La rosacée, à ne pas confondre avec l’acné…
Votre peau est sensible avec une tendance aux rougeurs et, parfois, sous l’influence du stress, du soleil ou du froid, ou encore du vin ou de la nourriture, vos joues ou votre nez, front ou menton se couvrent sans crier gare de petits boutons rouges. Peut-être souffrez-vous de rosacée ! Cette affection de la peau, encore assez mal connue, touche pourtant près d’un adulte sur vingt.
La rosacée est aussi appelée acné rosacée. Pourtant, cette maladie de la peau n’a rien à voir avec l’acné dont souffrent les adolescents. Ce n’est pas une inflammation du follicule pilo-sébacé mais bien une affection vasculaire chronique et évolutive qui touche généralement les adultes à la peau sensible. Elle apparaît, d’ailleurs, le plus souvent bien après l’adolescence, passé l’âge de 30 ans, chez les personnes présentant une fragilité capillaire du visage et une tendance aux rougeurs et à la couperose. Elle touche également plus particulièrement les personnes à la peau et aux yeux clairs et va souvent de pair avec une tendance à la migraine. Dans certains cas, les yeux peuvent également devenir secs, rouges et irrités.
La rosacée comporte 4 stades
- Le stade des flushs : votre visage rougit brusquement suite à un stress, une boisson alcoolisée, une exposition au soleil etc.
- La couperose ou érythrocouperose : des micro-vaisseaux deviennent apparents sur les ailes du nez ou les joues.
- Le stade inflammatoire ou stade de la rosacée proprement-dite : des boutons rouges apparaissent, par poussées, sur les joues, le nez, le front ou le menton. Vous pouvez souffrir de poussées inflammatoires sans pour autant présenter une couperose apparente.
- Le rhinophyma : ce stade se retrouve essentiellement chez l’homme et n’est heureusement pas très fréquent. Le visage est rouge et le nez devient gros, rouge et bosselé. La rosacée ayant souvent été mise à tort sur le compte de l’alcool, le rhinophyma a longtemps été qualifié de « nez d’alcoolique ». Cependant, si l’alcool constitue un facteur aggravant, ce n’en est pas la cause et la rosacée survient également chez des personnes ne consommant pas d’alcool.
Facteurs déclenchant ou aggravant les poussées
- Les expositions au soleil
- Le froid
- Les écarts brusques de température
- Le stress et les contrariétés
- Le sauna
- Les exercices trop intenses qui élèvent la température du corps et provoquent des rougeurs
- La fièvre, la toux, le rhume
- Des facteurs hormonaux, comme les bouffées de chaleur de la ménopause, par exemple
- Les produits de soin de la peau contenant de l’hamamélis, du menthol, de la menthe poivrée, de l’acide salicylique, de l’huile d’eucalyptus ou de l’essence de girofle
- Les boissons très chaudes
- Le vin et l’alcool
- Les épices « piquantes »
Certains aliments sont également fréquemment cités comme facteurs déclenchants : le yogourt, le fromage, le chocolat, la vanille, la sauce soja, le vinaigre, le foie, l’aubergine, l’avocat, les épinards, les fèves et les pois, les tomates, les bananes, les prunes rouges, les raisins et les figues ainsi que les agrumes et les aliments riches en histamine. Cette sensibilité à tel ou tel aliment varie cependant d’une personne à une autre. A vous de voir s’ils déclenchent ou non des poussées de rosacée chez vous.
Pour déterminer vos propres facteurs déclenchants, il peut s’avérer utile de tenir un « journal de la rosacée ». En cas de poussée, notez les facteurs internes ou externes qui, à votre avis, ont pu être à l’origine de la crise : ce que vous avez mangé, si vous avez fait un sport de plein air, si vous avez subi un stress… Ce journal vous aidera à contrôler petit à petit vos crises et à éviter les facteurs aggravants.
Que faut-il faire ?
- Évitez les expositions directes au soleil
- Couvrez-vous bien le visage lorsqu’il fait froid
- Limitez au maximum les écarts brusques de température
- Proscrivez les crèmes à la cortisone
- Les personnes qui souffrent de rosacée ont généralement la peau très sensible. Un rien l’irrite. Il faut donc la soigner avec des produits naturels, doux, non gras, sans dérivés pétrochimiques, sans conservateurs et avec un minimum d’ingrédients. Bannissez les récurages
intempestifs et les gommages. - Nettoyez votre visage avec une eau florale comme le tilleul ou la camomille. Évitez l’eau d’hamamélis en application sur la peau car, bien que conseillée contre la couperose, elle est susceptible de provoquer ou aggraver les poussées de rosacée chez certaines personnes.
- N’appliquez pas de produit contenant de l’alcool
- Mangez sainement et évitez au maximum l’alcool, les boissons très chaudes et les épices « piquantes » comme le piment, le poivre, le paprika…
- Pour limiter le stress, relaxez-vous et faites des exercices de respiration.
- Préférez les périodes d’exercice fréquentes mais modérées à un exercice trop intense
- Buvez beaucoup d’eau
- Évitez les bains trop longs ou trop chauds
- Privilégiez les textiles naturels comme la laine, le coton, le lin, la soie qui n’irritent pas la peau
- Si vous avez trop chaud, sucez de la glace.
Phytothérapie
Pour lutter contre la fragilité des capillaires, certaines plantes utilisées en phytothérapie ont également fait leur preuve.
- La vigne rouge est astringente, lutte contre l’insuffisance veineuse, augmente la résistance des vaisseaux et les rend plus toniques. Elle est disponible en gélules ou en ampoules. Vous pouvez également vous préparer une décoction de feuilles de vigne rouge (100 gr par litre d’eau).
- L’hamamélis en décoction (20 gr de feuilles séchées par litre d’eau) ou en gélules renforce les veines et les capillaires, ce qui leur évite d’éclater sous la peau. Elle est également disponible en gélules.
- La feuille de myrtille augmente fortement la résistance des vaisseaux, ce qui permet de prévenir la couperose et la rosacée. Elle se prend en décoction (30 gr pour un litre d’eau) ou en gélules.
- Le marronnier d’Inde a des propriétés vasoconstrictrices, améliore la circulation et renforce veines et capillaires. Consommez-le en décoction (50 gr d’écorce par litre d’eau) ou en gélules.
- La bardane en décoction ou en gélules est dépurative, bactéricide et anti-fongique et est très utile dans les maladies de peau.
- L’utilisation de la sève de bouleau (Betula alba), aux vertus dépuratives, dans le traitement des maladies de peau est également à l’étude.
- Pour traiter à la fois la fragilité capillaire et la rosacée, vous pouvez également mélanger à parties égales (100 gr de chaque) feuilles de vigne rouge, feuilles d’hamamélis, racine sèche de bardane et mélilot. Préparez une décoction avec une cuillerée à soupe du mélange par tasse et buvez 2 à 3 tasses par jour.
Les traitements
La rosacée est le plus souvent traitée sur le long terme par des antibiotiques par voie interne et/ou externe et, dès l’arrêt du traitement, il est fréquent que les crises reviennent. Il est cependant possible de prévenir et soigner cette maladie par une hygiène de vie adaptée et des traitements doux et respectueux, comme l’homéopathie ou l’aromathérapie, qui vont s’attaquer à la cause des poussées inflammatoires, à savoir la fragilité capillaire. Le laser ou l’électrocoagulation donne également de bons résultats pour traiter les vaisseaux fragilisés qui font le terrain de la rosacée.
Homéopathie
- Contre la rosacée, associez SANGUINARIA 9CH et CARBO ANIMALIS 9CH. Faites fondre sous la langue 3 granules de chaque 3 fois par jour.
Si la rosacée est installée depuis longtemps, consultez un homéopathe.
- Pour enrayer le développement de la couperose, prenez CARBO ANIMALIS 9CH 20 jours par mois. Faites fondre 3 granules sous la langue 3 fois par jour.
Autres remèdes utiles :
- PULSATILLA 9CH soigne l’érythème facial émotionnel, qui peut faire le lit de l’acné rosacée.
- LACHESIS 9CH lutte contre les bouffées de chaleur de la ménopause associées à une congestion violacée de la peau.
- LEDUM PALUSTRE 9CH agit contre l’acné rosacée chez les consommateurs d’alcool.
- AGARICUS 9CH soigne les troubles circulatoires.
Aromathérapie
Les huiles essentielles bénéfiques dans le traitement de la rosacée sont :
- l’HE d’Hélichryse Italienne, cicatrisante, anti-inflammatoire et fluidifiant sanguin. C’est l’huile essentielle « vedette » dans la lutte contre la rosacée
- l’HE de Cyprès, antiseptique, antibactérienne, vasoconstrictrice et décongestionnant veineux
- l’HE de Sauge Officinale, cicatrisante, anti-inflammatoire, antibactérienne et qui améliore la circulation sanguine
- l’HE de Tanaisie Annuelle, anti-inflammatoire et tonique veineux
- l’HE de Camomille Romaine, anti-inflammatoire et exerçant une action sur les terrains allergiques
- l’HE de Patchouli, antiseptique, antimycosique, anti-inflammatoire, anti-oedémateuse, cicatrisante et décongestionnante
- l’HE de Lavande Officinale, désinfectante, antimycosique cutanée, anti-inflammatoire, cicatrisante et régénérante. Elle améliore également la micro-circulation
- l’HE de Lentisque Pistachier, qui est un puissant décongestionnant veineux
- l’HE de Ciste Ladanifère, antibactérienne, cicatrisante, tonifiante cutanée et améliorant la circulation veineuse
- l’HE de Carotte, anti-inflammatoire, dépurative et cicatrisante.
N’appliquez jamais les HE pures sur la peau. Avant toute application d’un mélange contenant des huiles essentielles, faites une application sur une petite parcelle de peau pour vérifier que vous ne souffrez d’aucune réaction allergique ou d’intolérance.
N’utilisez pas les huiles essentielles à la légère et respectez les dosages. Pour un traitement parfaitement adapté à votre cas, l’idéal est de consulter un aromathérapeute.
Voici cependant quelques pistes intéressantes
Faites le mélange suivant :
- 3 gouttes d’HE Hélichryse Italienne (Helichrysum italicum)
- 6 gouttes d’HE de Cyprès (Cupressus sempervirens)
- 6 gouttes d’HE de Sauge Officinale (Salvia Officinalis)
- 12 gouttes) d’HE de Tanaisie Annuelle (Tanacetum Annuum)
Mélangez cette préparation avec 30 ml d’huile de jojoba ou une base neutre non grasse et appliquez sur le visage matin et soir, en évitant le contour des yeux.
Ou celui-ci :
- 6 gouttes d’HE de Camomille Romaine (Anthemis nobilis)
- 3 gouttes d’HE d’Hélichryse Italienne (Helichrysum Italicum)
- 3 gouttes d’HE de Patchouli (Pogostemon cablin)
Mélangez cette préparation avec 15 ml d’huile végétale de Jojoba. Appliquez sur le visage matin et soir, en évitant le contour des yeux.
Dominique Baudoux, aromathérapeute, quant à lui, préconise le traitement suivant :
- 15 gouttes d’HE de Carotte (Daucus carota)
- 6 gouttes d’HE d’Hélichryse Italienne (Helichrysum italicum)
- 6 gouttes d’HE de Lentisque Pisatachier (Pistacia lentiscus)
- 3 gouttes d’HE de Tanaisie Annuelle (Tanacetum annuum)
- 6 gouttes d’HE de Ciste Ladanifère (Cistus ladaniferus CT pinène)
- 90 gouttes d’huile végétale de calendula officinalis
- 15 ml d’une base végétale neutre
Faites une application de ce mélange matin et soir, en évitant le contour des yeux, jusqu’à nette amélioration.
Vitamines et oligo-éléments
- La vitamine P agit sur les vaisseaux et le tissu conjonctif, améliorant la couperose et la rosacée.
- Le zinc a une action anti-inflammatoire efficace contre les poussées de rosacée.
Choisissez-les d’origine naturelle, ils seront mieux assimilés par l’organisme. - L’argent colloïdal, antibiotique et antiseptique naturel, pourrait également constituer une piste intéressante dans le traitement de cette affection de la peau.
