La maladie de Bowen (MB)
Derrière ce nom à l’allure anodine se cache en réalité une variété de cancer de la peau qui peut toucher également les muqueuses sexuelles. Le pronostic de la maladie de Bowen est plutôt bon lorsqu’elle est traitée précocement. D’où l’intérêt d’en reconnaître les premiers signes à temps.
La maladie de Bowen
Une plaque rouge sombre ou rosée sur la peau, en forme de disque aux contours irréguliers, recouverte de petites croûtes (squames) ? Il n’en faut pas beaucoup plus pour évoquer le principe d’une maladie de Bowen, ou MB, autrement dit une forme de cancer de la peau. Plus exactement, les médecins parlent de « carcinome intra-épidermique in situ », un cancer qui siège dans la profondeur de l’épiderme, n’atteignant donc pas les couches inférieures. Dans 80 à 90 % des cas, la MB se manifeste par une atteinte unique qui va toucher les jambes une fois sur deux. Une maladie qu’il ne faut pas confondre avec un banal psoriasis où les atteintes, similaires parfois, sont le plus souvent multiples et de localisation typique (coudes, genoux, cuir chevelu…).
Femmes de 60 ans surtout
Si la MB peut concerner chacun à tout âge, ce sont surtout les femmes à la ménopause qui sont les plus exposées. Cette maladie survient plutôt après 60 ans. On a longtemps estimé que la présence d’une MB était un indicateur de l’existence d’un cancer profond au niveau de l’abdomen ou de la zone uro-génitale. Une hypothèse fausse selon les dernières études qui ne retrouvent pas plus de cancers profonds chez les gens porteurs d’une MB que chez les autres.
Atteintes génitales
La maladie de Bowen concerne parfois les organes génitaux externes dans les deux sexes. Elle se manifeste alors chez l’homme (non circoncis surtout) par une plaque rouge et brillante, surélevée, à bords réguliers sur le gland, et chez la femme, par des plaques plutôt blanchâtres ou grisâtres sur la vulve ou dans le vagin.
Évolution lente
Fort heureusement, d’une façon générale, la maladie de Bowen évolue lentement et reste donc longtemps stable. Son pronostic est globalement bon lorsque le diagnostic (et donc le traitement) est fait à temps, c’est-à-dire lorsque la tumeur reste superficielle. Dans 3 à 5 % des cas toutefois, le cancer devient invasif, c’est-à-dire qu’il plonge dans la profondeur de la peau, ne se contentant plus de rester dans l’épiderme. Il se montre alors beaucoup plus dangereux. Mieux vaut consulter sans tarder si cette plaque rouge d’allure anodine devient « infiltrée » (extension en profondeur), verruqueuse ou encore ulcérée, des signes qui traduisent la transformation de la MB en cancer invasif, une forme qui peut métastaser, c’est-à-dire envoyer des cellules cancéreuses à distance.
Des facteurs favorisants
Si la MB n’épargne personne, certaines circonstances favorisent toutefois son apparition, comme une exposition aux composés à l’arsenic 10 à 25 ans auparavant, les rayons solaires ou les radiations ionisantes, une contamination par le virus du papillome humain (HPV) dans le cas des lésions génitales ou encore une immuno-dépression.
Intervention chirurgicale
Avant tout acte thérapeutique, il faut diagnostiquer avec certitude qu’il s’agit bien « seulement » d’une MB, et ce, grâce à un prélèvement biopsique. Le traitement dépend notamment de la zone concernée. Il consiste à retirer chirurgicalement la tumeur sous anesthésie locale. Un acte chirurgical qui n’est pas toujours facile sur les jambes des personnes âgées chez qui la cicatrisation est souvent difficile. Les médecins utilisent également l’électrocoagulation on va brûler la lésion avec une électrode dans laquelle on fait passer un courant, la cryothérapie (traitement par le froid) ou encore le laser. Selon les cas, les médecins peuvent être amenés à utiliser un médicament spécifique, le 5-fluorouracile.
Pourquoi s’abonner à Rebelle-Santé ?
