riches en fibres (fruits, légumes, pain complet…) du fait des ballonnements qu’ils induisent.
- Fractionnez les prises alimentaires et mâchez bien les aliments afin d’éviter l’intrusion d’aliments « bruts » dans l’estomac qui ont tendance à ralentir le transit.
Attention aux vêtements trop serrés (ceinture de pantalon) et à perdre du poids en cas de surcharge pondérale abdominale. Dans le même ordre d’idée, faites du sport ou pratiquez une activité sportive régulière. Reste les traitements qui favorisent la motricité intestinale et la vidange de l’estomac (métoclopramide, dompéridone, trimébutine…). Les médicaments antisécrétoires et anti-acides peuvent être prescrits également selon les cas.
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