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Lunii et « Ma Fabrique à Histoires »

Des centaines d’histoires à écouter sur un boîtier non connecté

À l’heure où les études se multiplient pour mettre en garde contre la nocivité des écrans pour les enfants, Maëlle Chassard et ses associés ont inventé « Ma Fabrique à Histoires », un boîtier vert et jaune, simple, tout doux, au design irrésistiblement rétro, un objet intuitif et révolutionnaire, sans ondes et non-connecté pour écouter et télécharger des centaines d’histoires. Le cadeau idéal pour les enfants de 3 à 7 ans.

Il était une fois Lunii, un univers inspiré au clair de la lune pour stimuler l’imagination et l’imaginaire des enfants. Maëlle Chassard revient sur l’invention de ce boîtier audio, sans écran et sans ondes, initié en 2014.  

Rebelle-Santé : Comment est né Lunii ?

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Maëlle Chassard : J’ai fait mes études à l’école de Design-Strate à Sèvres où je me suis spécialisée en innovation et interactivité. À l’issue de ce cursus, pour mon projet de diplôme, j’ai consacré mon mémoire à la question de l’imaginaire des enfants. De nombreuses études scientifiques signalent que l’imaginaire des enfants est en baisse. En cause trop d’écrans, trop d’images, une stimulation intensive qui ne laisse plus de place à l’oisiveté, à l’ennui et à la rêverie. Ce constat m’a alarmée et j’ai cherché à créer un objet spécialement conçu pour les enfants, mono tâche, à la fois très intuitif et séduisant qui puisse éloigner les enfants des écrans tout en stimulant leur imaginaire. L’entreprise a été créée en 2014 et le premier boîtier commercialisé en 2016. Depuis, nous avons vendu plus de 550 000 boîtiers en France et à l’étranger. Ce succès témoigne aussi d’un ras-le-bol des parents face aux écrans et de l’envie de trouver une alternative.

Quelle importance y a-t-il à stimuler l’imaginaire et l’imagination des enfants ?

Si l’imagination désigne la faculté de s’inventer et de se créer des mondes, l’imaginaire projette les représentations de l’imagination. Depuis mon mémoire, je ne cesse de me documenter sur ces questions, et je suis convaincue de la nécessité de nourrir l’imaginaire et l’imagination des enfants pour le développement de leur personnalité et de leur sensibilité. Je propose d’ailleurs sur le blog Lunii plusieurs billets théoriques pour sensibiliser sur le sujet. Vous pouvez les découvrir dans « La Rubrique de Maëlle ».
Nous vivons dans un monde de plus en plus agressif où l’imaginaire se réduit à fuir la réalité, à se divertir. Dans les faits, c’est tout l’inverse. Car stimuler l’imagination, c’est d’abord nourrir sa créativité, une faculté indispensable pour s’adapter et trouver les moyens de réagir aux situations inattendues, pour affronter toutes les problématiques, les étapes et les épreuves auxquelles on doit faire face tout au long de sa vie. La créativité est une incroyable force qui ne s’exprime pas seulement dans les domaines artistiques ou créatifs et qui permet à tout un chacun de faire évoluer sa vision des choses, de prendre sa vie en main et de ne pas subir. La créativité est d’autant plus importante aujourd’hui que les machines ont désormais largement dépassé les capacités du cerveau humain pour tout ce qui est programmable, par leur rapidité de calcul notamment. Désormais, c’est la créativité qui nous démarque des robots, il faut donc la stimuler et la remettre au centre de l’éducation. De plus l’imaginaire est un fabuleux moyen pour éveiller les enfants et faire passer des messages, sans être trop scolaire, didactique ou moralisateur.

Pourquoi avoir choisi l’audio ?
L’écoute stimule-t-elle mieux l’imagination que l’image ?

Je n’ai rien contre les images en soi. Les livres d’images et les livres audio sont complémentaires. La nocivité est toujours dans l’excès. En revanche, il a clairement été démontré combien les écrans sont nocifs pour les enfants. La lumière bleue hypnotise et l’enfant, devant l’écran, n’apprend rien car il n’est pas dans une position d’éveil. De plus, tablettes et téléphones sont souvent utilisés par les parents dans une perspective de punition et de récompense ou encore pour calmer l’enfant. Ce sont des leviers de chantage. L’audio, à l’inverse, par la stimulation d’un seul sens, favorise l’imagination, la concentration, le vocabulaire. Je voulais ainsi créer un objet qui appartient à l’enfant et non à ses parents, un objet qu’il peut s’approprier totalement. Cette intimité lui donne une âme. Je me suis ensuite dirigée très naturellement vers l’audio. Petite, j’écoutais toujours des histoires quand je jouais dans ma chambre. J’ai aussi appris mes tables de multiplication en chantant.

Comment fonctionne le boîtier « Ma Fabrique à Histoires » ?

Le boîtier Lunii est le fruit de toutes ces réflexions. C’est un objet très intuitif dans son utilisation, facilement accessible et manipulable par tous les enfants : un design très simple et cinq boutons suffisent pour accéder à l’arborescence des histoires. À l’aide d’une molette, l’enfant choisit l’ingrédient de son récit, à la manière des livres dont vous êtes le héros. Un câble USB permet de recharger la batterie et de télécharger de nouvelles histoires sur le Luniistore, la librairie en ligne. Les premiers prototypes ont été réalisés grâce à une subvention de la région Île-de-France et ont été testés auprès des familles. Au départ, ils étaient plus gros et en bois, mais ils étaient aussi plus lourds et plus fragiles. Voilà pourquoi nous avons finalement opté pour le plastique avec un vernis « soft edge ». L’objet, devenu plus doux, plus solide et plus résistant, a fait l’unanimité auprès des enfants. Le boîtier est aussi un produit hautement réparable. En cas de panne, nous permettons ainsi aux gens de changer eux-mêmes certaines pièces lorsque la manipulation est simple. À l’inverse de la politique imposée par Amazon qui remplace n’importe quel produit sans rien justifier, nous avons choisi d’adopter une démarche plus engagée de responsabilisation des clients. Cela nous engage auprès de notre communauté qui s’est créée à la suite de la première campagne de financement participatif en 2015 et avec laquelle nous nous efforçons d’être toujours proches, à l’écoute, que ce soit sur nos réseaux sociaux ou grâce à notre service clientèle.

Quelles histoires peut-on écouter sur le boîtier Lunii ?

Dès le départ, nous avons voulu développer une ligne éditoriale originale sur le modèle de notre premier album, celui de « Suzanne et Gaston », disponible directement quand on achète le boîtier et qui a été écrit par un quatuor d’auteurs : avec deux auteurs confirmés, Claude et Jeanne Delafosse et deux graines d’auteurs : Charles Deinausard et Mikaël Ndongo. Cet album est composé de 48 histoires, qui durent entre 3 et 5 minutes chacune et qui sont racontées par des comédiens professionnels. Marine Baudoin, notre
directrice éditoriale, qui travaillait auparavant pour Nathan Jeunesse, est responsable de notre catalogue. Il se compose désormais de plus de 2000 histoires rassemblées en une centaine d’albums qui se déclinent en 8 langues disponibles sur le Luniistore. On y trouve à la fois des contenus originaux et des partenariats comme ceux avec la Bibliothèque nationale de France, Hello Maestro (Il était une fois… la Vie) ou Monsieur Madame. D’autres types de contenus sont disponibles, comme des comptines proposées avec Didier Jeunesse et des quizz, similaires aux mythiques éventails des Incollables de PlayBac. Notre ligne éditoriale reste très ouverte et s’appuie simplement sur des valeurs fondamentales comme cultiver la curiosité, développer le sens critique, éveiller à la différence, ouvrir l’esprit ou encore sensibiliser au développement durable.

Pourquoi cibler cette tranche d’âge de 3 à 7 ans ?

D’une manière générale, les enfants sont un public très ouvert et perméable à toutes les innovations. La tranche d’âge entre 3 et 7 ans nous paraissait idéale, car elle correspond justement à la période où l’enfant développe son imaginaire.
En dessous de 3 ans, même s’il est moins autonome, il peut tout de même écouter les histoires, avec l’aide de ses parents.

Après 7 ans, la lecture prend en quelque sorte le relais. Toutefois, nous réfléchissons aussi à diversifier nos offres à un public plus âgé (pré-ado, ado ou même adulte). Les problématiques posées par les smartphones et les tablettes concernent en réalité autant les grandes personnes que les enfants. 

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